Article original rédigé par Laura Barona
Le lundi 9 mars, Aida Quilcué, sénatrice autochtone, a été désignée colistière de Iván Cepeda pour la vice-présidence. Cette décision représente une alliance politique visant à élargir la représentation des peuples autochtones et des secteurs sociaux dans la course électorale.
Née le 2 février 1973 dans la municipalité de Páez, dans le Cauca, Quilcué est sénatrice de la circonscription indigène spéciale pour le parti Mouvement alternatif indigène et social (MAIS) pour la période 2022-2026.
Leader reconnue de la communauté Nasa du Cauca, elle a bâti une carrière marquée par la défense des droits territoriaux, de l’autonomie autochtone et par la mise en œuvre intégrale de l’accord de paix en Colombie.
Au sein du mouvement autochtone, elle s’est distinguée comme conseillère principale du Conseil régional indigène du Cauca (CRIC), l’une des organisations sociales les plus influentes du sud-ouest de la Colombie. Dans ce cadre, elle a mené des mobilisations et des dialogues avec l’État afin d’exiger des garanties de sécurité, la protection des territoires et la reconnaissance des droits collectifs des communautés autochtones, dans une région historiquement touchée par le conflit armé.
Elle a également exercé les fonctions de gouverneure et d’autorité autochtone de la réserve de Piçkwe Tha Fiw, à laquelle elle appartient.
En 2021, elle a reçu le Prix national de défense des droits humains en Colombie, dans la catégorie « œuvre de toute une vie », récompensant son rôle important au sein du CRIC, notamment dans la participation des communautés autochtones aux négociations de paix entre le gouvernement et les FARC à La Havane.
Enlèvement de la sénatrice
La sénatrice autochtone a été enlevée le 10 février alors qu’elle circulait sur une route de l’est du Cauca. Selon les informations disponibles, elle a perdu contact avec son équipe vers midi ce même jour, alors qu’elle se trouvait sur la route reliant les municipalités d’Inzá et de Totoró, une zone historiquement marquée par des problèmes de sécurité.
Quelques heures plus tard, la sénatrice a été retrouvé. Selon le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, les recherches ont été menées avec l’aide de garde autochtone. Le président Gustavo Petro a confirmé l’incident lors d’une réunion du Conseil de sécurité et a ordonné une intervention immédiate. D’après le ministre de l’Intérieur, Armando Benedetti, le responsable présumé serait le front Dagoberto Ramos, une branche dissidente des FARC active dans la région.
Traduit par Yohan Leclerc