Mai 18

L’ONU lance une alerte contre un réseau d’adoptions illégales au Guatemala

Photos de certaines femmes enceintes disparues de force par l’État pendant la guerre au Guatemala

Article original publié sur La Plataforma Canada – Guatemaltecos Exiliados por Terrorismo de Estado, sur Facebook

Des experts de l’ONU ont dénoncé un possible système d’adoptions internationales illégales qui aurait concerné au moins 80 enfants autochtones du Guatemala en 1982, après leur passage par le foyer temporaire Hogar Temporal Elisa Martinez. Ces enfants auraient été victimes d’enlèvement et de disparition forcée, ce qui inscrit cette affaire dans le cadre des graves violations des droits de l’homme commises durant le conflit armé.

L’anthropologue José Roberto Paz Gularte, lors d’une interview dans l’émission Con Criterio, a également indiqué que les adoptions irrégulières n’étaient pas des cas isolés, mais bien un élément d’un système permettant la séparation des familles, la modification des identités et l’exploitation des mineurs. Selon ses recherches, les dossiers d’adoption présentent des incohérences qui laissent supposer l’implication possible de divers acteurs, y compris des membres de l’État.

Ce phénomène a également été documenté à l’échelle internationale par des organisations telles que Raíces Perdidas (Racines Perdues) en Belgique, qui accompagne des personnes adoptées en Europe dans leur recherche de leurs origines guatémaltèques. Leurs enquêtes révèlent des schémas récurrents : absence de consentement des familles biologiques, falsification de documents et procédures opaques ayant facilité le départ de mineurs du pays.

Au Guatemala, des efforts sont déployés pour réunir les familles. À titre d’exemple, la Ligue pour l’hygiène mentale a facilité les retrouvailles entre des personnes adoptées à l’international, notamment en Europe et au Canada, et leurs familles biologiques. Outre les enfants à la recherche de leurs parents biologiques, d’autres proches de femmes enceintes disparues de force pendant la guerre au Guatemala recherchent également les enfants de ces femmes enlevées. Ces démarches, en plus de fournir des preuves, mettent en lumière l’impact émotionnel et social de décennies de séparation forcée, ainsi que l’urgence de mettre en place des mécanismes étatiques pour soutenir ces recherches.

L’affaire prend aujourd’hui une dimension politique suite aux allégations d’implication de responsables publics, notamment la Procureure générale María Consuelo Porras Argueta, qui aurait agi en tant que tutrice légale de mineurs durant cette période. Bien que les accusations n’aient pas été élucidées, l’ONU souligne que toute procédure de nomination ou de réélection de responsables doit tenir compte de ces allégations.

Au-delà du cadre juridique, cette affaire ravive une profonde blessure sociale : des centaines de personnes continuent de rechercher leur identité et leurs familles, tandis que la pression nationale et internationale s’intensifie pour faire la lumière sur les événements. Pour les experts et les organisations, le défi consiste non seulement à enquêter sur le passé, mais aussi à garantir la vérité, la justice et des réparations dans une affaire qui met en évidence une dette historique envers les familles du Guatemala.

Source : https://www.facebook.com/GuatemaltecosExiliadosCanada

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