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La persécution des leaders autochtones se poursuit en Équateur

C’est avec une profonde préoccupation que nous partageons ce communiqué de la Commission œcuménique pour les droits humains de l’Équateur (CEDHU) dénonçant l’arrestation d’un leader autochtone Shuar dans le sud-est de l’Équateur. Cette arrestation fait partie d’une campagne de militarisation, de criminalisation et de déplacement forcé du peuple Shuar et des communautés paysannes affectées, dans le but d’imposer un mégaprojet minier d’extraction d’or et de cuivre sans consentement, que nous avons dénoncé en décembre dernier.

La compagnie impliquée dans les faits, ExplorCobres S.A., est une filiale de Corriente Resources, enregistrée au Canada, et de CRCC-Tongguan Investment (Canada) Co, elles-mêmes filiales du consortium chinois CRCC-Tongguan. CRCC Tongguan a fait l’acquisition de Corriente Resources et du projet Panantza-San Carlos en 2010.

Il importe également de souligner que l’ambassade canadienne en Équateur a travaillé avec des entreprises canadiennes, telles que Corriente Resources, pour faire du lobbying contre la mise en œuvre d’un décret constitutionnel, connu comme le mandat minier (mandato minero) de 2008, qui demeure en vigueur et devrait avoir mené à l’annulation des concessions minières associées au projet.

Le collectif Minka urbana, basé à Quito, a produit une courte vidéo sous-titrée en français et en anglais illustrant la situation à laquelle les Shuar et les communautés paysannes affectées font face.

Voir l’article original de MiningWatch

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Le Vice-Président de la Fédération interprovinciale des Shuar arrêté

21 février 2017

Source: Commission œcuménique pour les droits humains en Équateur (CEDHU)

Ce mardi, à environ 11h40, Claudio Washikiat, vice-président de la Fédération interprovinciale des Shuar (FISCH), a été arrêté avec un autre citoyen, dont le nom n’est pas encore connu. Les deux ont été signalés détenus dans la ville de Sucúa, à proximité du bureau de FISCH dans la province de Morona Santiago, et ont été emmenés dans la ville de Gualaquiza en vue d’une audience pour prendre connaissance des chefs d’accusation qui pèsent contre eux.

Malgré la fin le 15 février d’un état d’exception (l’imposition de la loi martiale) ayant duré deux mois dans la province, le gouvernement national continue de réprimer et de persécuter les leaders du peuple Shuar. C’est une arrestation de plus qui s’ajoute au cas de plusieurs autres ayant été arrêtés et soumis à des procédures légales s’inscrivant dans une tentative de les rendre responsables d’actes de violences provoqués par l’État dans cette région. Soulignons, parmi d’autres, le cas du président de la FISCH Agustín Wachapá, qui a été arrêté dans la prison régionale de Latacunga.

Alors que l’attention médiatique en Équateur se centre sur les élections, en attendant les résultats finaux (les élections nationales auront lieu dimanche), nous dénonçons la poursuite par le gouvernement national d’une politique de persécutation des défenseur.e.s des droits humains opposé.s. à l’extraction minière et à la militarisation des territoires autochtones et des communautés paysannes. À ce jour, cela a signifié le déplacement forcé de deux communautés Shuar, Nankints et Tsuntsuim, en faveur des activités minières d’ExplorCobres S.A. (EXSA), filiale du consortium chinois CRCC-Tongguan Investment.

Il faut souligner que la compagnie n’a pas mené de consultation préalable au sein des territoires autochtones, qu’elle ne dispose pas de légitimité sociale avec les communautés autochtones et paysannes affectées, et qu’elle ne respecte pas les dispositions du mandat minier de 2008, en vertu duquel les concessions minières auraient dû être annulées, notamment en raison de leur empiètement avec les sources d’approvisionnement en eau, et de la possession de plus de trois concessions.

Nous tenons l’État équatorien responsable de l’intégrité physique de Claudio Washikiat et de l’autre personne ayant été arrêtée. Nous dénonçons également les irrégularités entourant l’arrestation des leaders autochtones qui défendent leurs droits territoriaux.