AccueilNouvellesLe peuple Tembé-Theneteraha dénonce le meurtre d’Isac Tembé dans le cadre de leur lutte pour la terre traditionnelle

Le peuple Tembé-Theneteraha dénonce le meurtre d’Isac Tembé dans le cadre de leur lutte pour la terre traditionnelle

14 février 2021 – Terre autochtone d’Alto Rio Guama

Note publique du peuple Tembé-Theneteraha

« Nous luttons contre cette violence depuis des décennies et nous n’arrêterons pas tant que pas un mètre de nos terres ne sera occupé illégalement », indique un extrait de la note publiée

Le cœur du peuple Tembé-Tenetehara (Brésil) saigne suite au brutal assassinat de notre jeune guerrier Isac Tembé. La balle qui lui a ôté la vie, âgé seulement de 24 ans, a frappé toutes celles et ceux d’entre nous qui ont habité cette terre depuis des temps immémoriaux et qui ont défendu en tout temps la forêt et nos savoirs traditionnels.

Le jeune Isac a été abattu par des officiers de la police militaire dans la nuit du vendredi 12 février. Il était parti à la chasse après une journée de travail à construire sa maison pour y vivre avec sa famille. Nous nous posons donc la question suivante: pourquoi ces agents de la sécurité publique font-ils office de milice privée pour les éleveurs qui envahissent les terres autochtones ? Pourquoi sont-ils arrivés en tirant sur nos jeunes, nos enfants, nos petits-enfants et nos neveux et nièces qui chassaient, une pratique qui fait partie de la culture de notre peuple ?

La police militaire a assassiné Isac Tembé à deux reprises : ils l’ont abattu et tentent de ternir sa mémoire en s’attaquant au caractère de notre jeune guerrier et à notre leadership exemplaire. Isac était un citoyen honorable, professeur d’histoire, impliqué dans la communauté et dans l’organisation de la jeunesse. Sa femme est enceinte et va bientôt donner naissance à un nouvel enfant Tembé, ce qui garantit la continuité de ce peuple originel. Il n’a jamais été impliqué dans un quelconque acte illicite et n’a jamais, dans sa vie, porté ou tiré avec une arme à feu.

Par conséquent, nous considérons comme mensongère la version de la police militaire, qui prétend avoir réagi à une agression par des tirs. Nous sommes un peuple de joie et de célébration ; un peuple pacifique, discipliné et respectueux des lois. Nous exigeons des autorités une enquête rapide, transparente et rigoureuse afin d’identifier et de sanctionner les responsables de ce crime.

Notre territoire subit des incursions et des attaques quotidiennes de la part d’exploitants de bois illégaux ou d’agriculteurs qui insistent pour maintenir une occupation de certaines parties des terres autochtones de l’Alto Rio Guama par l’élevage de bétail et d’autres activités économiques. Nous luttons contre cette violence depuis des décennies et nous ne cesserons pas tant nos terres seront occupées illégalement. Nous n’avons pas peur. La Constitution fédérale protège nos droits et l’État brésilien doit appliquer ce que la loi dispose.

Nous invitons les autorités brésiliennes et du monde entier à ne pas nous laisser seul.e.s !

Nous exigeons que la Fondation nationale de l’Indien (FUNAI), le Ministère public fédéral brésilien (MPF), la police fédérale et tous les organismes compétents se rendent sur notre territoire et constatent ce que nous vivons.

Nous réclamons une enquête sur les lieux de l’événement. Nous exigeons une réponse urgente car nous ne resterons pas silencieuses et silencieux et ne laisserons pas ce crime impuni.

Que la mémoire vivante d’Isac Tembé renforce notre démarche.

Que l’esprit de nos ancêtres guide le peuple Tembé-Tenetehara dans sa lutte pour la vie.

Nous invitons la presse et les autorités à une réunion publique lundi (15 février), à 10 heures, dans le village de São Pedro, dans le territoire autochtone de l’Alto Rio Guama, à l’occasion de laquelle le peuple Tembé décidera de la conduite de la lutte pour la justice.

Nous réclamons justice !

Sanction des assassins et des commanditaires de la mort d’Isac Tembé !

Source article et photo: Terre autochtone d’Alto Rio Guama

Association autochtone de Tembé des villages Tawari et Zawaruhu, CNPJ 13.772.794/0001-53.