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Rapport annuel de violations de droits syndicaux

Rapport Annuel de Violations de Droits Syndicaux  2008 – ITUC  CSI  IGB

Colombie
Population: 45.014.000 / Capitale: Bogota
Conventions fondamentales de l’OIT ratifiées: 29 – 87 – 98 – 100 – 105 – 111 – 138
Population: 45.014.000 / Capitale: Bogota
Conventions fondamentales de l’OIT ratifiées: 29 – 87 – 98 – 100 – 105 – 111 – 138

Avec 39 assassinats survenus en 2007, la Colombie continue à être le pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes. Malgré une diminution du nombre de meurtres, la violence s’est déclinée sous diverses autres formes: le nombre de tentatives de meurtres a doublé, tandis que les expulsions forcées, les enlèvements et les arrestations arbitraires se sont multipliés; les menaces sont, quant à elles, restées constantes. Il y a lieu de souligner que les assassinats et les menaces de mort prennent souvent pour cibles des parents ou des proches de syndicalistes, leur but étant, non seulement, de restreindre l’activité syndicale mais aussi de limiter le nombre de violations classées en tant qu’attaques contre des syndicalistes. Il est estimé que 76% des violations ont visé des fonctionnaires publics locaux et des salariés des secteurs et sous-secteurs dédiés à la prestation de services à la personne comme l’éducation et la santé. Bien que plus de 30.000 paramilitaires aient été « démobilisés » au cours des trois dernières années dans le cadre d’un programme gouvernemental controversé, des preuves convaincantes existent selon lesquelles ils continueraient de menacer, d’assassiner et d’enlever des syndicalistes, y compris avec la complicité des forces de l’ordre. Malgré les amendements apportés à la loi Justice et paix qui régit cette prétendue « démobilisation », le fait qu’elle risque d’étendre l’impunité continue de susciter l’inquiétude.

Droits syndicaux dans la législation
La liberté syndicale est consacrée comme un droit fondamental par la constitution. Le Code du travail prévoit la reconnaissance automatique de tout syndicat doté d’un statut, englobant un minimum de 25 membres et ayant respecté un processus simple d’enregistrement. D’après la loi, les syndicats sont libres d’adopter leurs propres règles et de gérer à leur guise leurs activités. Seule une autorité judiciaire, et non pas administrative, peut dissoudre un syndicat ou annuler sa personnalité juridique. Le plein exercice des droits syndicaux est, cependant, restreint par de nombreux obstacles juridiques.

Des relations d’emploi déguisées sont fréquemment utilisées comme subterfuge pour empêcher l’organisation et les activités syndicales. Pour déguiser des relations d’emploi effectives, divers types d’arrangements contractuels sont employés, tels que les coopératives de travail associées et les contrats de service, civils ou commerciaux, en vertu desquels les travailleurs n’ont pas le droit de former un syndicat ou d’y adhérer. Cette pratique constitue une atteinte à l’article 2 de la convention nº 87, qui établit le droit de tous les travailleurs, sans distinction, de constituer des syndicats et d’y adhérer.

Le gouvernement conserve des pouvoirs discrétionnaires lui permettant, notamment, de refuser arbitrairement l’enregistrement d’un syndicat, de nouveaux statuts syndicaux ou des membres du comité exécutif d’une organisation syndicale. Ce recours survient fréquemment pour des motifs qui échappent aux dispositions prévues par la loi. En 2007, le gouvernement a voté le décret nº 1651 pour accélérer le processus d’enregistrement. Cependant, un des motifs possibles de rejet d’une demande d’enregistrement est « que le syndicat a été établi non pas pour garantir le droit de liberté d’association mais pour assurer la stabilité du travail ». La Commission d’experts du BIT a relevé que ce pouvoir discrétionnaire est en contradiction avec l’article 2 de la Convention nº 87; les experts ont demandé au gouvernement de modifier cette disposition.

