AccueilCommuniquéTemacapulín: appui aux résultats de la consultation sur le barrage El Zapotillo

Temacapulín: appui aux résultats de la consultation sur le barrage El Zapotillo

Des organisations nationales et internationales[1]appuient les résultats de la consultation communautaire du 7 et 8 janvier 2011  à Temacapulín, Jalisco, au Mexique, portant sur le projet de construction du barrage « El Zapotillo ».

Montréal, le lundi 10 janvier 2011. –Le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) s’allie aux personnalités, organisations et réseaux nationaux et internationaux attentifs à la lutte des communautés menacées. Le CDHAL est vivement préoccupé par le respect des résultats de la consultation par les autorités mexicaines responsables du projet.

Le projet de construction du barrage el Zapotillo initié en 2005 par les Gouvernements fédéral et étatique de Jalisco et Guanajuato, à travers de la Commission nationale de l’eau (CONAGUA) et les Commissions étatiques de l’eau (CEA) de Jalisco et Guanajuato, aurait pour conséquences de détruire le cours naturel de la rivière Verde, menaçant d’inonder les communautés de Temacapulín, Acasico et Palmarejo où habitent 1000 personnes. Ces dernières verraient leurs droits bafoués et seraient déplacées, devant abandonner leur village, leur patrimoine familial, historique et culturel, ainsi que les 4816 hectares de terres fertiles desquelles elles dépendent.

Les habitants directement affectés se sont fait dissimuler de l’information par les autorités responsables sur la portée, les impacts et les conséquences du projet. De plus, ils se sont vus nier l’opportunité d’être consultés et de donner leur consentement de manière libre, préalable et informée avant la réalisation du projet alors que ce droit revient aux peuples affectés de manière directe ou indirecte par des méga-projets de développement. Bien qu’elle ne soit pas d’origine autochtone, la population rurale maintient un sentiment d’appartenance à la terre, à l’eau et à l’environnement. Considérant cette réalité sociale, les droits à la participation et à la non-discrimination des peuples qui relèvent du droit international relatif aux droits de l’homme mentionnés dans la Convention 169 de l’OIT et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones devraient légitimement leur être reconnus.

Les opposants au projet ne sont pas contre le développement, ils luttent plutôt contre l’imposition des intérêts externes exercés dans le flagrant non-respect de leurs droits fondamentaux. En effet, les Gouvernements responsables du projet n’ont pas considéré l’opinion des communautés concernées qui n’ont jamais donné leur consentement quand à la réalisation du projet ni à leur déplacement de leurs propriétés vers un site nommé Talicoyunque, choisi arbitrairement sans leur approbation. C’est pourquoi un comité organisateur composé de membres du Comité Sauvons Temacapulín, Acasico et Palmarejo et d’émigréEs du village a développé la « Consultation communautaire et de bonne foi ».

Les résultats aux quatre questions répondues lors de la consultation démontrent clairement que la grande majorité : n’est pas d’accord avec la construction du barrage El Zapotillo (5 oui, 643 non); n’est pas prête à être déplacée et relocalisée (3 oui, 646 non); n’a pas été consultée et considérée avant que débute le barrage El Zapotillo (11 oui, 636 non); est disposée à continuer à lutter pour Temacapulín et son développement (622 oui, 25 non).

La reconnaissance de la consultation du 7 et 8 janvier 2011, qui met en évidence  le degré d’objection des habitants face au projet, est un premier pas vers la reconnaissance des droits et obligations internationales envers les communautés jusque-là ignorées, alors qu’ils ont été établis dans la Constitution mexicaine et dans les Traités de droits humains signés par le Mexique. En ce sens,les personnalités, organisations et réseaux nationaux et internationaux suivants se mobilisent en appui les résultats de la consultation communautaire de Temacapulín  afin que soit respectée la volonté des communautés affectées face au projet de construction du barrage El Zapotillo.

