AccueilNouvellesAu Canada, le peuple autochtone Anishinabe maintien des barrages routiers pour protester contre la chasse à l’orignal sans discernement

Au Canada, le peuple autochtone Anishinabe maintien des barrages routiers pour protester contre la chasse à l’orignal sans discernement

La nation autochtone des Anishinabes a déjà poursuivi le gouvernement de la province de Québec, Canada, d’innombrables fois pour mettre fin à la chasse sportive de l’élan. L’élan est sacré pour le peuple Anishinabe, qui signale depuis des années que le nombre d’animaux diminue rapidement.

Le gouvernement continue cependant à autoriser la chasse en tant que sport. Au cours des dernières semaines, le peuple Anishinabe a décidé de fermer plusieurs routes, en utilisant des camions et en campant sur les routes menant aux sentiers de chasse de la réserve faunique de Vérendrye .  

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, dit avoir fait des efforts, en réduisant de 30 % les permis de chasse pour le sport. Il estime également que seulement 4 % des animaux collectés proviennent de la chasse sportive.

Mais pour le peuple Anishinabe, les dommages causés par les chasseurs sportifs sont beaucoup plus importants. L’élan est la principale source de nourriture pour les communautés qui utilisent toutes les parties de l’animal. Les chasseurs, par contre, veulent parfois prendre juste la tête comme un trophée. En outre, les non-autochtones tuent les femmes et même les veaux

Selon Shannon Chief, l’un des leaders indigènes des blocus anti-chasse, elle affirme que la nation entière consomme 25 animaux par an, alors que les chasseurs tuent jusqu’à 90 élans en seulement quatre semaines de la saison. 

L’association des chasseurs du Québec a intenté une action en justice contre les blocages. Le chef Shannon espère que la décision du juge, qui sera rendue dans les prochaines heures, respectera l’autodétermination de la nation anishinabe. 

La police québécoise est venue ici et m’a demandé combien de personnes se trouvaient au barrage. D’après ce que j’ai compris, la police a vu que nous sommes des gens pacifiques. Cela dépend vraiment de la façon dont le juge voit la situation, en considérant les deux parties. Eh bien, les chasseurs non indigènes disent que nous sommes violents et que nous les intimidons. Mais ce n’est pas ce que nous faisons ici. Nous voulons juste affirmer notre position pour protéger l’élan. Le Québec n’a pas de plan de gestion, il faut donc en tenir compte avant d’autoriser les chasseurs à venir ici. Voyons ce qui va se passer. Certaines personnes peuvent devenir des proies, surtout si le juge décide qu’elles vont démolir nos blocages. Il va donc y avoir un conflit ici, je pense. Cependant, lors de l’audience, il semble que tout nous soit favorable et je l’espère vraiment. 

Du Canada, rapporte Jessica Ramos du Comité pour les droits de l’homme en Amérique latine, CDHAL.

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