Droit de grève restreint: La Constitution colombienne reconnaît le droit de grève pour tous les travailleurs, à l’exception des membres des forces armées, de la police et des travailleurs opérant dans les services publics essentiels ou de première nécessité tels que définis par la loi. En outre, la Constitution octroie au législateur un mandat de réglementation du droit de grève qui jusqu’à présent n’a pas été exercé, raison pour laquelle certaines dispositions datant de 1956 et de 1990 sont encore en vigueur, en vertu desquelles la grève est interdite dans un ample éventail de services publics qui ne sont pas nécessairement essentiels, enfreignant ainsi la définition de l’OIT à cet égard: « services dont l’interruption pourrait mettre en danger la vie, la sécurité personnelle ou la santé d’une partie ou de la totalité de la population ». Dans son rapport à l’OIT en 2007 concernant l’application de la Convention nº 87, le gouvernement a reconnu que la définition des services essentiels figurant à l’article 430(b) du Code du travail est en infraction par rapport aux termes de ladite convention; la Commission d’experts du BIT a recommandé au gouvernement d’accepter une assistance technique de l’OIT pour assurer que la nouvelle législation tienne dûment compte de ces éléments.

Par ailleurs, la loi interdit aux fédérations et aux confédérations d’appeler à la grève, et le ministère de la Protection sociale (chargé du suivi et du contrôle administratif des relations du travail) peut imposer un arbitrage obligatoire d’un conflit dans les cas où la grève dure plus de 60 jours, ce qui enfreint la Convention n°87 de l’OIT et fait fi des recommandations de la Commission d’experts. En 2007, un projet de loi a été présenté au Congrès en vue de l’amendement de l’article 448(4) du Code du travail pour permettre aux parties de convenir d’un mécanisme de conciliation. L’amendement proposé permet, néanmoins, toujours à l’une des parties d’introduire une requête auprès du ministère de la Prévoyance sociale en vue du recours au tribunal d’arbitrage et, par là-même, la possibilité d’un arbitrage obligatoire pour mettre fin à une action de grève selon une procédure contraire aux termes de la Convention nº 87.

Les dirigeants syndicaux qui prennent part à une action de grève déclarée illicite peuvent être renvoyés. Ceux qui participent à une action de grève légale peuvent également être renvoyés à condition que six mois se soient écoulés depuis la fin du différend.
Négociation collective – discrimination dans le secteur public: La législation colombienne a introduit un principe discriminatoire quant aux fonctions et aux droits des organisations syndicales des travailleurs du secteur public en matière de négociation collective, car elle effectue une distinction entre « fonctionnaires » et « employés de la fonction publique ». Les syndicats qui regroupent les employés de la fonction publique ne peuvent ni présenter des revendications ni signer des conventions collectives, car leur droit à la négociation est limité à la présentation de « demandes respectueuses » qui ne peuvent pas porter sur des aspects fondamentaux de la relation de travail tels que les salaires, les prestations sociales et les contrats.

La Commission d’experts insiste, depuis de nombreuses années déjà, sur la nécessité d’entériner de manière effective le droit de négociation collective pour les salariés de la fonction publique qui ne sont pas impliqués dans l’administration de l’État. En novembre 2005, la cour constitutionnelle a décrété que pour mettre en pratique l’article 55 de la constitution politique, des modalités de concertation alternatives devraient être prévues pour les salariés de la fonction publique pour ce qui a trait aux conditions de travail. Les dispositions législatives requises pour mettre en pratique cette ordonnance n’ont, toutefois, pas été prises à ce jour.

Réforme de la législation du travail: Sans la moindre concertation ou dialogue, une réforme de la législation du travail a été imposée en 2004, entraînant un allongement de la journée de travail, une diminution du paiement des heures supplémentaires, une réduction des indemnisations, une flexibilité du travail, des restrictions à la négociation collective et la perte de certains droits acquis. Par exemple, la nouvelle loi exclut le contrat d’apprentissage de la négociation collective. Or, aux termes des Conventions de l’OIT, la négociation collective a trait à « tout accord écrit relatif aux conditions de travail et d’emploi ».
Pouvoirs discrétionnaires: Au mépris de l’article 2 de la Convention nº 87, la résolution nº 1651 de 2007 continue de prévoir certains pouvoirs discrétionnaires.

