HomeCommuniquéDÉCLARATION CONCERNANT L’IMPOSITION D’UN VISA CANADIEN AUX MEXICAINES ET AUX MEXICAINS

DÉCLARATION CONCERNANT L’IMPOSITION D’UN VISA CANADIEN AUX MEXICAINES ET AUX MEXICAINS

Vingt-sept organisations internationales et canadiennes et plus de 270 individus et activistes soutiennent la déclaration concernant l’imposition par le gouvernement canadien de visas canadiens pour les Mexicains.
Nous remercions ceux qui se sont joints à cette initiative du Comité pour les droits de humains en Amérique latine et le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.

Voir tout la déclaration

Suite à l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile mexicains au Canada, le gouvernement fédéral canadien, sous la pression des États-Unis et du gouvernement provincial du Québec, a réimposé l’obligation de visa d’entrée aux ressortissants mexicains, depuis le 29 février 2024 dernier. Cette mesure aura sans aucun doute un impact sur les personnes en quête d’un refuge et d’une vie paisible. C’est pourquoi les activistes et les organisations de défense des droits humains prennent position contre cette récente mesure. Ils soulignent la responsabilité du Canada dans la crise économique, sociale et de sécurité mexicaine, d’autant plus que le Mexique est l’un des partenaires commerciaux du Canada dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain.

La responsabilité du Canada dans la crise économique et sociale mexicaine depuis la signature de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA)

Depuis la signature de l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique en 1994, l’économie mexicaine est en déclin, en raison de décisions commerciales et politiques imposées qui ont fait du Mexique un partenaire faible de l’ALENA. Les industries canadiennes ont bénéficié de cet accord de manière inégale pour obtenir une main-d’œuvre bon marché, sans garantir de bonnes conditions de travail aux Mexicains. De nombreuses industries mexicaines ont également été démantelées, ce qui a entraîné du chômage et une augmentation de l’économie souterraine.

La population rurale est la plus touchée par l’ALENA: la réduction des aides à l’agriculture mexicaine a entraîné la destruction des campagnes. Les meilleures terres ont été laissées aux monopoles internationaux, spécialisés dans les produits agro-exportés, qui approvisionnent le marché canadien1. Cette situation a eu un impact sur la souveraineté alimentaire et la nutrition de la population mexicaine. L’agro-industrie a entraîné l’épuisement des sols fertiles, la déforestation, l’accaparement des terres et la pollution de l’eau par les produits agrochimiques utilisés dans l’industrie. La pauvreté a alors explosée dans les zones rurales, faisant de la migration un moyen alternatif de survie.

Nombre de nos concitoyens ont été contraints d’émigrer dans le cadre des programmes de travailleurs étrangers temporaires (PTET) ou des programmes de travailleurs agricoles temporaires (PTAT). Les conditions d’esclavage moderne dans lesquelles ils travaillent ont été dénoncées, vérifiées et documentées2. Les conditions inhérentes au fonctionnement de ces programmes font qu’une personne qui souffre déjà d’exploitation au travail se retrouve dans une situation d' »illégalité », avec le risque d’être expulsée et de vivre dans un état d’isolement et de clandestinité, passant de l’exploitation à la surexploitation3.

Toutefois, les étudiants et les travailleurs agricoles saisonniers sont exemptés de cette nouvelle mesure imposée au Mexique. Pendant la pandémie, la sécurité alimentaire du Canada a été menacée. Cela démontre la nécessité de recourir à une main-d’œuvre temporaire et précaire.

Dépossession, migration forcée et violence liées à l’industrie minière canadienne et au crime organisé

L’industrie minière canadienne a été l’un des principaux bénéficiaires de l’accord de libre-échange; 74 % des concessions d’exploration minière au Mexique sont aux mains de sociétés canadiennes. Les méthodes violentes par lesquelles cette industrie s’est imposée sont bien documentées. Les compagnies minières canadiennes sont responsables de nombreuses violations des droits humains, de la pollution de l’environnement, ainsi que du développement de conflits communautaires internes et de la violence liée au crime organisé. L’assassinat de Mariano Abarca à Chicomuselo, au Chiapas, en 2009, et la relation entre le crime organisé, les compagnies minières et le soutien de l’ambassade canadienne à leurs entreprises en sont des exemples. Un autre cas est celui de la compagnie minière Peñasquito dans l’État de Zacatecas, dirigée par Goldcorp, qui, pour son expansion et sa consolidation, s’est appuyée sur le crime organisé en intimidant et en déplaçant la population. Elle s’est emparée non seulement du territoire, mais aussi du patrimoine familial.

