Mai 13

Le 10 mai 2013, la justice guatémaltèque a reconnu qu’il y avait bien eu un génocide

Article original rédigé par Juan Bautista Xol

Il y a 13 ans, le Tribunal de haut risque « A », présidé par la juge Yassmin Barrios, a condamné Efraín Ríos Montt, ancien chef d’État de facto, à 80 ans de prison pour l’extermination de 1 771 personnes mayas ixiles des communes de Nebaj, Cotzal et Chajul, dans le département de Quiché, entre 1982 et 1983, ainsi que pour le déplacement forcé d’au moins 29 000 Ixils.

Année après année, la population ixile continue de commémorer à cette date le jugement historique qui a reconnu la vérité des victimes.

Au mois de mai, une journée historique est commémorée au sein du peuple maya ixil, à Santa María Nebaj, San Juan Cotzal et San Gaspar Chajul, où la population se souvient de la décision rendue par le Tribunal de haut risque « A » en faveur des victimes ayant dénoncé l’ancien chef de facto Efraín Ríos Montt pour génocide et crimes contre l’humanité.

Dans la région ixile, le 10 mai est une date historique : celle où justice a été rendue pour les violations des droits humains commises pendant la guerre au Guatemala. Au-delà des célébrations associées à cette journée, comme la Fête des fleurs ou la Fête des mères, cette date rappelle également le jugement de 718 pages démontrant qu’entre avril 1982 et juillet 1983, l’armée a exterminé 5,5 % de la population ixile.

Un moment historique pour les victimes et les survivant·es

Cette année, les survivant·es, les victimes, les autorités ancestrales et les organisations de la société civile commémoreront le treizième anniversaire du jugement afin de rappeler que, pour la première fois au monde, un pays a jugé le génocide commis sur son propre territoire.

Selon José Silvio, membre de l’Association pour la justice et la réconciliation (AJR), organisation plaignante dans le procès, le treizième anniversaire du jugement revêt une importance particulière pour les victimes du peuple ixil, car il symbolise la lutte historique qu’elles ont menée dans leur quête de justice pour leurs proches.

« C’est un moment historique pour les victimes. Nous continuerons à le commémorer, car cette lutte est née de la perte de leurs êtres chers », a expliqué José Silvio.

Le 12 mai, les survivant·es et les victimes se rassembleront à Santa María Nebaj, où ils et elles visiteront deux lieux de mémoire historique afin d’y réaliser des cérémonies mayas en hommage aux victimes des massacres de Xololché et de Santa Abelina.

Silvio a précisé que, dans le cadre du treizième anniversaire du jugement, les survivant·es et les victimes ont invité des organisations, des institutions gouvernementales ainsi que des autorités autochtones provenant d’autres départements. Ces dernières assisteront aux témoignages de celles et ceux qui ont cherché justice, afin que le mois de mai demeure un moment de mémoire pour leurs proches disparu·es.

Le jugement

Le jugement qui a marqué une lutte historique dans la région ixile a été rendu le 10 mai 2013 par le Tribunal de haut risque « A », qui a reconnu que les communes de Santa María Nebaj, San Juan Cotzal et San Gaspar Chajul, dans le département de Quiché, avaient bien été le théâtre d’un génocide lors des opérations militaires menées entre 1982 et 1983.

Ce jour-là, la salle était remplie de survivant·es, de défenseur·es des droits humains, d’observateur·rices et d’autres personnes venues assister au moment où la juge Barrios a lu le jugement.

« Il a été établi qu’au Guatemala, il y a bien eu génocide : massacres de membres du groupe, atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe, soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence visant sa destruction physique totale ou partielle, mesures destinées à empêcher les naissances au sein du groupe et transfert forcé d’enfants vers un autre groupe », a publié l’association AJR sur sa page Facebook, en détaillant les cinq éléments constitutifs du crime de génocide à quelques jours de la commémoration des 13 ans du jugement.

Silvio a conclu que le peuple ixil ne cherche pas seulement à faire reconnaître ce qui s’est produit pendant les opérations militaires, mais également à transmettre cette histoire aux jeunes générations afin que les violations des droits humains ne se reproduisent plus jamais.

« L’objectif est que les jeunes connaissent l’histoire de leurs peuples et du conflit armé interne, mais aussi qu’ils comprennent pourquoi ce conflit a existé », a conclu Silvio.

Traduit par Romane Norgeot-Neuhut

Source : https://prensacomunitaria.org/2026/05/el-10-de-mayo-de-2013-la-justicia-en-guatemala-reconocio-que-si-hubo-genocidio/

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