AccueilNouvellesLa communauté autochtone Quechua de Huatacondo demande la révocation du permis environnemental de la mine Quebrada Blanca

La communauté autochtone Quechua de Huatacondo demande la révocation du permis environnemental de la mine Quebrada Blanca

Source: Comunidad Indígena Quechua de Huatacondo (CIQH)

Image: El Mostrador

Le 9 décembre dernier, l’entreprise a déposé sa proposition pour la surveillance conjointe des ressources hydriques dans les cols (quebradas) de Choja et Maní, ainsi que sa proposition pour les termes de référence pour un plan de développement agricole et d’élevage pour la communauté.

Communiqué CIQH, 6 février 2017

La communauté autochtone Quechua de Huatacondo (CIQH) a dénoncé à  la surintendance de l’environnement de graves manquements de l’entreprise minière Teck aux accords contractés dans le cadre de la RCA N° 72 de la Commission d’évaluation environnementale de Tarapacá. Le 9 septembre 2016, cette dernière avait autorisé l’étude d’impact environnemental (Estudio de Impacto Ambiental, EIA) sur le projet “Actualización del proyecto Minero Quebrada Blanca”.

L’entreprise s’était ainsi engagée à présenter, dans un délai de trois mois à compter de la date d’autorisation environnementale, une proposition pour un plan de surveillance des ressources hydriques sur le territoire ancestral. Par ailleurs, par le passé, les lieux avaient été occupés par la CIQH (les cols de Choja et Maní). Le plan devait donc considérer la mesure de la quantité et de la qualité de l’eau de quatre fosses situés dans la zone d’activités agricoles de la Communauté et dans les sources de la Quebrada Choja.

Ainsi, Teck s’est engagé à financer le design d’un plan de développement agricole et d’élevage pour la CIQH, et à présenter en même temps les termes de référence.

Il convient de préciser que ces engagements, établis dans le cadre d’un protocole d’accord incorporé au rapport final et au rapport consolidé d’évaluation du projet (Informe Consolidado de Evaluación, ICE), sont considérés comme une partie intégrante de la RCA. Ainsi, son non-respect implique une transgression des conditions qui entourent l’autorisation de l’EIA de l’entreprise.

Ce manquement constitue “une faute très grave qui viole les droits internationaux ratifiés par la législation chilienne (Convention 169 de l’OIT)”, signale la dénonciation présentée à SMA. La dénonciation ajoute que cette situation, en plus de générer des dommages importants, engendre une grande méfiance au sein de la communauté, qui considère que Teck a obtenu la RSA de manière frauduleuse.

Pour ces raisons, la communauté demande que la Loi sur les entreprises soit appliquée de manière stricte, compte tenu des manquements graves aux obligations environnementales et sociales de l’entreprise dictées par la RSA. Elle demande également la suspension des opérations d’expansion de l’entreprise Teck jusqu’à ce que lesdites obligations soient soumises aux normes de la RSA.

De plus, compte tenu de la gravité des dommages “permanents” générés par ces manquements, la communauté incite fortement la Surintendance fiscale à déposer des accusations et à imposer des amendes contre l’entreprise le plus rapidement possible et ce, sans préjudice des actions menées par la société civile pour obtenir une indemnisation pour dommages et intérêts.

L’avocat de la communauté, Alonso Barros, a également déclaré que la décision de “dénoncer la compagnie minière Teck à la SMA fait suite à la série de manquements graves de l’entreprise à ses accords avec la SEA et la communauté pour le projet d’actualisation de Quebrada Blanca. En effet, les préjudices sont extrêmement graves pour la communauté puisqu’ils concernent un épisode important de pollution et ce, malgré la surveillance exercée par la RSA de QB1”.