La loi « Justice et paix »: Le 22 juin 2005, le Congrès a adopté la loi « Justice et paix » qui, aux dires du gouvernement, avait pour but de promouvoir la réconciliation et la lutte contre l’impunité. En juillet 2006, le Tribunal constitutionnel colombien, qui est la plus haute instance judiciaire du pays, a déclaré que de nombreux aspects de cette loi étaient anticonstitutionnels. Le cadre juridique régissant la démobilisation reste inadéquat à divers titres:
•    Il est uniquement applicable aux rares membres de groupes armés illégaux qui font l’objet d’une enquête ou qui ont déjà été condamnés. Vu le taux élevé d’impunité, la majorité des paramilitaires et des membres de guérillas ne sont pas soumis à des enquêtes.
•    Les enquêtes concernant des violations commises par des membres de groupes armés clandestins sont à charge du département de Paix et Justice du parquet national, alors que les atteintes aux droits humains sont traitées par le département des Droits humains de la même institution. La séparation de ces dossiers a nui aux enquêtes visant spécifiquement les forces de sécurité.
•    Le fait que des combattants puissent jouir d’avoirs obtenus illicitement compromet fortement les droits d’indemnisation des victimes.
•    La loi Justice et paix reste dépourvue d’une disposition qui interdise à d’anciens combattants de reprendre part au conflit.
Il faut signaler également la menace posée par des propositions gouvernementales qui supprimeraient la protection des victimes de violations des droits humains et affaibliraient le système judiciaire, pourtant déjà inefficace. Par exemple, le gouvernement a proposé une réduction significative de la « tutelle », une action de la justice qui octroie une protection d’urgence des droits constitutionnels pendant qu’une affaire est traitée. Le gouvernement a proposé de limiter la juridiction du Tribunal constitutionnel, qui jusqu’à présent était un bastion de la défense des droits des travailleurs. De surcroît, le gouvernement a mis fin abruptement au dialogue avec le Comité interinstitutionnel de prévention des violations et de protection des droits humains des travailleurs et travailleuses.

Signature d’un accord tripartite à l’OIT: L’action entreprise pendant de nombreuses années par les centrales syndicales colombiennes avec l’appui du mouvement syndical international a eu pour résultat, dans le cadre de la 95e Conférence internationale du travail, la signature de l’accord tripartite pour la liberté syndicale et la démocratie par les présidents des trois confédérations syndicales, le président de l’organisation des employeurs et le vice-ministre colombien du Travail, le 1er juin au siège de l’OIT à Genève. L’élément principal de cet accord était l’établissement d’une représentation permanente de l’OIT en Colombie, avec pour mission de promouvoir et de protéger les droits fondamentaux des travailleurs, en particulier leur droit à la vie, à la liberté syndicale, à la liberté d’expression et à la négociation collective, ainsi que de garantir le respect des politiques de l’OIT. À la suite d’intenses pressions nationales et internationales, le 18 octobre a eu lieu la signature de l’accord tripartite définissant le mandat de la représentation permanente de l’OIT en Colombie, et finalement le gouvernement a accepté l’ouverture du Bureau de l’OIT le 23 novembre 2006. Le bureau est devenu opérationnel le 15 janvier 2007.

