AccueilNouvellesLa compagnie minière First Majestic, des dettes auprès du SAT et un long passé de violations des droits humains

La compagnie minière First Majestic, des dettes auprès du SAT et un long passé de violations des droits humains

First Majestic

Sin Embargo – 2 février 2021 

L’Observatoire des conflits miniers d’Amérique latine révèle qu’au moins 17 sociétés minières canadiennes ont porté préjudice aux communautés mexicaines, dont First Majestic, qui possède trois mines en activité et huit projets en cours de développement. 

First Majestic Silver Corp n’a pas seulement des comptes à régler avec le Service d’administration fiscale (SAT), en termes de droits humains, la société minière canadienne a un passé de violations et de spoliations dans les zones où elle possède des mines au Mexique, selon les plaintes qu’elle a accumulées depuis son implantation dans le pays en 2004.

La société basée à Vancouver, au Canada, possède trois mines d’exploitation au Mexique à savoir : la mine de San Dimas, la mine de Santa Elena et la mine de La Encantada. Elle en compte également huit autres à différents stades de développement.

Selon un rapport de l’Institut Fraser, 74 % des concessions minières au Mexique sont canadiennes. Et, selon l’Observatoire des conflits miniers d’Amérique latine, du nord au sud du pays, au moins 17 compagnies minières canadiennes ont porté préjudice aux communautés mexicaines, parmi lesquelles First Majestic, qui, cette semaine encore, a fait la une des journaux en raison d’une dette fiscale de plus de 500 millions de dollars découlant du maintien des prix de l’argent à un niveau artificiellement bas au cours de la dernière décennie.

L’exploitation minière La Encantada 

Parmi les accusations les plus significatives formulées à l’encontre de la First Majestic Silver Corp, on peut citer celle concernant la compagnie minière La Encantada, qui opère dans l’ejido Tenochtitlán d’Ocampo, à Coahuila, bien que les terres appartiennent à la communauté depuis 1973.

En 2012, l’ancien secrétariat de la réforme agraire a émis un ordre de restitution des terres. Toutefois, la mesure d’expulsion prise à l’encontre de la société, qui continue d’exploiter les terres d’où l’argent est extrait et traité, contaminant les terres des ejidos avec des métaux lourds, n’a pas été exécutée.

Fatigué.e.s de subir autant d’abus et de n’avoir aucune réponse ou aide des autorités, les habitant.e.s ont bloqué la route de la mine en juin 2013. Quelques jours plus tard, ils.elles ont été incriminé.e.s et 16 personnes ont été arrêtées.

Sur son site internet, First Majestic Corp se félicite d’avoir reçu pendant 10 années consécutives la distinction d' »entreprise socialement responsable » par le Centre mexicain de la philanthropie.

Pourtant, en juin 2016, un groupe de travailleurs s’est mis en grève pour protester contre l’insécurité dans la mine et le non-paiement des bénéfices. En réponse à cette protestation pacifique, la compagnie a menacé les mineurs de couper l’électricité dans les maisons où ils vivent. Le 20 mai 2017, 300 travailleurs ont cessé de travailler parce que l’entreprise ne voulait pas leur reverser les bénéfices auxquels ils avaient droit en vertu de la loi. La grève a duré plus de 10 jours jusqu’à ce qu’un accord soit conclu.

Le 26 juin 2016, le premier déversement de cyanure a été enregistré en raison de pluies qui ont dépassé la capacité de pompage. Le bureau du procureur général fédéral pour la protection de l’environnement (Profepa) a ouvert une enquête pour évaluer les dommages et les causes du débordement. Suite à cet événement, l’agence fédérale a confirmé des dommages sur 2 240 mètres carrés, affectant la flore et la faune de la région. Le cyanure s’est répandu sur le terrain et l’a contaminé. L’herbe, qui sert de nourriture aux animaux, est devenue inutilisable dans cette région.

Les 12 et 13 août de la même année, les intempéries ont à nouveau provoqué un déversement de cyanure qui a ruisselé dans les cours d’eau naturels et s’est retrouvé dans des étangs où le bétail s’abreuvait. Selon les habitant.e.s, des dizaines d’animaux sont morts.

Depuis 2013, les habitant.e.s ont dénoncé à Profepa que la société contaminait l’ejido avec des déchets dangereux et qu’elle utilisait concrètement l’ejido comme une décharge. Profepa a déclaré dans sa lettre officielle PFPA/12.7/2C.28.1/0916/13 qu’elle avait déjà procédé à des inspections au cours desquelles elle a confirmé avoir trouvé des « éléments de violation probable de la législation fédérale sur l’environnement ». 

Projet minier à Zacatecas 

La compagnie minière First Majestic a également commis des infractions pour la réalisation du projet minier Del Toro. En effet, elle a contaminé la rivière San Rafael dans la municipalité de Chalchihuites, Zacatecas, ce qui a provoqué des allergies, des infections oculaires, des maux de ventre et même la présence de plomb dans le sang de ses habitant.e.s.

 

Source article et photo : SinEmbargo