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Le saccage constant des ressources naturelles au Guatemala

Depuis quelques années, les peuples et les communautés autochtones, afrodescendantes, paysannes et urbaines d’Amérique latine se trouvent menacées par l’imposition sur leurs territoires de projets de développement et d’infrastructure, également appelés projets de dépouillement, qui affaiblissent les droits et sont liés à un modèle d’exploitation de la nature qui n’a aucun point de comparaison avec les processus préalables. Face à ce modèle, de multiples formes de défense des territoires, des biens communs, des différentes cultures et des modes de vie ont vu le jour, intégrant différentes stratégies basées sur les droits humains.

Au Guatemala, ces projets englobent l’industrie minière, cimentière, les coupes d’arbres et les centrales hydroélectriques, entre autres. S’ajoute à cela la privatisation des biens qui représentent un droit humain tel que décrit par la Constitution, comme l’eau qui est non seulement touchée par l’industrie avec la fermeture des rivières, mais en plus, le peu qui est libéré est contaminé à l’arsenic et autres produits chimiques qui mettent en péril la vie de millions de guatémaltèques. Un autre de ces biens est l’énergie électrique qui a non seulement été privatisée, mais qui se voit aujourd’hui imposer des tarifs abusifs et exagérés par les entreprises, surtout dans les communautés très éloignées où la résistance s’organise depuis plusieurs années. Par contre, les leaders communautaires sont menacés, poursuivis, incarcérés illégalement et même assassinés, tel que cela arrive dans le reste de l’Amérique latine, particulièrement dans des cas récents au Honduras. Dans une entrevue réalisée par Radio Canada International il y a quelque mois, lors d’un festival musical en solidarité avec les prisonniers politiques ayant lieu dans le même pays d’où viennent plusieurs des minières installées au Guatemala, le chanteur Tito Medina, qui y était, a dit :

Le Guatemala est un pays très diversifié, il est petit. Il n’a que 16 millions d’habitants et il est deux fois plus grand que la Nouvelle-Écosse, mais le problème est que nous avons très peu accès à l’eau, car il existe des entreprises très grandes qui vont même jusqu’à dévier les rivières. Selon un rapport du journal Prensa Libre, le vice-président du pays lui-même, Jafeth Cabrera, dit que 1.4 millions de personnes, c’est-à-dire 300 mille familles, ou plus ou moins le 9% de la population va souffrir de sècheresse. Lorsque les personnes s’opposent au développement de l’industrie minière à grande échelle, pour la plupart des entreprises canadiennes, ou au développement d’entreprises hydroélectriques qui génèrent de l’énergie principalement pour les grandes usines, un conflit se créé et dans certaine zones, la conflictualité est extrême.

De plus, notre population, qui est maya, la population métisse, vit en majorité à la campagne et maintient ses formes traditionnelles de respect envers la nature. Là se joue une lutte pour l’eau comme forme de vie. Face à cette situation, l’État, de concert avec les entreprises transnationales, a développé un processus de judiciarisation à travers la persécution des dirigeants populaires qui s’opposent à l’utilisation de l’eau à des fins corporatives.

En ce moment, nous avons sept compagnons qui sont prisonniers en raison de leur défense de l’eau. Ils ont été incarcérés sous n’importe quel prétexte et ils le sont depuis plus d’un an. Le problème devient alors la soutenabilité de la famille. Il y a beaucoup de monde, beaucoup de dirigeants qui sont pratiquement sous ordre de capture et cela créé alors une grande sensation d’instabilité, car la population se sent persécutée. Ils disent « nous, tout ce que nous voulons est que vous nous laissiez vivre en paix, que vous nous laissiez utiliser nos ressources, que vous ne déviez pas les rivières et que tout le monde ait accès à l’eau ».  Guatemala a été un pays très controversé de par ses dynamiques dictatoriales et les abus qui y ont été commis par les entreprises durant plusieurs années.

Entrevue complète avec Tito Medina en espagnol seulement.