Droits Syndicaux dans la Pratique et Violations en 2007

Contexte: Bien que les statistiques indiquent une légère amélioration de la situation eu égard à la violence, la Colombie reste en proie à une grave crise au plan des droits humains. Les forces armées et leurs alliés paramilitaires persistent dans leur stratégie de contre-insurrection, qui se fonde sur la suppression de tout soutien, fictif ou réel, de la population civile en faveur de la guérilla. La terreur et l’impunité font partie intégrante de cette stratégie: Disparitions forcées, tortures, violences (sexuelles ou autres) contre des femmes, menaces de mort et meurtres de civils font partie des tactiques déployées pour couper tout lien, réel ou soupçonné, entre la population et la guérilla. C’est dans ce contexte que les syndicalistes sont systématiquement taxés de subversifs (le président Uribe a, lui-même, fait des déclarations dans lesquelles il accuse le mouvement syndical colombien de soutenir les FARC) et leurs droits fondamentaux bafoués. Les violations surviennent généralement sur fond de conflits du travail ou de négociations concernant les conditions de travail.

L’actuel programme de protection pour les syndicalistes inclut la mise à disposition de gardes du corps, de véhicules blindés et de téléphones mobiles. Malgré une légère amélioration, ces dispositions restent nettement insuffisantes, à voir les statistiques alarmantes concernant les violations des droits syndicaux en Colombie.
Impunité: Dans un rapport paru le 20 décembre 2007, le parquet général de la nation a relevé que les 1.244 cas de violations contre des syndicalistes (repris dans le dossier de plainte nº 1787 soumis au BIT) étaient passés à l’étape suivante de la procédure:
•    727 cas se trouvent à l’étape préliminaire; aucun suspect identifié;
•    117 cas se trouvent à l’examen ou sont sur le point d’être examinés; suspect(s) identifié(s);
•    5 cas ont été suspendus sans qu’aucun suspect n’ait été identifié; les investigations n’ont donc pas été poursuivies;
•    Les 395 autres cas ont été assignés mais on ne dispose d’aucune nouvelle information concernant l’étape de la procédure.
Sur les 2.557 cas de violence antisyndicale consignés par l’Ecole syndicale nationale (ENS) entre 1986 et janvier 2008, seulement 87 se sont soldés par une condamnation. Le taux d’impunité s’élève donc à 96,7%. Si ce rythme devait se maintenir, il faudrait plus de trente ans à la magistrature colombienne pour régler toutes les procédures en instance.

Mais ce qui est encore plus inquiétant dans le cadre de ces procédures, c’est que les accusés justifient leurs actions en avançant, sans preuve, que les victimes étaient en rapport avec des groupes armés clandestins et que la magistrature est très souvent prête à accepter de telles allégations non fondées comme une raison valable pour rendre inhabiles les plaignants et réfuter la nature antisyndicale du crime. De même, il n’est pas inhabituel que l’enquête criminelle se centre davantage sur les antécédents de la victime plutôt que sur les mobiles de l’auteur du crime; il en résulte que les faits restent souvent non résolus et les auteurs du crime ne soient, dès lors, pas identifiés. Dans le cas de crimes contre des femmes, l’interrogatoire et la reconstitution des faits représentent souvent une source d’humiliation supplémentaire. Une simple analyse de cas, faisant abstraction de facteurs tels que l’augmentation de l’activité paramilitaire dans les différentes régions du pays, la collusion de l’État dans de nombreuses violations ou les violations par des acteurs multiples contre une même victime, a pour effet de dévier le cours des investigations et d’en compromettre les résultats.

Opération dragon: Comme signalé dans le Rapport annuel de 2006, le Syndicat des travailleurs municipaux de Cali (SINTRAEMCALI), a été informé d’un complot surnommé « Opération dragon », tramé par la direction de l’Entreprise municipale de Cali (EMCALI), qui visait à éliminer plusieurs dirigeants syndicaux employés par l’entreprise, un délégué de la chambre des représentants et plusieurs autres militants des droits humains. Des informations ont été dévoilées selon lesquelles la firme de sécurité, composée de membres des forces armées et engagée par l’entreprise pour déstabiliser le syndicat, avait recueilli des renseignements sur la vie privée de dirigeants syndicaux, y compris les services de sécurité qu’ils employaient, l’identité de leurs gardes du corps, les numéros minéralogiques de leurs véhicules, etc. Certains indices ont permis de déduire que ces données privées avaient été divulguées par des membres du département national de la sécurité (Departamento Administrativo de Seguridad – DAS), qui est notamment en charge des mesures de sécurité pour les syndicalistes. SINTRAEMCALI a déposé une plainte auprès de l’OIT. Dans le rapport nº 348 daté de novembre 2007, le Comité de la liberté syndicale de l’OIT a réitéré sa demande auprès du gouvernement de « lui soumettre ses observations sur les allégations relatives à l’existence d’un complot nommé « Opération dragon » […], au sujet duquel le gouvernement avait préalablement fait état de l’ouverture d’investigations par le parquet général et l’inspecteur général de la nation ».

