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Les Autochtones du Brésil demandent la protection de l’Amazonie

Photo : Autre banques d'images / Paloma Martinez-Mendez

Paloma Martínez Méndez

Publié 14 décembre 2022

La mine d’or Volta Grande est un projet de Belo Sun Mineração, une filiale de la société canadienne Belo Sun Mining Corp., dont les actions sont cotées à la Bourse de Toronto.

Situé dans l’État de Pará, ce projet implique un investissement total de 1220 millions de réals brésiliens (312,8 millions de dollars canadiens) et, selon l’entreprise, cela représente une occasion de diversification économique pour la région.

Pour les agences environnementales et pour les nations autochtones de cette région, ce projet est une mauvaise idée, car il pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la région et pour le monde.

Dinamam Tuxá, coordonnateur général de l’Articulação dos Povos Indígenas do Brasil (Association des peuples autochtones du Brésil, ou APIB), dit qu’en raison de la construction d’un barrage hydroélectrique, la région de Volta Grande sur le fleuve Xingu, a subi de grosses répercussions environnementales ces dernières années.

Selon des experts et les communautés avoisinantes, le barrage hydroélectrique de Belo Monte, à 10 km de l’endroit où la compagnie minière canadienne compte s’installer, aurait détruit des communautés et des modes de vie traditionnels. Situé en pleine Amazonie, le barrage aurait particulièrement endommagé l’écosystème aquatique du Xingu, qui comprend des espèces uniques de poissons et de tortues.

Dans ce contexte, Dinamam Tuxá dit qu’il y a beaucoup d’inquiétude, car la mine canadienne représentera un autre projet sur un fleuve très important pour les Brésiliens.

Nous sommes également préoccupés par les gens et par l’impact que ce projet aura sur les communautés locales, en particulier les communautés riveraines et autochtones. Ils subissent déjà l’impact de Belo Monte et de l’exploitation minière illégale.Une citation de Dinamam Tuxá, coordonnateur général de l’Articulação dos Povos Indígenas do Brasil

L’activiste dénonce le fait que ces communautés vont subir les conséquences de la présence d’une autre multinationale qui sera la plus grande entreprise minière à ciel ouvert au monde.

Pour les organisations environnementales, la principale préoccupation est l’utilisation de substances toxiques pour le traitement de l’or au milieu de la jungle amazonienne.

À cette occasion, les représentants d’Amazon Watch ont fait connaître les résultats d’un rapport détaillé (nouvelle fenêtre) sur les impacts juridiques, sociaux et environnementaux de ce projet minier.

La filiale canadienne de Mining Watch, représentée notamment par Viviana Herrera, était également présente.

Originaire de Colombie, Viviana Herrera vit au Canada depuis 20 ans, d’abord à Vancouver et maintenant à Montréal.

Depuis son arrivée au pays, elle s’implique dans les causes de justice sociale, notamment en relation avec l’extractivisme, et soutient les communautés touchées par les grandes centrales hydroélectriques en Amazonie. Elle a notamment travaillé en Bolivie pendant quatre ans dans des communautés autochtones.

Pour cette diplômée en relations internationales, il est essentiel d’essayer de rendre visibles des situations comme celles-ci.

Il existe des barrières linguistiques et culturelles et il y a un manque de ponts entre le Sud global et le Nord global. Et parfois, l’information n’arrive pas aux oreilles de la société civile canadienne.

Les mythes qui existent au sujet de l’exploitation minière canadienne sont un autre des obstacles observés par Viviana Herrera. Selon elle, le gouvernement canadien a communiqué une idée de ce secteur comme s’il était plus responsable, plus éthique et plus respectueux des droits des peuples autochtones.

Lorsqu’une compagnie minière canadienne arrive dans un pays comme le Brésil, elle crée l’image qu’elle ne violera pas autant de droits que les autres. Mais les communautés avec lesquelles nous collaborons nous disent que l’exploitation minière responsable n’existe pas.Une citation de Viviana Herrera, coordonnatrice pour l’Amérique latine de Mining Watch Canada.

Dinamam Tuxá dit qu’une autre des grandes préoccupations de l’association autochtone qu’il représente est que le Congrès brésilien subit des pressions pour autoriser le projet minier de Belo Sun en territoire autochtone.

Par conséquent, il appelle les citoyens canadiens à s’éduquer et à exiger que les entreprises de leur pays soient tenues de rendre des comptes et soient tenues responsables.

Ils doivent exiger des garanties du gouvernement canadien que ces entreprises ne s’établiront pas dans des zones à grande biodiversité ou dans des zones autochtones où elles auront un impact important non seulement sur les peuples autochtones mais aussi sur le monde.Une citation de Dinamam Tuxá, coordonnateur général de l’Articulação dos Povos Indígenas do Brasil.

Selon cet activiste, le gouvernement brésilien et le gouvernement canadien en particulier doivent créer un mécanisme pour traquer la criminalité des entreprises en ce qui concerne l’exploitation minière.

Ainsi, il sera possible d’exiger, de la part de ceux qui investissent, une attitude sociale et environnementale qui ne favorise pas cette chaîne de destruction puisque nous en ressentons les impacts chez nous, dans les villages. Mais ce sera global à moyen et à long terme, conclut Dinamam Tuxá.

La société Belo Sun indique dans son document de présentation du projet que les communautés autochtones – sans préciser lesquelles – ont conclu et approuvé l’étude du projet en novembre 2021. Il en va de même pour la FUNAI (Fundação Nacional do Índio), un organe du gouvernement brésilien.https://ici.radio-canada.ca/rci/fr/nouvelle/1941193/reportage-autochtones-amazonie-bresil-mine-or-belo-suncanada?fbclid=IwAR1Fbb0eYHKLDO0CN4zbhCqojbJ7urGocIhZQKSGb02vzlL8GHqd-Pa08f8