Juin 17

Pourquoi un projet d’usine d’ammoniac a-t-il été approuvé alors que les communautés les plus exposées ont voté contre ?

Article original publié dans DesInformémonos, 16 juin 2026.

Pourquoi le projet GPO a-t-il été approuvé si la majorité de la population de la zone à haut risque et de la zone d’influence environnementale avait voté contre lors de la Consultation indigène?

Après des années de résistance au projet d’usine d’ammoniac GPO-PROMAN, les communautés de la baie d’Ohuira ont réussi en 2022 à obtenir de la Cour suprême de justice de la nation (SCJN) qu’elle ordonne à Semarnat de mener une consultation indigène, condition essentielle pour résoudre le processus environnemental du projet.

La même année, Semarnat a réalisé la procédure. Cependant, lors de son développement, l’utilisation d’informations trompeuses et biaisées visant à favoriser l’approbation de l’usine a été documentée. L’une des questions les plus pertinentes concerne la délimitation des localités incluses dans la consultation : l’autorité n’a pas distingué les communautés directement exposées aux plus grands impacts environnementaux et aux risques identifiés dans l’Étude d’impact environnemental (MIA) et l’Étude des risques environnementaux (ERA).

Malgré ces irrégularités, les autorités fédérales continuent d’utiliser les résultats de la consultation pour légitimer la viabilité du projet, affirmant qu’il bénéficie du soutien de la population de la zone où il est destiné à être construit. Cette interprétation omet les critiques substantielles de la procédure et les objections soulevées par les communautés qui feraient face directement à ses impacts et risques.

Comment se définit qui est consulté ? Des questions sur la délimitation des communautés consultées ont déterminé le résultat

Les assemblées de consultation se sont tenues dans 15 communautés indigènes Mayo Yoreme, sélectionnées pour être dans la zone d’impact du projet. Ces assemblées étaient convoquées par 81 localités intégrées ou reconnaissant appartenir aux centres cérémoniels des 15 premières communautés mentionnées. Cette couverture a été déterminée par les autorités sur la base de la résolution du SCJN, qui a étendu la consultation aux communautés autochtones « dans la zone d’impact du projet ». Cependant, l’exécution de cette résolution met en lumière deux lacunes importantes qui ont conditionné le résultat de l’exercice et sa diffusion : dans le MIA et l’ERA du projet, deux critères ont été utilisés pour définir les zones d’impact du projet et, comme montré ci-dessous, le rejet du projet a été majoritairement dans les zones où cet impact met en danger les écosystèmes et les populations qui y vivent. Malgré cela, le résultat de la consultation prend en compte, sans distinction, toutes les communautés impliquées dans l’exercice, même si elles ne sont pas au même niveau de risque.

1) Les localités situées en dehors de la zone d’influence environnementale ou du Système environnemental régional (SAR) délimitées dans le MIA du projet ont été incluses. Seules 9 des 81 localités réunies sont situées au sein du SAR : dans les communautés du SAR, la position contre était majoritaire (4 assemblées contre le projet et 3 pour). Il est important de noter qu’une des assemblées exprimées en faveur s’est tenue à la dernière minute dans la maison ejido de Juan José Ríos, en même temps que celle connue dans le centre cérémoniel correspondant à cette communauté indigène. Cela dans l’intention de diviser la délibération qui se manifestait dans le centre cérémoniel. Cette action a mené à une 16ᵉ assemblée qui n’avait pas été envisagée dans l’appel et qui a « curieusement » délibéré en faveur du projet.

2) Un critère n’a pas été pris en compte pour différencier les localités situées dans la zone à haut risque et la zone tampon. Si l’on considère les zones potentiellement touchées par une fuite d’ammoniac (comme il semble avoir été le critère utilisé dans l’appel), il n’est pas clair pourquoi une distinction n’a pas été faite entre les localités de la zone tampon et celles de la zone à haut risque. La zone à haut risque est définie par les valeurs de danger immédiat pour la santé ou la vie (IDLH), un danger déclenché par la concentration d’ammoniac dans l’atmosphère qui pourrait être atteinte lors d’un accident de fuite d’ammoniac. Selon les données de l’entreprise, cette zone à haut risque pourrait s’étendre jusqu’à 15 km autour du pipeline en cas de rupture totale. Sur les 81 localités incluses dans l’appel, seulement 16 se trouvent dans la zone à haut risque et la plupart des assemblées qui y ont eu lieu ont exprimé leur désaccord envers l’usine (3 contre et 1 pour). En revanche, un total de 77 localités (sur les 81 appelées à participer) se trouvent dans la zone tampon d’un événement de ce type, et se trouvent en dehors de la zone à haut risque. En fait, 63 localités convoquées à la consultation se trouvent à un rayon de 30 à 45 km de l’usine d’ammoniac et du pipeline.

Cela montre que l’approbation des communautés situées en dehors de la zone présentant un risque élevé pour la santé et la vie en cas de fuite importante d’ammoniac et en dehors de la zone d’influence environnementale du projet ou de la SAR, a prévalu sur la décision des communautés confrontées aux plus grands impacts environnementaux et aux dangers directs pour leur vie et leurs moyens de survie. Le mécanisme de consultation indigène appliqué, comme cela a été démontré dans de nombreux autres exemples dans le pays, est mené de manière tendancieuse, cherchant un soutien pour les projets. Inclure tous ceux potentiellement affectés par un projet est quelque chose qui doit être fait, mais supposer qu’un projet bénéficie d’une approbation sociale alors que les plus affectés et les plus à risque ont clairement et à plusieurs reprises exprimé leur rejet, c’est une affirmation tendancieuse qui sert à faire avancer la décision des gens concernant leur territoire et leur vie.

Source: https://desinformemonos.org/por-que-se-aprobo-el-proyecto-de-gpo-si-la-mayor-parte-de-la-poblacion-en-la-zona-de-alto-riesgo-y-area-de-influencia-ambiental-voto-en-su-contra-en-la-consulta-indigena/

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