Collusion entre services de renseignement et escadrons de la mort: En avril, une enquête du parquet général de la nation a révélé que le DAS poursuivait une politique de surveillance et d’observation secrète des activités légitimes de syndicats et, plus particulièrement, de dirigeants syndicaux. Parmi les nouvelles preuves, il a notamment été relevé que 22 dirigeants syndicaux et un conseiller syndical spécifiquement identifiés par la Direction nationale des renseignements (Dirección Nacional de Inteligencia) faisaient l’objet d’enquêtes. Sept des personnes dont les noms figuraient sur des listes de personnes mises en examen ont été assassinées suite à leur identification par la Direction des renseignements.

Violations mettant en cause les mêmes acteurs dans des incidents séparés: Le secteur floricole jouit d’une piètre réputation au plan du respect des droits des travailleurs. Les salariés de la société d’exportation BOCHICA CI., à Ceja, Antioquia, ont formé un syndicat d’entreprise (Unión General de Trabajadores de la Empresa Exportaciones BOCHICA CI) affilié au Syndicat national des ouvriers agricoles SINTRAINAGRO. En février, la police a « invité » les travailleurs à ne pas se syndiquer et, pour les convaincre, a projeté une vidéo dans l’entreprise concernant des meurtres de syndicalistes. Quelques jours plus tard, des menaces de mort leur ont été délivrées sous forme de feuillets et de graffitis signés par l’organisation paramilitaire « Aguilas Negras del Oriente ». Parallèlement à cela, le ministère de la Protection sociale a décrété qu’ils n’avaient pas le droit de se syndiquer, sans toutefois fournir la moindre justification à l’appui de cette décision.

Le 27 septembre, Andrés Damian Florez Rodriguez a été enlevé par trois individus armés dans une fourgonnette noire. Andrés Damian est le fils de José Domingo Flores, employé à l’usine d’embouteillage Coca Cola, à Santander, et dirigeant du syndicat des travailleurs de l’alimentation SINALTRAINAL. Il a été battu et menacé. Avant de le relâcher, ses ravisseurs lui ont dit: « préviens ton père que nous continuerons jusqu’à ce qu’ils soient tous mis en pièces ». Plusieurs autres membres du SINALTRAINAL ont également reçu des menaces de mort successivement le 10 février, le 26 juillet, les 9 et 13 août et les 20 et 25 septembre.

