Nov 28

La Colombie déclare l’Amazonie libre de toute exploitation extractive

Publié par Servindi, le 18 novembre 2025

Cette mesure vise à protéger le biome amazonien, qui représente 42 % du territoire national et 7 % de l’Amazonie.

Servindi, 18 novembre 2025. Lors de la réunion des ministres de l’Environnement de l’Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA) à la COP 30, la Colombie a annoncé la déclaration de sa partie amazonienne comme zone de réserve de ressources naturelles.

Irene Vélez Torres, ministre colombienne de l’Environnement et du Développement durable, a indiqué que cette décision avait été prise dans le but de protéger l’Amazonie contre les activités extractives telles que l’exploitation minière à grande échelle et les hydrocarbures.

« La forêt est unique, les fleuves n’ont pas de frontières, pas plus que la vie. Prendre soin de l’Amazonie n’est pas un sacrifice économique, c’est un investissement éthique dans l’avenir de la région et de l’humanité », a souligné Irene Vélez.

Le gouvernement s’est ainsi engagé à protéger plus de 483 164 km² du biome amazonien, soit 42 % du territoire continental colombien et 7 % de toute l’Amazonie sud-américaine.

Il limitera l’expansion des activités extractives en Amazonas, Caquetá, Guaviare, Guainía, Putumayo et Vaupés, départements où l’ouverture de routes et l’exploitation minière illégale ont fragmenté des écosystèmes vitaux.

Selon le ministère de l’Environnement, cette déclaration vise à mettre un terme à la perte et à la dégradation des forêts, à empêcher l’accaparement des ressources en eau et à protéger l’équilibre climatique de la région.

Il a souligné que le biome amazonien colombien abrite 10 % des espèces végétales connues de la planète, régule le climat et le cycle de l’eau, et alimente les páramos andins qui garantissent l’approvisionnement en eau de millions de personnes.

Actuellement, en Colombie, il existe 43 blocs d’hydrocarbures et 286 demandes d’exploitation minière dans le biome amazonien, dont l’activation mettrait en péril l’équilibre climatique du continent.

Une déclaration qui invite à une alliance

Lors de la réunion avec les ministres de l’Environnement, Vélez Torres a appelé les neuf pays de l’OTCA à former une Alliance amazonienne pour la vie, articulant des politiques en matière de biodiversité, de climat, d’eau et de lutte contre les crimes environnementaux.

Cette invitation accentue la pression sur d’autres pays de la région, comme le Brésil qui, il y a quelques semaines, a autorisé l’exploitation d’hydrocarbures dans la Foz de l’Amazone, dans le cadre du projet de Petrobras visant à forer le bloc 59.

La déclaration s’inscrit dans le cadre du Plan national de lutte contre la déforestation, de son NDC 3.0 et de la transition énergétique et écologique juste, piliers d’une politique publique durable qui protège l’Amazonie contre l’exploitation non durable.

Source: https://www.servindi.org/seccion-crisis-climatica-actualidad-noticias/18/11/2025/colombia-declara-su-amazonia-libre

 

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