Le lobbying des compagnies minières au Mexique a permis aux entreprises de payer moins d’impôts, en partie grâce à la corruption à laquelle les fonctionnaires mexicains ont consenti. De leur côté, les institutions canadiennes chargées de la responsabilité sociale des entreprises et le bureau du médiateur des peuples, bien que conscients des violations des droits humains commises par les entreprises, agissent avec indifférence et sans prendre de mesures punitives à l’encontre de ces dernières. Tout ceci a contribué au déplacement forcé de populations entières, à la prolifération des conflits sociaux et à l’insécurité au Mexique.

La violence au Mexique, cause de migration forcée

Depuis 2000, le Mexique est reconnu comme l’un des premiers pays au monde à générer de la migration, et cette situation s’est aggravée depuis la guerre contre le trafic de drogue décrétée par les anciens présidents Felipe Calderón et Enrique Peña Nieto. Cette guerre et la stratégie actuelle de lutte contre l’insécurité ont fait près de 350 000 morts entre 2006 et 2021 et plus de 72 000 disparus4. Dans ce contexte de violence, la situation des femmes et des jeunes filles est déchirante: chaque année, plus de 3 000 femmes sont assassinées, et les violences vont des agressions sexuelles aux féminicides.

La stratégie militaire adoptée par le gouvernement pour lutter contre l’insécurité s’est traduite par la mobilisation de 150 000 soldats de l’armée et de la Garde nationale. Ces soldats, initialement actifs dans les rues, se sont convertis en bâtisseurs de grands travaux publics et en gardiens de ports et de douanes, qui font mur face aux flux migratoires. Cette situation a de redoutables répercussions sur les droits humains de la population civile, car de graves abus ont été signalés. Les organes civils chargés de punir et de contrôler les militaires restent absents.

Nous pensons que cette situation est bien connue du gouvernement canadien : celui-ci a joué le rôle de conseiller militaire dans la stratégie de guerre au Mexique. Il est pratiquement impossible, étant donné le type de relations que le Canada entretient avec le Mexique, que le gouvernement canadien ne soit pas au courant de la situation réelle dans ce pays. Le Canada la connaît parfaitement, mais se tait et se cache pour préserver ses intérêts économiques au Mexique.

D’autre part, il existe un discours faux et hypocrite selon lequel nous, Mexicains, représentons un danger pour la sécurité du Canada dû à l’arrivée des cartels. Cependant, il n’est pas fait mention des mafias canadiennes, telles que le Wolfpack, et de leurs alliances avec ces organisations criminelles, qui opèrent avec et sans visa, en utilisant des méthodes sophistiquées par le biais d’Internet5. On ne parle pas non plus de la grande corruption qui sévit parmi les élites canadiennes, ces acteurs principaux qui sont les grands consommateurs et qui, en fin de compte, leur permettent d’entrer, de trafiquer et d’opérer en toute impunité.

Parallèlement, l’augmentation de la traite d’êtres humains au Canada est liée aux politiques migratoires de main-d’œuvre non libre (par le biais des programmes pour les travailleurs d’outre-mer (PTET)) et à la précarité qui touche la population immigrée et migrante. Les pratiques de traite d’êtres humains, d’esclavage et de travail forcé sont liées au flux de personnes cherchant à franchir la frontière canado-américaine, ainsi qu’aux pratiques abusives subies par les migrants qui restent et travaillent au Canada. Ce dernier doit donc assumer la responsabilité directe de ce phénomène par le biais de ses politiques migratoires.

Le rôle des demandeurs d’asile dans la vie économique canadienne

Les demandeurs d’asile au Canada, qui ont migré de force à la recherche de meilleures conditions de vie, sont le produit de la violence, de la dépossession, de l’inégalité économique, du manque d’opportunités, de l’extraction des ressources et de l’impunité au Mexique.

Cependant, le rêve canadien est souvent terni par les conditions de vie précaires auxquelles font face les travailleurs mexicains. Ils constituent une partie essentielle de l’économie canadienne, occupant principalement des emplois considérés comme essentiels ou se trouvant à la dernière étape des chaînes de production industrielle. Leur travail est souvent effectué dans des conditions précaires, ce qui nuit à leur expression juste et à leur bien-être.