Assassinats: Le 2 février, Carmen Cecilia Santana Romaña, épouse de Hernan Correa Miranda, premier vice-président de la CUT, a été assassinée. Elle était employée dans l’entreprise agroalimentaire Finca Palmeras où elle était aussi dirigeante syndicale et jouait un rôle de premier plan au sein du comité des revendications du SINTRAINAGRO.
Le 28 février, William Cabuyales Diaz, président du syndicat des ouvriers agricoles de Cabuyal et membre du comité exécutif régional de la FERTRASUCCOL, a été assassiné dans le district de Siloé, à Cali.
Le 19 mai, Ana Silvia Melo de Rodriguez, fondatrice et ancienne dirigeante du SINDIMANUELA (Syndicat Manuela Beltran représentant les vendeurs d’aliments et de boissons de la place du marché du quartier de San Francisco del Sur, à Bogota) affilié à la CGT, a été assassinée.
Le 6 juin, Andrés Melan Cardona a été assassiné à Rionegro, Antioquia. Il était le fils d’Hernando Melan Cardona, dirigeant syndical à l’usine Textiles Rionegro, filiale de Coltejer, où il négociait une série de demandes syndicales.
En juin, Julio César Gomez Cano, dirigeant de l’Association des enseignants d’Antioquia (ADIDA) a été assassiné.
Le 1er juillet, deux membres du comité syndical du SINTRAVIECALI (syndicat des vendeurs informels fixes de Santiago de Cali) ont été attaqués par des tueurs à gages qui se déplaçaient à moto. Arnovis Ocoro Balanta a été tué et Maria Evel Angulo blessée. L’attaque est survenue sur la route reliant les localités de Suarez et Morales, dans le département de Cauca.
Le 6 septembre, Augusto Ramirez Atehortua, professeur à l’institut La Inmaculada, à Guarne, a été assassiné.
Le 12 septembre, Alberto Valencia Correa, coordinateur à l’institut Las Palmas, à Envigado, et professeur à l’université d’Antioquia a été assassiné.
Le 19 septembre, Rosalino Palacio Mosquera, professeur d’anglais et d’éducation physique à l’institut Anastasio Girardot, a été assassinée dans le district de Robledo, dans la municipalité de Bello, à Antioquia. Un de ses frères a également trouvé la mort à ses côtés.
Le 7 novembre, Mercedes Consuelo Restrepo Campo, enseignante à l’institut Hernando Botero O’Byrne, à Cartago, dans le département de Valle del Cauca, a été assassinée. Elle exerçait la profession d’enseignante depuis 30 ans et était, depuis quatre ans, membre de la sous-direction du syndicat des enseignants du département de Valle (SUTEV), à Cartago, où elle occupait le poste de secrétaire du département des femmes, de l’enfance et de la famille.
Le 2 novembre, Leonidas Silva Castro, dirigeante d’un syndicat des enseignants, a été assassinée à son domicile, dans le district de Prados del Norte. Elle était présidente de la sous-direction de l’Association syndicale des enseignants (ASINORT), à Villacaro, dans le département de Norte de Santander.
Le 3 novembre, Jairo Giraldo Rey, président de la sous-direction du Syndicat national des travailleurs de l’industrie fruitière, agroalimentaire, élevage, hôtellerie et tourisme du groupe d’entreprises Grajales (SINALTRAIFRUT), affilié à la CGT, a été assassiné à Toro, dans le département de Valle del Cauca.
Le 22 novembre, José Jesús Marín Vargas, membre du Syndicat national des travailleurs de l’industrie alimentaire (SINALTRAINAL), a été assassiné alors qu’il rentrait de l’usine Comestibles La Rosa, filiale de Nestlé, à Dosquebradas, Risaralda.

