AccueilNouvellesDes arrestations et des blessés lors de la violente expulsion du COPINH devant la Maison présidentielle

Des arrestations et des blessés lors de la violente expulsion du COPINH devant la Maison présidentielle

Le président Juan Orlando Hernández a ordonné l’expulsion violente d’environ 150 personnes membres du Conseil civique d’organisations populaires autochtones du Honduras, le COPINH, à 5h40 du matin ce lundi 9 mai 2016. Des effectifs de la police préventive, de la Police Militaire et de l’Ordre public leur ont lancé des bombes lacrymogènes au moment où ils arrivaient pacifiquement à la Maison présidentielle pour demander que lumière soit faite sur la mort de leur Coordinatrice générale, Berta Cáceres.

Bien que le crime se soit produit il y a plus de deux mois, il n’y a eu que quatre suspects impliqués physiquement mis en prison pour ce crime, mais le COPINH, la famille et la communauté nationale et internationale demandent que des actions soient prises contre les responsables intellectuels ayant ordonné le crime et qui font partie de l’entreprise hydroélectrique Desarrollos Energéticos, S.A., (DEDA), soit des politiciens et des entrepreneurs.

Tomás Gómez, coordonnateur actuel du COPINH, a dénoncé que lui-même ainsi que plusieurs de ses compagnons ont été frappés par la police qui leur a également lancé une grande quantité de gaz lacrymogène, affectant des enfants, des aînés et d’autres personnes qui étaient seulement venus afin de demander justice.

« Nous souhaitons que tous les auteurs matériels ou intellectuels du crime soient punis, ainsi qu’un des principaux coupables de l’assassinat de notre camarade, Juan Orlando Hernández (le président). Il y a des intérêts économiques et politiques derrière le crime commis contre notre camarade Berta,» a dit Gómez.

Il a ajouté qu’il y a une concentration de réservistes présente à la Maison présidentielle et que lorsque plusieurs membres du COPINH ont réussi à passer la sécurité, ils ont ensuite été réprimés alors qu’ils se trouvaient près de l’entrée de la maison présidentielle. «Ce que nous souhaitons, c’est que Juan Orlando Hernádez suspende tous les contrats qui donnent un feu vert à la dépossession des autochtones de leurs territoires.»

Un groupe qui s’est joint à la manifestation était composé d’autochtones en provenance de Santa Elena, La Paz, où la vice présidente du Congrès national, Gladys Aurora López, et son mari ont au moins deux projets hydroélectriques, parmi lesquels La Aurora et Los Encinos, et qui ont déjà mené à des morts, des menaces et des persécutions.

Alertes du Réseau de Défenseurs et OFRANEH

Alerte: Éviction violente de membres du COPINH

Le Réseau National de Défenseur-e-s de Droits Humains au Honduras a émis l’alerte suivante concernant cette nouvelle répression du COPINH:

Très tôt ce matin, plus de 150 membres du COPINH sont arrivés à la Maison présidentielle pour réexprimer leurs demandes de justice et d’éclaircissement sur l’assassinat de Berta Caceres Floras, qui fut assassinée le 2 mars dernier dans le cadre de sa lutte pour la défense du territoire autochtone, ainsi que demander la sortie de DESA et l’annulation du projet Agua Zarca.

Ils ont été reçus violemment par la Garde d’honneur en face de la Maison présidentielle, et on leur a lancé des bombes lacrymogènes. On signale actuellement 6 personnes détenues et de nombreuses blessures.

Nous exigeons le respect de l’intégrité physique des défenseur-e-s membres du COPINH.

Tegucigalpa, M.D.C., 9 mai 2016.

Réseau National de Défenseur-e-s des Droits Humains au Honduras

Alerte OFRANEH

Alerte: Agression contre une manifestation pacifique du COPINH en face de la Maison présidentielle

Dans la matinée d’aujourd’hui, des militaires de la Garde présidentielle ont attaqué un groupe de manifestant-e-s Lenca membres du COPINH, entraînant des détentions et un harcèlement qui n’a pas encore cessé.

Le COPINH venait réclamer justice pour le meurtre de leur leader Berta Cáceres, assassinée le 3 mars dernier, supposément aux mains de militaires et d’exécutifs de l’entreprise DESA, qui tente d’imposer la construction d’un barrage hydroélectrique dans la rivière Gualcarque, ce à quoi s’oppose la population Lenca depuis des années.

L’assassinat a eu une énorme répercussion médiatique qui a remis en question l’actuelle dictature gouvernementale menée par M. Juan Orlando Hernández. La gestion de l’enquête a, depuis son tout début, été entravée par la contamination de la scène du crime et l’axe de recherche de l’enquête, qui a tourné en rond autour de l’idée d’un supposé crime passionnel.

Dans les derniers jours, l’idée que l’assassinat de Berta a été prémédité et perpétré par des membres des forces armées à la demande d’un exécutant de l’entreprise DESA a fait surface. Néanmoins, les autorités n’ont pas entrepris de recours contre ceux impliqués derrière l’organisation du crime, parmi lesquels se retrouvent probablement des banquiers et des politiciens.

Le COPINH continue avec sa demande irrévocable de suspension de la construction dans la rivière Gualcarque, en plus d’exiger justice pour l’assassinat de la leader, qui a mené, au cours de sa vie, un travail sans relâche pour la défense des territoires ancestraux des peuples autochtones et de leurs biens communautaires.

L’effondrement de l’État de droit au Honduras, aggravé par le coup d’État de 2009, a permis l’approbation d’une multitude de lois à tendance néolibérale, au détriment des peuples autochtones et des communautés locales.

L’approbation de la Loi sur l’eau en décembre 2009 a autorisé l’État à répartir les bassins hydrauliques entre les familles ayant des liens privilégiés avec la dictature actuelle, une situation qui s’est renforcée avec les décrets sur les concessions des aménagements hydroélectriques approuvés en 2010.

L’absence de reconnaissance du droit à la consultation préalable, libre et informée est un des plus grands problèmes affectant les autochtones au Honduras. Berta Cáceres était une des représentantes importantes de cette cause, et le barrage à Gualcarque était devenu une de ses luttes les plus symboliques.

Nous exigeons la fin immédiate des agressions qui ont lieu devant la Maison présidentielle, le respect de l’intégrité physique des manifestant-e-s, l’annulation une fois pour toutes des barrages dans les territoires autochtones qui n’ont pas été consultés de manière appropriée, ainsi qu’un procès transparent contre les assassins physiques et les auteurs intellectuels de l’homicide de Berta.

9 mai

Organización Fraternal Negra Hondureña, OFRANEH