Les possibilités de travailler dans un domaine professionnel propre au travailleur sont limitées et exigeantes. Les travailleurs sont incorporés dans des emplois peu qualifiés. Leur capacité et la contribution qu’ils peuvent apporter à la société canadienne sont alors gaspillées.

En ce qui concerne la crise du logement au Canada, les Mexicains sont confrontés à des abus constants de la part des propriétaires. Par crainte de perdre leur chambre, ils ne font souvent pas valoir leurs droits. Les familles de demandeurs d’asile ne reçoivent pas d’allocations familiales pour la garde d’enfants. Celles-ci permettraient aux parents de travailler et de maintenir la sécurité et la protection de leurs enfants. En outre, les familles reçoivent des conseils juridiques inefficaces de la part d’avocats mal formés.

Ceci influe sur leur capacité à poursuivre ou à gagner un procès. Leur futur dépend des avocats: vont-ils maintenir un statut régulier avec accès à la sécurité sociale ou vont-ils devoir vivre sans statut, dans la clandestinité et sans accès aux droits fondamentaux tels que la santé, l’éducation et le travail, exposant ainsi leur vie et celle de leur famille à des abus constants?

Les impacts de l’imposition du visa sur la vie des personnes et la position diplomatique du Mexique vis-à-vis du Canada

Les impacts négatifs de l’imposition du visa n’affectent pas seulement la population qui demande l’asile, mais ont également divers effets collatéraux. De plus, les conditions d’obtention du visa sont excluantes et discriminatoires, notamment au niveau de la classe sociale.

Cette imposition s’inscrit dans un ensemble de réformes de l’immigration qui perpétuent le colonialisme en Amérique du Nord. Ces réformes portent atteinte aux droits humains et restreignent l’intégration des Mexicains dans la vie économique et académique du Canada, notamment celle des nouveaux travailleurs qualifiés et des étudiants. De plus, ce visa restreint le droit au regroupement familial pour la population mexicano-canadienne.

Afin de protéger les Mexicaines et les Mexicains au Canada, nous refusons de passer sous silence la position tiède et faible du gouvernement mexicain de la Quatrième Transformation, vis-à-vis du gouvernement de Justin Trudeau. Cette politique d’indifférence et de manque de reconnaissance de la part du gouvernement mexicain envers les Mexicains, qui existent et résistent au Canada, n’est pas différente de celle des administrations précédentes. En effet, citons l’exemple du silence de l’ambassade du Mexique au Canada et des consulats mexicains qui, conformément à cette politique nationale (et préoccupés par les prochaines élections présidentielles), ne se sont pas prononcés sur la décision d’imposer des visas aux Mexicains. Ils connaissent pourtant les implications de cette mesure pour la population qui est déjà au Canada ou celle qui veut y venir, principalement pour fuir le climat de tension et de violence qui est généré avant les élections6.

L’imposition de visas est une violation directe de la Déclaration universelle des droits humains et ne contribue pas à garantir l’équité entre les personnes de différentes nationalités; au contraire, elle accroît les inégalités et les conditions de vulnérabilité de milliers de personnes. La demande d’asile est un droit humain et les gouvernements des pays qui peuvent offrir des conditions de sécurité et de vie digne devraient mettre en œuvre des politiques publiques qui garantissent un transit digne à travers les frontières, sans mettre en danger la vie des personnes.

C’est pourquoi nous invitons le gouvernement canadien à annuler l’obligation de visa pour les Mexicaines et les Mexicains.