Tentative d’enlèvement: Le 9 février, Alberto Pumarejo Arias, ouvrier de la construction employé au supermarché MERCADEFUR, à Bucarmanga, a été intercepté sur son chemin de retour du travail par trois individus armés qui l’ont embarqué de force dans leur véhicule et l’ont conduit vers la banlieue de Bucaramanga. Parmi les ravisseurs se trouvait une femme qui s’est identifiée comme le commandant du Front nº24 des FARC. Ils lui ont dit qu’ils le tueraient s’il refusait de coopérer avec eux et l’ont forcé à déclarer qu’il était un membre de la guérilla. Ensuite, ils l’ont conduit jusqu’au district Primero de Mayo où il a réussi à s’échapper. En cours de route, ils l’ont menacé de mort à plusieurs reprises.
Arrestations: Le 26 avril, Teofilo Manuel Acuña Ribon, président de la Fédération agro-minière du département de Sur de Bolivar a été détenu dans la ville de Santa Rosa, Sur de Bolivar, par des membres du bataillon antiaérien Nueva Granada appartenant à la Brigade V.
Le 3 mai 2006, Ender Rolando Contreras Garcia, coordinateur du bureau d’audit interne de la compagnie d’électricité d’Arauca (ENELAR), trésorier du syndicat de l’entreprise et vice-président du comité permanent pour la défense des droits humains de la branche syndicale d’Arauca a été placé en état d’arrestation. A la fin du mois d’octobre 2007, il se trouvait toujours incarcéré au pénitentiaire de El Barne, à Boyaca, où il a été enfermé sous des chefs d’inculpation inventés de toutes pièces, y compris extorsion, conspiration criminelle et rébellion. Il a été écroué après avoir dénoncé une série d’irrégularités à la vice-présidence de la République, à l’inspection générale et au parquet général de la nation, entre autres.
Tentative de meurtre: Henry Alzate, employé au Club Colombia de Cali et vice-président de la branche locale de Cali du Syndicat national des travailleurs de l’industrie gastronomique, hôtelière et connexes de Colombie (HOCAR-CGT), affilié à la CGT, a été victime d’une tentative de meurtre, le 13 février, à 19h30, dans le secteur sud-est de l’autoroute de Cali. L’attaque a été perpétrée par des tueurs à gages roulant sur des motos puissantes, qui l’ont laissé pour mort après l’avoir atteint à la tête et à l’épaule gauche. Il a été admis à l’hôpital El Rosario, à Cali.
Perquisitions: Le domicile d’Oscar Garcia, dirigeant social et syndical de la Confédération syndicale des travailleurs (USO) a été perquisitionné, le 18 octobre, par des agents du Parquet et de l’Unité des investigations techniques (CTI), en collaboration avec des agents de la police nationale, à Arauca. Le parquet a signalé que le mandat de perquisition avait été délivré en raison de la présence soupçonnée au domicile du syndicaliste d’alcaloïdes et d’autres fournitures destinées au trafic de stupéfiants. La perquisition n’a pas permis de trouver la moindre trace de ces éléments.
Menaces: Raul Enrique Gomez Velasco, président de la Fédération des travailleurs libres de Norte de Santander (FETRALNORTE), troisième vice-président de la Fédération nationale des fonctionnaires publics (FENASER) et président du Syndicat des employés de la fonction publique et des salariés officiels du département de Norte de Santander (SINDENORTE) a reçu une série de menaces de mort par téléphone. Suite à la dernière menace en date, le 12 juin, il a décidé de quitter définitivement Cucuta avec sa famille.

En février, le groupe paramilitaire Aguilas Negras a envoyé un pamphlet contenant des menaces de mort à Javier Correa, Luis Garcia et José Domingo Florez, tous trois dirigeants du Syndicat national des travailleurs de l’industrie alimentaire (SINALTRAINAL) et employés à l’usine Coca Cola à Santander. Le pamphlet indiquait qu’ils étaient des « cibles militaires » et était signé « les forces démobilisées de Magdalena Medio ».
Le 10 février, une enveloppe a été glissée sous la porte du bureau du syndicat ASTDEMP, au siège de la CUT pour le département de Santander, à Bucaramanga. L’enveloppe contenait des menaces de mort adressées aux membres du SINALTRAINAL travaillant à l’usine d’embouteillage Coca Cola, à Bucaramanga.
Début mars, Jimmy Fernando Nuñez Belalcazar, dirigeant du Syndicat des vendeurs informels fixes de Santiago de Cali (SINTRAVIECALI) et membre de l’exécutif de la FESTRALVA, affiliée à la CTC, a été menacé de mort par un groupe paramilitaire.
Le 21 septembre, Rodolfo Vecino Acevedo, dirigeant de l’USO, a reçu une menace de mort par courrier portant le sceau de l’organisation paramilitaire Aguilas Negras Unidas de Colombia. Ses enfants avaient auparavant été la cible de plusieurs tentatives d’enlèvement, en septembre 2004 et en mars 2005. Le 25 novembre 2007, une tentative de meurtre avait visé sa partenaire, qui continue, depuis, de recevoir des menaces de mort.
Le 3 décembre au matin, un pamphlet a été délivré aux bureaux de l’USO à Villavivencio, qui contenait une menace de mort contre Hector Yesid Vaca, membre du comité exécutif national, et Marcos Aaron Suarez, président de la sous-direction de l’USO à Meta. Le pamphlet était signé par le groupe paramilitaire Autodefensas Unidas de Casanare (AUC).

