À la Dr Claudia Sheinbaum Pardo
Présidente des États-Unis du Mexique
À C. David Monreal Ávila
Gouverneur de l’État de Zacatecas
À C. Efraín Morales López
Chef de la Commission nationale des eaux
À C. Víctor Suárez Carrera
Chef du bureau du procureur agraire
Aux gouvernements municipaux de Jiménez del Teul et Sombrerete, Zacatecas
Plusieurs organisations nationales et internationales, toutes engagées dans la défense des droits humains, ont signé une lettre exprimant leurs préoccupations concernant le projet de barrage de Milpillas dans la municipalité de Jiménez del Teul et Sombrerete, dans l’État de Zacatecas. Celui-ci est considéré comme la priorité du plan national de l’eau pour la période 2024-2030.
Ce projet vise à détourner environ 92 % du débit de la rivière Atence, ce qui entraînerait une dévastation irréversible de l’écosystème, la destruction des moyens de subsistance des communautés riveraines et un impact grave sur le droit humain à l’eau, au territoire, à un environnement sain, à l’alimentation, à la santé et à une vie digne, comme le stipule la Constitution politique des États-Unis du Mexique ainsi que les traités internationaux ratifiés par ce pays.
Au cours des dix dernières années, les systèmes agricoles d’Atotonilco, El Potrero, Estancia de Guadalupe et Corrales ont manifesté une forte opposition au projet qui met en danger leurs droits à l’autonomie, à l’autodétermination et à la propriété collective, conformément à l’article 2 de la Constitution, à la loi agraire, à la convention 169 de l’OIT et à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et des communautés traditionnelles.
Ce projet a également un impact sur divers aspects de la population, tels que le harcèlement, la coercition, l’intimidation et la criminalisation. Plusieurs autres enjeux ont aussi ete documenté par example:
- Conditionnement des programmes sociaux, des services de base et des travaux publics
- Intimidation directe des actionnaires de terres communes et défenseurs du territoire
- Menaces, campagnes de haine, diffamation et stigmatisation publique
- Licenciements injustifiés liés à la défense du territoire
- Divulgation inappropriée de données personnelles
- Le piratage, l’extorsion numérique et la surveillance
- Refus d’attention institutionnelle aux communautés agricoles
- Provocations délibérées pour générer une confrontation sociale
- Usage de la force policière, harcèlement et persécution par la Garde nationale
Ces gestes, qui constituent des atteintes aux droits de la personne, engagent également la responsabilité administrative, pénale et étatique, en plus de transgresser les normes internationales de protection des défenseurs.
Les résidents des communautés sont dans un état chronique d’inquiétude, de crainte et d’incertitude depuis plus de dix ans. Les jeunes de ces communautés présentent des problèmes émotionnels et psychologiques, des troubles du sommeil et de l’anxiété quant à leur avenir. Les communautés riveraines ont exprimé leur mécontentement face aux services de santé, en particulier en ce qui concerne l’accès aux vaccins essentiels et la menace de facturer l’utilisation traditionnelle de l’eau de la rivière. Cela va à l’encontre du principe fondamental du droit humain à l’eau.
Le bureau du procureur agraire de Zacatecas ne respecte plus son mandat constitutionnel de défendre les droits des sujets agricoles. Il est devenu un promoteur du projet, en violant l’autonomie des terres communes et en conditionnant l’attention institutionnelle.
Nous dénonçons les actions de C. Francisco Pérez Compeán, dont la conduite a été dénoncée comme interventionniste, partielle et contraire aux principes de légalité, d’impartialité et de respect de l’autodétermination. Nous n’avons reçu aucune réponse concrète à nos plaintes déposées à ce sujet.
Des experts en développement de l’Université autonome de Zacatecas ont révélé l’impossibilité technique, scientifique et financière de résoudre la crise hydrique dans la région. Ils ont souligné que le déficit des aquifères atteint chaque année 262,5 millions de mètres cubes. Le barrage, quant à lui, ne pourrait fournir que 41 millions de mètres cubes, ce qui est manifestement insuffisant pour répondre aux besoins initiaux. Donc, il est inutile d’envisager la construction de sept barrages, le nombre minimal requis pour répondre aux besoins.
Cependant, il propose des solutions durables et efficaces appelées « Sentier d’eau douce ». Elles mettent de l’avant l’efficacité dans l’utilisation de la ressource, la restauration écologique, la justice de l’eau et le bien-être social, ce qui entraîne un impact environnemental moindre et un coût économique réduit. Ce projet, évalué à plus de 9 milliards de pesos, est une décision financière irresponsable, néfaste pour l’environnement et socialement régressive.
Compte tenu de la gravité des faits, nous EXIGEONS :
- L’annulation définitive et immédiate du projet du barrage de Milpillas.
- L’ouverture d’une enquête administrative et pénale contre C. Francisco Pérez Compeán, représentant du bureau du procureur agraire à Zacatecas.
- L’enquête du président municipal de Jiménez del Teul, C. Daniel Cisneros Esparza, pour déni d’attention institutionnelle et conditionnement des services publics.
- Un examen complet du statut des plaintes déposées auprès du Ministère public, de la Commission des droits de l’homme de l’État, du Mécanisme de protection et de la Commission nationale des droits humains, afin de garantir la vérité, la justice, une réparation globale et des garanties de non-répétition.
Nous demandons instamment aux signataires de rester vigilants face à l’augmentation des tensions et des menaces auxquelles font face les communautés. En tant que Centre de Documentation et d’Étude pour le Soutien à la Solidarité AC, nous tenons pour responsable l’État mexicain, sous la direction de la présidente de la République, Dr Claudia Sheinbaum Pardo, de toute forme de brutalité, d’acte répréhensible ou de violation des droits humains qui pourrait survenir sur le territoire ou à l’encontre des défenseurs.
Nous tenons à souligner que la protection de l’eau, du territoire et de la vie est un droit fondamental et une responsabilité morale, et non un délit.
Cordialement,
Signature de la part de 3 organisations de convocation, 61 Organisations, communautés, collectifs, réseaux et individus signataires, 6 organisations et réseaux internationaux, 3 universitaires et 12 Journalistes et/ou défenseurs des droits humains
Traduit par Yohan Leclerc