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Lettre d’une citoyenne canadienne aux membres du Comité permanent sur le commerce international

 

La lettre suivante a été envoyée hier aux membres du Comité permanent sur le commerce international de la Chambre des Communes, par Mme Constance Vaudrin, citoyenne canadienne et membre de la Coalition SOS-Colombie à titre individuel. Cette lettre a également été diffusée à différents médias.

 

 

 

Messieurs les députés siégeant au Comité permanent sur le Commerce international,

 

 

Avant-hier, mardi le 11 mai, j’ai assisté à la séance n°16 du CIIT à Ottawa. Le Comité entendait quatre témoins, sur le projet de loi C-2 concernant l’Accord de libre-échange Canada-Colombie. Si j’avais quelques doutes quant à l’authenticité de ces audiences, j’espérais tout de même y voir un minimum de respect face aux personnes venues témoigner, chacune avec son expérience personnelle pertinente en matière d’observation de terrain. Cela n’a pas été le cas.

 

En fait, j’ai constaté avec indignation l’attitude de mépris total et de non respect avec laquelle certains députés libéraux et conservateurs ont traité les témoins opposés à l’Accord. En posant une question à Madame Hallé, témoin sur le terrain des actes de l’Etat colombien et des groupes paramilitaires, et sans attendre la fin de sa réponse, Monsieur Holder a présumé une réponse qui s’avérait tout à fait inexacte. Quant à Monsieur Cannis, il a posé des questions non pertinentes dans un but évident de déstabilisation et d’intimidation. En termes de partialité et d’attitude anti-démocratique, il était en fait impossible de distinguer les députés libéraux des députés conservateurs. De plus, pendant que Madame Hallé répondait à la dernière question de Monsieur Guimond, en français, plusieurs députés conservateurs et libéraux ont enlevé leurs écouteurs de traduction et se sont mis à discuter entre eux, preuve qu’ils n’avaient que faire des paroles de ce témoin.

 

J’ai aussi trouvé inacceptables les paroles de Monsieur Brison s’adressant à Monsieur Stephen Benedict, directeur du Service des droits de la personne et des syndicats à la Confédération syndicale internationale. Celui-ci a en effet eu le toupet de lui dire « I will be pleased to educate you » sur la question des droits humains en rapport à l’amendement que ce premier a proposé d’ajouter à l’Accord.

 

Si telle est la conception de la démocratie des Conservateurs et des Libéraux et si c’est ainsi que sont traités des témoins crédibles comme Monsieur Stephen Benedict et Madame Tania Hallé, je vous pose ainsi la question, messieurs les députés conservateurs et libéraux,

 

– Comment pensez-vous faire respecter les droits humains dans un pays comme la Colombie après ratification de l’Accord de libre-échange ?

 

– S’il y a abus de la part des investisseurs et des entreprises après la ratification de l’Accord, quel intérêt aurez-vous pour le contenu des rapports annuels des gouvernements concernés, tel que proposés dans l’amendement de Monsieur Brison?

 

– Quel pouvoir aurez-vous pour changer quoi que ce soit s’il y a abus de la part des intervenants commerciaux post-ratification de l’Accord?

 

– Enfin, quel intérêt portez-vous à la personne humaine et aux communautés qui ne demandent que le droit à la vie, dans la dignité ?


Il faut en conclure, et c’est évident, que l’intérêt des investisseurs prime sur les populations qui continueront d’être déplacées, menacées et assassinées avec la complicité de l’État colombien et du gouvernement canadien.

 


Constance Vaudrin
SOS-Colombie