Mar 04

Cuba à l’épreuve : entre pressions américaines et solidarité mondiale

Article original rédigé par Thierry Parisi-Bienvenue

En 1962, les États-Unis ont imposé un embargo économique à Cuba qui perdure encore aujourd’hui. Sous l’administration de Trump, celui-ci s’est intensifié. Le président américain cherchait à renforcer l’isolement de Cuba, créant ainsi une crise énergétique et une hausse de la pression politique sur la population cubaine. Après l’intervention américaine au Venezuela, la situation à Cuba s’est encore aggravée. En effet, Trump a empêché l’importation du pétrole vénézuélien vers Cuba, ce qui a laissé la population dans une situation vitale.

Trump : entre pénurie, menace et ébranlement

L’empêchement de Trump a « entraîné une pénurie d’électricité dans les foyers, des coupures de courant dans les écoles, les hôpitaux, les cliniques et les pharmacies ». Cette pénurie ne touche pas seulement le secteur énergétique : elle a un impact sur la nourriture, les médicaments et le carburant à Cuba. Cuba fait donc face à une crise économique et humanitaire. L’industrie du tourisme a une place importante dans l’économie cubaine. Cette dernière est tout de même affectée par l’annulation de vol avec l’impossibilité de ravitaillement en carburant.

La situation maritime ne s’améliore pas non plus. Des pétroliers auraient été arraisonnés par la marine américaine. Dans les villes, les voitures sont immobilisées. À La Havane, les vieilles voitures n’ont plus de carburant. Les mesures coercitives du gouvernement américain ont plongé Cuba dans cette situation préoccupante, où les échanges économiques, y compris le pétrole, sont contrôlés par les actions impérialistes du gouvernement de Trump. Lui-même a avoué vouloir, de manière délibérée, renverser le gouvernement cubain d’ici la fin de l’année, en suggérant le secrétaire d’État américain comme candidat potentiel.

De l’embargo économique à la COVID-19 : une crise

Depuis l’instauration du blocus, Cuba nage dans l’incertitude économique. En 1990, une pénurie similaire à celle d’aujourd’hui s’est produite après l’effondrement du bloc de l’Est. Cuba fait face à des pannes d’électricité qui durent plusieurs heures, voire quelques jours.

La pandémie de COVID-19 a également affecté l’économie du pays, entraînant une récession économique cubaine, une crise sanitaire qui a réduit le tourisme et une pénurie de devises fortes telles que le dollar américain et l’euro. Ces devises contribuaient à contrôler l’inflation du pays et finançaient les importations. Depuis 2020, de nombreux Cubains et Cubaines ont dû quitter leur pays pour assurer leur survie. « En 2024, Cuba a demandé l’aide du Programme alimentaire mondial des Nations unies pour combler les besoins nutritionnels urgents des enfants ».

L’incertitude économique qui affecte Cuba depuis plusieurs années découle d’une longue histoire de confrontation entre la première révolution socialiste en Amérique et l’hégémonie capitaliste des États-Unis. Depuis 1959, les États-Unis ont tenté d’affaiblir Cuba en imposant plusieurs sanctions sur son territoire, dans l’espoir de déclencher une crise sociale et de remettre en question l’ordre établi dans le pays.

La solidarité internationale : une nécessité impérative

Plusieurs gouvernements ont fait entendre leur voix pour appuyer Cuba. De plus, l’ONU a pris position en faveur de Cuba face aux mesures américaines paralysantes pour l’île : « Volker Türk, responsable du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations-Unies, a réitéré le 13 février dernier l’appel à la levée des sanctions ». Marína Fernanda Carrascal, députée de la Chambre des représentants de Colombie, a affirmé qu’une solidarité envers Cuba était nécessaire et était un devoir.

« Claudia Sheinbaum, presidente du Mexique, demeur fidele envers cuba envoyant plus de 814 tonnes de vivres en soutiens ». Au Chili, une élection extrémiste de droite a émergé. Cependant, le gouvernement de gauche actuellement en place s’est engagé à fournir des denrées par l’intermédiaire de l’UNICEF. L’Espagne a annoncé le 16 février une aide humanitaire via l’ONU. Deux grands acteurs sur la scène internationale, la Russie et la Chine, ont tous deux contesté l’embargo des États-Unis et ont décidé d’envoyer du pétrole et du financement à Cuba.

« Au Canada, le ministre Dominic LeBlanc a indiqué qu’une annonce d’aide humanitaire viendrait sous peu, mais la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, n’a toujours pas clarifié la position du Canada face à celle du gouvernement des États-Unis ». Le Canada est l’un des rares pays occidentaux qui ont maintenu des relations avec Cuba. « Selon le journaliste de CBC, Kevin Maimann, le Canada se refuse d’apporter un soutien à La Havane, notamment en matière de carburant, de nourriture et de médicaments, ne voulant pas indisposer davantage les États-Unis ». Le NPD et le Bloc québécois insistent pour que le Canada agisse face à la crise à Cuba en envoyant une aide humanitaire. Alexandre Boulerice a pris l’initiative de déposer une pétition à la Chambre des communes pour soutenir Cuba, disponible jusqu’au 20 avril.

L’importance des mouvements sociaux

De nombreux mouvements, syndicats et organisations de citoyens s’unissent pour soutenir Cuba dans sa lutte contre les pénuries causées par l’embargo. Cette mobilisation des mouvements sociaux est cruciale pour la survie de la population cubaine. Elle est aussi essentielle pour maintenir les pressions envers le gouvernement afin qu’il s’éloigne des politiques américaines imposées par Trump.

Plusieurs actions et manifestations ont lieu, par exemple au Royaume-Uni, en France et au Québec. « Une flottille internationale appelle à converger le 21 mars à La Havane ».

Traduit par Yohan Leclerc

Source : https://alter.quebec/cuba-pour-une-solidarite-mondiale-face-a-trump/

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