Licenciement de travailleurs syndiqués: Le 6 juillet, la CSI a engagé une procédure de plainte formelle dénonçant des pratiques antisyndicales de la société Brink’s de Colombia S.A. contre le syndicat des travailleurs de l’entreprise SINTRABRINKS-CTC. L’entreprise en cause usait de sanctions à l’encontre des travailleurs pour les contraindre à démissionner du syndicat, pour les démoraliser et pour dissuader les autres travailleurs d’adhérer au syndicat. Les effectifs syndiqués faisaient l’objet de coercitions financières telles la promotion exclusive de salariés non syndiqués ou l’octroi de gratifications en contrepartie de leur promesse de non-adhésion. L’employeur a également ciblé les dirigeants syndicaux en se servant de tactiques aussi diverses que le licenciement, les sanctions, les mutations avec rétrogradation, voire l’interdiction d’exécuter les tâches pour lesquelles ils avaient été embauchés.

En août a été annoncée la fermeture de l’usine de produits de soins personnels UNILEVER, à Bogota. Attendu que la totalité des employés syndiqués de la firme UNILEVER en Colombie appartenaient précisément à cette chaîne de production, l’entreprise a, de fait, réussi à se débarrasser d’un seul coup de toute présence syndicale dans ses usines à l’échelon national: le syndicat SINTRA UNILEVER ANDINA a effectivement disparu simultanément à la suppression de 110 postes. Tous les autres personnels employés par UNILEVER en Colombie sont engagés en vertu d’arrangements contractuels irréguliers, tels que les soi-disant coopératives de travail associatives (CTA); ces travailleurs et travailleuses ne jouissent d’aucune sécurité de l’emploi et n’ont pas le droit d’adhérer à une organisation syndicale.

Pratiques antisyndicales: Les entreprises MOLDES MEDELLIN, ANDES INTERNATIONAL TOOLING et ANDES CAST METALS FOUNDRY refusent purement et simplement de reconnaître l’existence du Syndicat des travailleurs du verre et connexes (SINTRAVIDRICOL) et l’affiliation de leurs travailleurs à ce dernier et refusent également de traiter leurs griefs, et ce, en dépit du fait que tous ses registres et documents d’inscription ont été dûment déposés auprès du ministère de la Protection sociale. Entretemps, elles continuent de recourir aux agences d’intérim pour pourvoir les postes permanents, tout en limitant au strict minimum le nombre de travailleurs employés sous des contrats à long terme. Elles usent également de la discrimination salariale contre les travailleurs syndiqués.

Violence contre des manifestants: L’exploitation des charbonnages par les sociétés Glencore A.G. et Drummond est à l’origine d’une pollution épouvantable dans les villes de La Jagua de Ibirico et El Paso, toutes deux situées dans le département de César. D’autre part, la population locale est constamment harcelée par les services de sécurité des entreprises minières. Un rassemblement pacifique organisé en protestation contre cette situation a bloqué les voies d’accès à la ville, le 9 février. Le lendemain, la police anti-émeute a monté une attaque violente contre les manifestants, qui s’est soldée par la mort de Manuel Celis Mendoza, 42 ans. Au cours du même incident, Gabriel Enrique Gómez, 22 ans, Neger Robles, 28 ans, et Jairo Díaz ont été grièvement blessés, de même que trois garçons de 13 ans et un bébé de deux mois.
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