AccueilNouvellesDes femmes des nations Anishnabe et Wet’suwet’en participent à la 1ère rencontre continentale des femmes affectées par des barrages au Panama

Des femmes des nations Anishnabe et Wet’suwet’en participent à la 1ère rencontre continentale des femmes affectées par des barrages au Panama

C’est à Panama, du 24 au 27 septembre 2019, qu’a eu lieu la première rencontre continentale « Eau, Énergie et souveraineté des peuples » organisée par le Mouvement des personnes affectées par les barrages en Amérique Latine (MAR). Le MAR regroupe plusieurs mouvements d’Amérique Latine pour la défense de l’eau contre les barrages, tout en luttant pour la création d’un modèle énergétique populaire. Lors de cette rencontre, plus de 100 personnes provenant de pays d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Amérique du Nord ont échangé sur leurs expériences de luttes et ont construit des stratégies d’action pour les  cinq prochaines années.  

L’événement du MAR a débuté avec la première rencontre des femmes affectées par les barrages, qui regroupait des défenseures, des femmes autochtones et des paysannes en provenance de plus de vingt pays. La rencontre avait comme thème « Les impacts des violations commises par des entreprises dans la vie des femmes ». En réponse au modèle capitaliste, patriarcal et extractiviste, l’emphase a été mis sur l’importance des organisations de femmes pour la construction et le renforcement du MAR, autant au niveau local, national qu’international. 

Une délégation canadienne a été invitée à participer à cette rencontre continentale. Shannon Chief, de la nation Anishnabe, et Marlene Hale, de la nation Wet’suwet’en ont partagé leur expérience en tant que femmes autochtones canadiennes en résistance face au colonialisme, au génocide et à la dépossession de leurs territoires à travers les années au Canada.

Nous avons eu la chance d’échanger avec une des organisatrices de l’évènement :

« Je m’appelle Damaris Sánchez et je fais partie du Réseau national de l’eau du Panama. Je vis dans la province de Chiriqui, qui est une région affectée par les barrages et par de multiples projets hydroélectriques. C’est ainsi que nous faisons parties du Mouvement des personnes affectées par les barrages en Amérique Latine, avec lequel nous organisons cette première rencontre qui a eu lieu au Panama du 24 au 27 septembre. Nous célébrons aussi la réalisation de la première rencontre des femmes affectées par les projets hydroélectriques et extractifs qui nous a permis d’échanger sur nos expériences, nos attentes et nos idées pour changer nos habitudes de vie  pour laisser une meilleure planète aux générations futures. Nous essayons de sensibiliser la population sur la valeur de l’eau et de la forêt. Pour cela, il faut comprendre que l’eau est un élément essentiel pour l’humanité et pour tous les êtres vivants. »

Suite aux discussions de cette rencontre, une des conclusions tirées c’est qu’il est impossible de dénoncer la violence faite aux rivières et à l’eau sans mettre de l’avant la violence faite aux femmes qui font parties des mouvements sociaux qui les défendent. De plus, il a été mentionné que la lutte pour la défense du territoire est arrimée avec la lutte pour la défense de l’eau et la souveraineté alimentaire.

En prévision de la prochaine rencontre internationale des personnes affectées par les barrages, qui aura lieu en 2021, le défi est de continuer à fortifier les processus organisationnels et de faire valoir la voix des femmes qui luttent au sein du MAR. Cette rencontre a aussi été un élément important pour construire la solidarité et un réseau de liens pour rapprocher les luttes du Nord et du Sud.

 

Photo : MAR