Article initial rédigé par La Coperacha
En 2016, la défenseuse autochtone hondurienne Berta Cáceres a été assassinée à son domicile après avoir subi des menaces pendant plusieurs années en raison de son engagement écologiste.
Le Groupe interdisciplinaire d’experts indépendants (GIEI) de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a présenté à Tegucigalpa, au Honduras, un rapport sur ce crime survenu en 2016. Celui-ci conclut que l’État connaissait l’origine du plan criminel, mais a choisi de ne pas agir pour l’empêcher.
Le rapport indique que « l’assassinat de Berta Cáceres est un crime d’entreprise, financier et politique, exécuté au moyen d’une architecture criminelle complexe articulant des intérêts économiques, des financements internationaux, des structures de sécurité, la corruption institutionnelle et de graves omissions de l’État, constituant un modus operandi maintenu dans le temps ».
Selon le rapport, la vie de Berta Cáceres a été confiée à un groupe de tueurs à gages professionnels, chargé de l’assassiner afin de mettre fin à son engagement écologique, consistant à dénoncer le projet hydroélectrique Agua Zarca.
Elle a fait face à l’entreprise DESA, s’opposant à un projet soutenu par le gouvernement hondurien visant à ériger un barrage sur la rivière Gualcarque, une ressource en eau cruciale pour la survie du peuple indigène lenca.
Le meurtre de la jeune militante a été en partie financé par des subventions du même projet (Agua Zarca), provenant de banques internationales, telles que la Banque centraméricaine d’intégration économique et la Banque de développement des Pays-Bas, selon le rapport.
La famille Atala Zablah était liée à un réseau criminel qui a pu commettre une malversation de 67 %, soit environ 12,4 millions de dollars, destinée à financer des opérations illégales, telles que la surveillance, la collecte de renseignements personnels, des attaques armées et, plus précisément, l’assassinat de Berta Cáceres.
Plusieurs conséquences découlent du meurtre de la défenseuse autochtone hondurienne et du conflit lié au projet hydroélectrique. « Ils touchent la famille Cáceres, le témoin survivant Gustavo Castro, le COPINH en tant qu’organisation, la communauté autochtone lenca de Río Blanco et le fleuve Gualcarque en tant qu’espace spirituel et culturel », selon le GIEI.
Recommandations officielles du GIEI
Le rapport du GIEI émet des recommandations clés pour réparer complètement les préjudices subis par les personnes touchées par ce désastre. Il préconise des mesures de cessation et de restitution, de réhabilitation, de satisfaction et de compensation, ainsi que des garanties pour éviter que cela ne se reproduise.
Par exemple, il a été recommandé d’abolir le projet Agua Zacra, de donner une reconnaissance juridique et de rétablir la stabilisation du territoire ancestral lenca de Rìo Blanco, de dissoudre et de liquider l’entreprise DESA, d’épurer et de donner accès aux archives de renseignement, de procéder à un assainissement institutionnel et à un contrôle interne, et par le fait même, une réforme visant à renforcer le Mécanisme national de protection.
Yohan Leclerc
Source: https://lacoperacha.org.mx/informe-giei-sobre-berta-caceres-fue-crimen-empresarial-financiero-politico-2026/