AccueilNouvellesBrésil : 5 ans après la rupture du barrage Fundão, les personnes affectées n’ont pas encore reçu de réparations.

Brésil : 5 ans après la rupture du barrage Fundão, les personnes affectées n’ont pas encore reçu de réparations.

Le 5 novembre 2020, cela fera cinq ans que le barrage de Fundão à Mariana s’est effondré, détruisant tout le bassin du fleuve Doce et la côte de Capixaba, l’un des plus grands crimes socio-environnementaux de l’histoire du pays. Bien que tant d’années se soient écoulées, les sociétés Samarco, une joint-venture entre Vale et BHP Billiton, n’ont pas été tenues pour responsables par l’État brésilien. En fait, les gouvernements des États et le gouvernement fédéral, ainsi que le pouvoir judiciaire, ont été complices de toutes les violations des droits humains qui ont eu lieu ce triste 5 novembre, et qui se sont aggravées et sont devenues plus complexes avec le temps.

Nous sommes arrivés à 5 ans sans aucune réinstallation des quatre communautés complètement détruites. Les entreprises ont été dégagées de leur responsabilité pénale pour les 19 décès, laissant les crimes légers qui ont tendance à prescrire. À ce jour, nous ne connaissons pas le nombre exact de personnes touchées ni l’ampleur des dommages sociaux et environnementaux causés. Aucune des études de contamination n’a permis de tirer des conclusions. Les gens continuent à boire de l’eau contaminée, à avoir des maladies physiques et mentales, et à être anxieux d’être ou d’être reconnus comme affecté.e.s.

En pleine pandémie, avec les dommages causés à la sécurité alimentaire par la criminalité, de nombreuses familles sont en situation de faim, elles comptent sur la solidarité et le soutien du MAB pour la livraison de paniers de nourriture de base. Entre-temps, les entreprises ont profité de la crise sanitaire, dans laquelle la mobilisation physique n’est pas possible, et ont mis en place un plan pour revenir sur les droits acquis dans l’affaire. En mars, ils ont annoncé qu’ils ne paieraient pas les services de conseil technique déjà approuvés par le tribunal, qui permettaient de soutenir les personnes concernées pour la mobilisation et l’information assurant une participation qualifiée. Ils ont fait pression sur les communautés pour demander la fermeture du registre, c’est-à-dire pour délimiter l’univers des personnes touchées même sans avoir d’études sur l’étendue des dégâts. Ils ont annoncé la réduction de l’aide financière d’urgence, qui a heureusement été annulée grâce à la lutte populaire. Ils ont essayé de lever l’interdiction de la pêche, affirmant qu’il n’y avait pas de problèmes de boue sur la côte, et plus récemment ont présenté des études pour la non-reconnaissance des zones côtières.

 

Source et photo: Movimento dos atingidos por barragens – MAB 

Pour plus d’informations sur le sujet :

Des entreprises minières augmentent leurs profits tandis que les victimes de leur crime n’ont pas encore reçu des compensations – 12 novembre 2019

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