Article original rédigé par Andrea Amaya
Un rapport de l’ONU met en garde contre le fait que la planète aurait franchi un seuil critique dans la crise de l’eau, évoquant une « faillite hydrique » irréversible. Le Mexique compte parmi les pays les plus affectés : la surexploitation des aquifères et la pollution y ont provoqué l’effondrement de certaines régions, mettant sérieusement en péril leur avenir.
MEXICO – Les recherches de l’Institut de l’Université des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé (UNU-INWEH) marquent un véritable tournant : elles indiquent que le monde ne fait plus face à une simple crise de l’eau, mais qu’il a atteint un point de non-retour menant à une pénurie globale.
Le rapport révèle que 75 % de la population mondiale vit dans des pays touchés par la rareté ou l’insécurité hydrique. Cette situation est aggravée par les deux milliards de personnes vivant sur des territoires affectés par la surexploitation des nappes phréatiques. Cette pression excessive a entraîné l’assèchement de plus de la moitié des grands lacs de la planète et la disparition, en seulement cinquante ans, de zones humides couvrant une superficie équivalente à celle de l’Union européenne.
Au cœur de cet effondrement se trouve l’agriculture, qui utilise à elle seule 70 % de l’eau douce. Ainsi, lorsque les récoltes échouent dans une région, les effets se répercutent ailleurs à travers l’augmentation des prix alimentaires, mettant en danger la sécurité alimentaire mondiale et fragilisant les économies.
En réponse, Kaveh Madani, auteur principal de ce rapport, explique que ce résultat est comme une facture que nous ne pourrons pas payer :
« De nombreuses régions vivent bien au-delà de leurs capacités hydrologiques. C’est comme avoir un compte bancaire où l’on retire de l’argent chaque jour sans qu’aucun dépôt n’y soit effectué. Le solde est déjà négatif. »
Aperçu au Mexique
Le rapport souligne la gravité de la crise mondiale de l’eau à travers des cas critiques tels que le réchauffement dévastateur des écosystèmes amazoniens, où les températures ont atteint 41 °C, et la disparition du débit de fleuves comme l’Indus, le Fleuve Jaune et le Tigre-Euphrate, qui s’assèchent avant d’atteindre la mer. Cependant, l’un des effets les plus alarmants de cette crise est le prélèvement excessif d’eau souterraine, qui provoque l’affaissement de diverses régions, notamment de Mexico city. Cette ville, ainsi que des villes comme Rafsanjan et Tulare, perd chaque année plusieurs centimètres d’altitude, un phénomène qui met en péril ses infrastructures et son avenir.
Traduit par Yohan Leclerc
Source: https://piedepagina.mx/mexico-en-quiebra-hidrica/