[1]

Personnalités
Maude Barlow, Presidente Nacional del Council of Canadians (Canada)
Obispo Samuel Ruiz García,
Évêque éméritedu diocèsedeSanCristobaldelas Casas (Mexique)
Sergio Aguayo Quezada, Enseignant-chercheur et analystepolitiquedu Centred’études internationales deElColegiode Mexique, (Mexique)
Sara Larraín, Directrice du Programme Chile Soutenable(Chili)
Miguel Álvarez, Président  de
l’organisationdes servicesetde conseilspourla paix(SERAPAZ), (Mexique)
Évêque Raúl Vera,  ÉvêquedudiocèsedeSaltilllo, Coahuila(Mexique)
Pedro Arrojo Agudo, 2003PrixGoldman, professeur–recherchiste,Université deSaragosse(Espagne)
Margarita Sierra, Députée du Congrèssous citoyens de la villedeJalisco, (Mexique)
Alberto Escobar, Musicienetpoète (Mexique)
Patrick McCully, Directeurde l’International Rivers Network (États-Unis)

Esteban Garaiz,Analystepolitique et chroniqueur pour divers médias (Mexique)

Danielle Mitterrand, Fondation Danielle Mitterrand – France Libertes (France)
Oscar Olivera  Foronda, Le porte-parole de la guerre Cochabamba l’eau en Bolivie, Prix Letelier-Moffitt Human Rights AwardetGoldman, 2001(Bolivie)
Père Miguel Concha, Directeur du Centre des Droits Humains Fray Franciscode Vitoria (Mexique)
Évêque  Luis Infanti de la Mora, Auteur dela Lettrepastoraledel’eauet de la campagne Patogonia sans barrages. » (Chili)
Évêque Arturo Lona Reyes, Évêque éméritedu diocèsedeTehuantepec, Oaxaca (Mexique)
Paco Padilla
, Chanteur etcompositeur (Mexique)

Réseaux et organisations:
Réseau de surveillance américain de l’eau (VIDARED)
Réseau latino-américain contre les barrages et en faveur des rivières, leurs communautés et de l’eau (REDLAR)
Mouvement mexicain des personnes affectées par les barrages et pour la défense de Rivers (MAPDER)
Mouvement des personnes affectées par les barrages au Brésil (MAB)
Convergence des Mouvements des peuples des Amériques (COMPA)

Plate-forme interaméricaine des droits de l’homme, la démocratie et le développement (PIDHDD)
Coalition des organisations mexicaines pour le droit humain à l’eau, (CMOA)
Réseau mexicain contre les mines (REMA)
Réseau National des Droits de l’Homme Tous droits pour tous, (TDTT RED)
Coordination des organisations civiles sur les droits économiques, sociaux et culturels (DESC Espacio)
Alliance du Mexique pour l’autodétermination des peuples (AMAP)
Réseau mexicain d’action de libre-échange (RMALC)
Fondation Danielle Mitterrand – France Libertés, France
International Rivers Network (IRN), États-Unis
FIAN International, Allemagne
Association interaméricaine pour la défense de l’environnement (AIDA)

Habitat International Coalition (HIC-AL)
Comité pour les droits de l’homme en Amérique latine (CDHAL), Canada
Coordonnateur de l’eau et la vie, de la Bolivie
Centre juridique des défenseurs de l’environnement (EDLC), États-Unis
Programme Chili Soutenable, Chili
Fondation avril, la Bolivie
Bloque Populaire de Honduras
Corporate Accountability International, Colombia
Autres Mondes Chiapas, Amis de la Terre, Mexique
Jubilé Sud, Mexique
Services pour l’éducation alternative (éducation), Oaxaca
Unies Conseil des peuples pour la défense du Rio Verde (COPUDEVER), Oaxaca
Conseil des Ejidos et des communautés opposées à la Dam Parota (LCPE), Guerrero
Iguana Bios, Colima
Femmes et l’environnement, Mexique
Centre mexicain du droit de l’environnement (CEMDA), Mexique
Collectif des organisations civiques de l’eau (LIEU)
Rising Tide, Mexique
Congrès des citoyens de Jalisco

Droits de l’homme organismes:
Commission des droits de Jalisco, (CEDHJ)

Pour plus de renseignements :
Anouk Nadeau-Farley

Chargée de projet- Campagne: Des barrages qui ne font pas l’unanimité
Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)
caravane@cdhal.org

(514)387.5550

Depuis 1976, le CDHAL fait la promotion des droits humains sur le continent, en appuyant les mouvements sociaux et groupes de la base, en diffusant de l’information sur la situation sociopolitique, économique et environnementale de l’Amérique latine et en dénonçant publiquement le non-respect des droits humains par des États ou des entreprises privées.