AccueilNouvellesColombie : Des universitaires du Canada veulent que le gouvernement canadien adopte une posture ferme face à la violence d’État en Colombie

Colombie : Des universitaires du Canada veulent que le gouvernement canadien adopte une posture ferme face à la violence d’État en Colombie

Le CDHAL a eu des entretiens avec quelques personnes parmi les 200 universitaires du Canada qui ont signé une lettre exhortant le gouvernement canadien à utiliser ses relations étroites avec la Colombie pour faire pression sur le gouvernement d’Iván Duque afin qu’il mette fin à la violence de l’État contre les manifestants et manifestantes de la grève nationale.

Bon après-midi, un grand salut du Canada à tout le monde en Amérique latine. Je suis professeure Marie-Christine Doran de l’Université d’Ottawa et directrice de l’Observatoire de la violence, de la criminalisation et de la démocratie. Je veux vous parler d’une très belle initiative née d’un événement public que nous avons fait la semaine dernière, où les participant.e.s et les présentateur.trice.s ont décidé d’écrire une lettre au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, pour lui demander d’agir d’urgence face aux graves violations des droits humains en Colombie.

Bonjour, je m’appelle Luis van Isschot et je suis professeur d’histoire à l’Université de Toronto. Je travaille en Colombie depuis plus de 20 ans et aujourd’hui, avec un groupe de plus de 230 universitaires canadiens, je lance un appel spécial au gouvernement canadien. Nous sommes très préoccupés par la répression des manifestant.e.s de la grève nationale en Colombie.  Nous implorons au Canada de saisir cette occasion pour réévaluer sa politique étrangère en Colombie, y compris le lien entre le commerce, l’investissement étranger et les droits humains.

Je m’appelle Lélia Célis, je suis professeure à l’Université du Québec à Montréal. Nous avons écrit cette lettre parce que nous assistons à un moment unique, d’espoir et de terreur, en Colombie. D’un côté, nous voyons des personnes courageuses qui se battent pour construire un présent et un futur meilleur pour eux-mêmes, mais aussi pour les prochaines générations. Ils se battent pour leurs droits fondamentaux, tels que le droit à l’éducation, à la santé et à un logement décent. Dans ce combat, ils risquent la seule chose qu’ils ont, leurs vies. De l’autre côté, nous voyons un gouvernement qui réplique aux revendications sociales et légitimes par une réponse militaire. Le gouvernement est accusé d’avoir assassiné les jeunes qui manifestaient et les autochtones. Il est également accusé d’abus sexuels et d’autres crimes qui doivent faire l’objet d’une enquête impartiale.

Je m’appelle Christopher Campbell-Duruflé, je suis avocat-chercheur en droit international à l’Université de Toronto.  Cette lettre rassemble des professeurs universitaires de diverses disciplines et de tout le pays.  Nous appelons le gouvernement du Canada à demander au gouvernement colombien de respecter les droits humains des manifestants, ainsi que de permettre à la Commission interaméricaine des droits humains d’effectuer une visite transparente avec un accès direct aux victimes et à leurs organisations. Nous voulons que le gouvernement colombien s’engage à mettre en œuvre les recommandations de la Commission et à résoudre la crise actuelle par la voie du dialogue.

 

Écoutez la version audio espagnol de cette nouvelle ici.

Source photo : Amnesty International