Fév 03

Interventionnisme américain : la souveraineté du Honduras menacée

Communiqué rédigé par l’Institut pour les politiques publiques

Même avant que Donald Trump n’envisage d’envahir le Venezuela pour enlever le président Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, afin qu’ils soient jugés aux États-Unis pour narcoterrorisme, le Honduras devait déjà faire face à l’ingérence des États-Unis dans ses affaires internes.

Quelques jours avant l’élection d’un nouveau président au Honduras, Donald Trump a annoncé le pardon de l’ancien président Juan Orlando Hernández, condamné pour trafic de stupéfiants et emprisonné. De nombreuses organisations ont mis en garde la population contre le danger de voir réémerger un parti politique profondément corrompu, impliqué dans des activités illégales, qui avait précédemment plongé le Honduras dans une crise de plus de 12 ans. Pendant cette période, le pays est devenu l’un des endroits les plus risqués au monde, tant pour la population en général que pour ceux qui s’engagent en faveur de la protection de l’environnement.

Durant le congé des Fêtes, le Conseil national électoral (CNE) a déclaré président élu le candidat favori de Donald Trump, Nasry « Tito » Asfura, du Parti national, en réaction à l’intervention du président américain dans le processus électoral hondurien. Quelque temps après les élections, Donald Trump a libéré l’ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernández (JOH), également membre du Parti national, qui purgeait une peine de 45 ans de prison dans un établissement américain pour des crimes de trafic de stupéfiants et pour des allégations de trafic d’armes.

La déclaration du CNE fait l’objet de vives critiques en raison du manque de vérification des incohérences et des dysfonctionnements du logiciel de transmission des résultats. L’écart entre les deux candidats était d’environ 30 000 votes. Des organisations du mouvement social hondurien dénoncent des résultats qu’elles jugent illégaux. Selon ces organisations, cette élection est le fruit d’un pacte négocié entre l’élite économique hondurienne, le monde des affaires, le gouvernement des États-Unis et des intérêts corporatifs étrangers, avec la complicité d’une forte ingérence américaine. Cela prive le peuple hondurien de son droit fondamental à l’autonomie et à l’autodétermination lors du processus électoral.

Des réactions indignées sont visibles à la suite de la libération de l’ancien président hondurien. Cette libération est perçue comme une manœuvre des États-Unis visant à préserver un avantage géopolitique et corporatif sur le Honduras. Cette ingérence américaine menace la souveraineté du peuple hondurien et vise à rétablir des réseaux de puissance qui ont miné le pays durant plus d’une décennie.

Soixante-douze heures avant l’élection présidentielle, Donald Trump annonce le pardon de Juan Orlando Hernández (JOH). Il ajoute que, si le candidat du Parti national, Tito Asfura, n’était pas élu, toute aide internationale serait coupée. Ces propos, tenus par Donald Trump, constituent une violation de la souveraineté hondurienne et démontrent comment les intérêts des entreprises transnationales s’allient pour exercer un contrôle sur le gouvernement, raviver des réseaux de corruption et de criminalité, et ce, au détriment des populations, des territoires ainsi que des communautés autochtones garifunas et paysannes.

Cette ingérence de la part des États-Unis compromet les progrès réalisés en matière de droits humains et de justice sociale au cours des quatre dernières années. Elle favorise la réinstauration d’investissements mafieux dans le pays, affectant directement la population hondurienne. Ces entreprises, souvent liées au crime organisé et structurées autour de réseaux de corruption, mettent la vie de la population du Honduras en danger, comme cela a été démontré dans le rapport.

Au cours des quatre dernières années, sous la présidence de Xiomara Castro (2022-2026), plusieurs efforts ont été déployés afin d’abroger certaines politiques imposées durant la période de la narcodictature. Parmi celles-ci figure « la création des villes à charte connues sous le nom de ZEDE, l’approfondissement de la privatisation du secteur énergétique ainsi que des contrats d’infrastructures public-privé fortement défavorables à l’intérêt général. En conséquence, le Honduras a dû faire face à une avalanche de plaintes déposées dans le cadre du mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE), pour un montant total avoisinant actuellement les 10 milliards de dollars ».

Nous voulons rappeler notre refus de l’intervention américaine au Honduras, comme au Venezuela et dans l’ensemble de l’hémisphère occidental. Les États-Unis cherchent à imposer à nouveau leur domination impérialiste au service des grandes entreprises, souvent américaines, avec la complicité de plusieurs autres gouvernements de l’hémisphère Nord, dont les entreprises bénéficient également de cette domination. Nous nous engageons à continuer de travailler avec les populations du Honduras pour contrer les agressions menées par ces entreprises sur leur territoire.

Traduit par Yohan Leclerc

Source : https://ips-dc.org/release-first-honduras-then-venezuela-organizations-denounce-u-s-interference-to-please-corporate-cronies/

Infolettre