Montréal, Canada – 20 mars 2024

Organisations

  • Comité pour les droits Humains en Amérique latine / Montréal, Canadá 
  • Immigrant Workers Center / Montréal, Canada
  • Journal des Alternatives – Plateforme altermondialiste
  • Alliance Internationale des Migrants, Chapitre Canadá
  • Conseil Migrant
  • Solidarité sans frontières
  • Migrante Québec
  • PINAY 
  • Centre d’Appui aux Philippines
  •  Ligue internationale de lutte des peuples (ILPS-Canada)
  • Comité Québec con Ayotzinapa
  • Carrefour international bas-laurentien pour l’engagement social (CIBLES) / Rimouski, Canada
  • Association générale étudiante du campus de Rimouski de l’UQAR (AGECAR)
  •  Centre-Femmes du Grand-Portage, Rivière-du-Loup, Canada
  • Solidarité sans frontières-Sherbrooke
  • Le mouvement contre le viol et l’inceste, Montreal, Canada
  • MIREDES Internacional
  •  CALACS de l’Est du BSL, Rimouski, Canada
  • Clinique juridique Solutions Justes – Mission communautaire de Montréal
  • MiningWatch Canada
  • Clinique pour la justice migrante 
  • PASC – Projet Accompagnement Solidarité Colombie 
  • Inter Pares, Ottawa, Canada 
  • Comisión de Derechos Humanos y Laborales del Valle de Tehuacán,México.
  • Le Droit de vivre en paix Montréal/El derecho de vivir en paz –  Montreal, Canada
  • RED AIDDHF – Red Antirepresiva
  • Colectiva Tribu- Montreal, Canada 

