HomeCommuniquéLe CDHAL dénonce les menaces reçues par des défenseur.e.s des droits humains et des droits du travail en Colombie

Le CDHAL dénonce les menaces reçues par des défenseur.e.s des droits humains et des droits du travail en Colombie

JUAN MANUEL SANTOS
Président de la République de Colombie

NICOLÁS LLOREDA RICAURTE
Ambassadeur de la Colombie

STÉPHANE DION
Ministre des affaires étrangères, Canada

GERMÁN VARGAS LLERAS
Vice-président de la République de Colombie

LUIS CARLOS VILLEGAS
Ministre de la défense

JUAN FERNANDO CRISTO
Ministre de l’intérieur

YESID REYES ALVARADO
Ministre de la justice

ALFONSO CAJIAO CABRERA
Défenseur du peuple

ALEJANDRO ORDOÑEZ
Procureur général de la nation

COMITÉ INTERNATIONAL DE LA CROIX ROUGE EN COLOMBIE

SANTIAGO CANTON
Secrétaire exécutif CIDH

OACNUDH EN COLOMBIe

DIEGO MORA
Unité nationale de la protection

 

Monsieur le Président,

Nous, le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) – une organisation de solidarité canadienne qui travaille à la défense et à la promotion des droits humains en Amérique latine – écrivons pour vous exprimer notre profonde préoccupation suite à la menace de mort qu’ont reçu, à Santiago de Cali (Valle del Cauca, Colombie), les quinze personnes défenseures des droits du travail et des droits humains suivantes :

Walter Agredo, Rodrigo Vargas, Hernán Arciniegas, Wilson Sáenz, Julián Lozano, José Milciades Sánchez, Martha Giraldo, Ariel Díaz, Edinson Méndez, Carlos Murcia, Ismael Hurtado, Henry Domínguez, Jorge Iván Vélez, Albert Quintero, Antonio Gutiérrez, et d’autres membre de la Central Unitaria de Trabajadores (CUT), du Comité de Solidaridad con los Presos Políticos (CSPP), du Movice, Sintraunicol, Sintraincali, Sintramunicipio, du Comité Permanente por la Defensa de los Derechos Humanos (CPDH), et du Congreso de los Pueblos.

Selon les informations dont nous disposons présentement, le 11 avril dernier, ont été trouvés dans les bureaux à Cali de la CUT, du CSPP et du Movice Valle del Cauca, des pamphlets signés par le groupe paramilitaire autonommé « Autodefensas Gaitanistas de Colombia ». Les pamphlets ont été glissés en dessous des portes des bureaux et étaient dirigés contre Martha Giraldo la secrétaire technique du Movice Valle del Cauca, José Milciades Sánchez de Sintraunicol, Walter Agredo du CSPP, et Wilson Sánchez de la CUT.

Dans les pamphlets, quinze personnes sont menacées de mort de manière spécifique. Cependant, il est clair qu’il s’agit d’une menace collective contre le mouvement social, les leaders sociaux et les défenseur.e.s de droits humains, qui travaillent pour la paix, la justice sociale et les droits des victimes à Valle del Cauca. Les défenseur.e.s des droits humains qui sont nommés dans les pamphlets appartiennent au CSPP, à la CUT, à Movice, Sintraunicol, Sintraincali, Sintramunicipio et au CPDH. Le Congreso de los Pueblos y est également mentionné de manière spécifique.

En outre, la structure criminelle réitère dans ces pamphlets qu’il s’agit d’un plan d’envergure nationale, et menace de mort la communauté dans son ensemble dans le cas où elle se rapprocherait de quelques processus qui travaillent pour la paix et pour les droits humains en Colombie.

De telles menaces de mort sont inacceptables, raison pour laquelle nous exigeons que le Gouvernement de la Colombie prenne immédiatement toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des quinze personnes menacées. Nous vous rappelons que, en vertu de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme, qui a été adoptée le 9 décembre 1998 et ratifiée par la Colombie, vous êtes tenu de protéger les défenseur.e.s des droits humains dans le pays.

De plus, nous exigeons :
– Que les autorités compétentes entreprennent une enquête exhaustive et indépendante sur ces menaces, que les responsables identifiés soient menés devant la justice pour que les sanctions pénales prévues par la loi leur soient appliquées, et que les processus et résultats soient publiés,
– que l’État propose des mesures de protection politiques et matérielles acceptables pour la vie et l’intégrité des défenseur.e.s des droits humains dans le département de Valle del Cauca et sur l’ensemble du territoire national, et
– que l’application des normes nationales et internationales soit assurée.

Nous insistons sur l’urgence de la situation, et sur la nécessité de prendre des mesures décisives pour démanteler les groupes paramilitaires et rompre tous les liens que ces groupes continuent d’entretenir avec quelques secteurs des forces étatiques de sécurité. Ces menaces ne sont pas un cas isolé, mais au contraire s’ajoute à une longue liste. Les défenseur.e.s des droits du travail et des droits humains en Colombie ne peuvent continuer à être l’objet de menaces de mort. Votre gouvernement doit prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à tout type de menace et garantir le respect des droits humains et des libertés fondamentales.
Cordialement,
Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)

Montréal-Québec-Canada