Personnes individuelles ou affiliées à des institutions

  1. Rosalinda Hidalgo – CDHAL
  2. Tennessee Maciol  –  CDHAL
  3. Viviana Medina / CTTI
  4. Noémie Beauvais – CTTI
  5. Cheolki Yoon (Université Saint-Paul)
  6. Carole Yerochewski – CTTI
  7. Elise Maciol
  8. Ronald Cameron
  9. Florian Freuchet – CTTI
  10. Moutaa Amine El Waer
  11. IsaBelle Couillard
  12. Eloy Rivas Sánchez
  13. Salma Houaichi – CTTI
  14. Christophe Cinq-Mars
  15. Isabelle Neyret
  16. Daniel Fernandez
  17. Giuliana Fumagalli – ex-mairesse Villeray-St-Michel-Parc-Extension
  18. Carlos Rojas
  19. Muzhgan Haydary
  20. Freda Guttman
  21. Paola Chavez
  22. Nina Gonzalez – Comité des femmes du CTTI
  23. Lucio Castracani
  24. Annabelle-Lydia Bricault-Boucher – CDHAL
  25. Blanca Espinoza
  26. Vincent Chevarie
  27. Ivan Verbeone Luna
  28. Jonathan Thisselmagan Schuld
  29. Karyna Román
  30. Manuel Salamanca Cardona
  31. Gustavo Pineda
  32. Marie-Pierre Boucher, UQO et GIREPS
  33. Fabiana Medina, Universidad Autónoma de la Ciudad de México
  34. Adath Gutierrez
  35. Andrea Chávez Villegas
  36. Laurence Hamel-Roy
  37. Hyesun Ko, Institut Roi Sejong à Montréal
  38. Olivier Rafélis de Broves, Université Laval
  39. Francis Lagacé, syndicaliste retraité
  40. Eric Shragge, Président du CA,  CTTI
  41. Emmanuel Chaput, Cégep André-Laurendeau
  42. Lucille Roy, CLEF Mitis-Neigette
  43. Solenne Séguin
  44. Martin Gallié, UQAM, GIREPS
  45. Geneviève Messier
  46. Florence Tiffou
  47. Mouloud Idir, Secteur Vivre ensemble / Centre justice et foi
  48. Étienne Levac – CDHAL
  49. Raphaël Laflamme, Centre des travailleurs immigrants
  50. Aurélie Etienne, University of Toronto
  51. Valérie Babin
  52. Élyse Champagne
  53. Derry Valdes
  54. Sarah Múnera Carteau – alliée CDHAL
  55. Israel Valencia Vázquez
  56. Alberto Esquivel
  57. Dagoberto H-Acevedo
  58. Mélanie Rheault
  59. François Paré
  60. Maura Cabrera
  61. Émilie Duchesne
  62. Lucie Disquin
  63. Victor Rivera Romero
  64. Rocío Barba Fuentes
  65. Ceyleth Silva
  66. Tony de Jesus – ICHRP Québec
  67. Carla Ayala
  68. Anne Latendresse, professeure, département de géographie, UQAM
  69. Marcela Escribano
  70. André Vincent
  71. Didier Zúñiga – University of Alberta
  72. Sergio Vazquez
  73. Karla Meza
  74. Horacio Sánchez Hernández
  75. Isabel Altamirano Jiménez, University of Alberta
  76. Alejandra Bejarano / UQAM
  77. Émilie Laliberté
  78. Marie-Dominik Langlois, doctorante, PhD student
  79. Leila Celis / Profesora UQAM
  80. Jorge Amezquita
  81. Raphaèle Vallières
  82. Cayen Tremblay Rodriguez \ Responsable aux affaires sociopolitiques, AGECAR,
  83. UQAR
  84. Laurie Tatibouët | Agente de développement en immigration et citoyenne de la MRC des Basques
  85. Bertrand Guibord / CCMM-CSN
  86. Marceline St-Pierre Allaire
  87. Katherine Ruault
  88. André Frappier
  89. Éric Dubois, conseiller syndical, Bas Saint-Laurent
  90. Christine Nugent -Simcoe County Honduras Rights Monitor(SCHRM)
  91. Brigitte Beaudet
  92. Benoit Scowen, conseiller syndical CSN
  93. Fernanda Sigüenza-CDHAL
  94. Norma Rantisi, professeure, Université Concordia
  95. Belén Matus Sánchez
  96. Jair Alberto Proa Águila
  97. Jérémy Lagacé / UdeM
  98. Roberto Miguel Nunez Uriostegui.
  99. Amelia Orellana, traductrice-interprète
  100. Karla Aguilera
  101. Maximiliano Ferreira
  102. Aurora Ferreira
  103. Luis Alberto
  104. Ann De Léon – University of Alberta
  105. Émilie Pelletier
  106. Rama Diallo
  107. María José Espejo
  108. Rouget Anthony – Clinique juridique Solutions Justes
  109. Marta Pereira – Clinique juridique Solutions Justes
  110. Liên-Hoa Vertu Tran
  111. Viviana Herrera
  112. Mónica Soto
  113. Rita Acosta / MCVI
  114. Rabih Jamil – UDEM, GIREPS
  115. Hayko Tanaka
  116. Harrold Babon – Clinique pour la justice migrante (CJM)
  117. Marialejandra Reyes – Expansion Works Learning & Project Management
  118. Emin Youssef – Clinique pour la justice migrante (CJM)
  119. Julie-Anne Desnoyers – Clinique pour la justice migrante
  120. Sylvie Tremblay
  121. Francia Hidalgo
  122. Lauren Lallemand
  123. Rosmery Ortiz Tapia
  124. Jesús lizarraga
  125. Griselda Pérez
  126. María Jiménez García
  127. Marie-Èveline Touma
  128. Annick Legault, Clinique pour la justice migrante (CJM)
  129. Maria-Ines Calderon-Preza
  130. Paula Nevares Waisman
  131. Myriam Cloutier
  132. Paul Anthony Clarke- Clinique juridique Solutions Justes
  133. Éva Mascolo-Fortin
  134. Amel Zaazaa, L’Observatoire pour la justice migrante (OPLJM)
  135. Judith Brisson (bénévole retraité du Comité pour la justice sociale de Montréal)
  136. Jessica Olmeda
  137. Armando Morán
  138. Teresa Guardado
  139. Marie-Eve Marleau, CDHAL
  140. Julio Lara
  141. Flora Ramde
  142. Inti Naxhielii Barrios Hernández
  143. Guillaume Manningham
  144. Homero Mendoza Sánchez
  145. Samantha Barrera
  146. Andrea Monserrat Flores.
  147. María Fernanda Velasco Zúñiga
  148. Edwin Alberto Olivas Quevedo
  149. Fátima Olmeda
  150. Juan Pablo Olmeda
  151. Dulce Olmeda
  152. Martin Olmeda
  153. Bianca Olmeda
  154. Francisco Plascencia
  155. Lucero Morán
  156. Ana Morán
  157. Juan Morán
  158. Ezequiel Guardado
  159. Juan Guardado
  160. Guadalupe Guardado
  161. Monserrat Macías
  162. Alejandro Macías
  163. Nazareth Macias
  164. Manuel Macías
  165. Edgar Macías
  166. Adán Macías
  167. Ángel Macías
  168. Dulce Macías
  169. Salvador Macías
  170. Lourdes Yesenia González Márquez
  171. Jorge Luis Cuéllar Corona
  172. Brenda Pacheco Pérez
  173. Carmen Villalobos
  174. Karen Silva
  175. Julissa Esquivel
  176. Mónica Dávalos
  177. Melissa Duran
  178. Juan García Martínez
  179. Irma Teresa Martínez
  180. Julio César Chávez
  181. Sonia Ramírez Ortega
  182. Erika Paredes
  183. Jaqueline Álvarez
  184. Goretty Orozco
  185. Yesenia Paredes
  186. Daniela Vallejo
  187. Ruth Ornelas
  188. Esthela Martínez Pérez
  189. María Guerra Duran
  190. Carolina Ruiz Álvarez
  191. Elizabeth Ramírez
  192. María García Saldaña
  193. Miguel Padilla Aguilera
  194. Eliza Martínez Contreras
  195. David Reyes Martínez
  196. Daniel Alejandro Díaz duarte
  197. Anahí Gutiérrez Duran
  198. Fátima Valdivia Moreno
  199. Carmen Mendoza Ramírez
  200. Anahí Villalobos Silveria
  201. Jazmin Guzmán Guillen
  202. Roció Pérez Guerrero
  203. Rubén Moran Morán
  204. Christine Brault, doctorante – UQAM
  205. Javiera Araya Moreno
  206. Marc-Olivier Ducharme
  207. Julien Boumard Coallier
  208. Amélie Nguyen – CISO
  209. Andrea Ahumada – Colectiva Tribu
  210. Marucia Ahumada – Colectiva Tribu
  211. Priscila Opazo – Colectiva Tribu
  212. Angela Damaso – Colectiva Tribu
  213. Elyane Forest – Colectiva Tribu
  214. Geneviève Marion-Séguin
  215. Amelia Moreno Suarez
  216. Véronique Lebel Bilodeau
  217. William Soberon Guevara – SUTPECOS – PERU
  218. Sally Meyer
  219. José Luis Matus Gómez
  220. Silvia Sánchez Castro
  221. Susana Ponte Rivera (CTTI)
  222. Jen Moore, Institute for Policy Studies – Global Economy Program
  223. Alejandra Chimal
  224. Alan Matus Sánchez
  225. Vianey Torres
  226. Ronald Arias Guerrero
  227. Flavie Achard (Nouveaux Cahiers du socialisme)
  228. Salomé Neyret
  229. Noémie Guay
  230. Kermani touag
  231. Virginia lizarraga
  232. Ramón lizarraga
  233. Tere lizarraga
  234. Yadira lizarraga
  235. Rubén lizarraga
  236. Santiago fonseca
  237. Loreto Morales- Alliance for Gender Justice in Migration
  238. Gustavo morales lara
  239. Veronica Audrey Crespo
  240. Véronique Hannoyer
  241. Océane Leroux-Maurais
  242. Gladys Calvopina
  243. Lucy Granados – ATTAP-CTI
  244. Cristian Ruiz Faundes
  245. Hubert Pineault
  246. Nicolas Gervais
  247. Mamadou Konate
  248. Maria Jimena Garcia
  249. Diana Hernandez
  250. Yamileth Valverde
  251. Alonso Martinez P.
  252. Avtar Singh
  253. Beatriz Muñoz
  254. Laura Guerrero
  255. Carlota Caamano
  256. Harish Sachdeva
  257. Niel La Dode
  258. Marie-Sophie Villeneuve
  259. Ingrid Sanchez Gonzalez
  260. Valeria Sanchez Gonzalez
  261. Lorena Sanchez Gonzalez
  262. Dafne Sanchez Gonzalez
  263. Fatima Bontefoussa
  264. Kenny Moreno
  265. Colin Chevalier-Forget
  266. Mohit Sbar
  267. Barbara Saldana
  268. Martin Saldana
  269. Giovanna Saldana
  270. Beatriz Torres Beristain
  271. Camille Nepveu
  272. AMÉLIE GAUTHIER
  273. Isabel Orellana
  274. Samara Valdovinos
  275. Diana Correa
  276. Yader Martinez
  277. Laura Montiel

5 https://www.infobae.com/america/mexico/2021/12/15/el-wolfpack-la-alianza-criminal-entre-el-cartel-de-sinaloa-y-las-mafias-canadienses-que-cambio-el-negocio/

6 Depuis le début du processus en novembre dernier et jusqu’au 6 mars, au moins 23 homicides de maires, de candidats, de conseillers et de politiciens inactifs ont été documentés. Parmi eux, 13 étaient candidats aux élections du 2 juin. http://www.elfinanciero.com.mx/elecciones-mexico-2024/2024/03/06/cuantos-candidatos-han-sido-asesinados-en-el-proceso-electoral-y-quienes-son/