AccueilNouvellesÀ Toronto, le ministre des mines du Brésil annonce l’ouverture des terres autochtones aux entreprises minières étrangères

À Toronto, le ministre des mines du Brésil annonce l’ouverture des terres autochtones aux entreprises minières étrangères

Seulement cinq semaines après la rupture d’un barrage de déchets miniers à Brumadinho, au Brésil (le 25 janvier), entraînant la mort de 186 personnes et la disparition de 122 autres, le ministre brésilien des mines et de l’énergie, Bento Albuquerque, a annoncé l’ouverture des terres autochtones aux entreprises d’extraction minière étrangères. L’annonce a été faite le 4 mars à Toronto, lors de la convention annuelle organisée par l’Association canadienne des prospecteurs et des entrepreneurs (ACPE), le plus important événement d’exploration et d’extraction minières au monde. Albuquerque y a affirmé que les autochtones seront consultés, mais n’auront pas le droits de veto concernant l’installation de mines d’exploration.

L’ACPE assure avoir présenté des conclusions relatives à l’innovation nécessaire de l’industrie minière canadienne, le besoin de prévenir les désastres environnementaux et l’importance d’aligner les valeurs de responsabilité sociale de l’industrie avec celles des pays d’accueil.

Néanmoins, des activistes mené.e.s par Mining Injustice Solidarity Network (MISN) ont organisé une manifestation contre la « complicité de l’ACPE » dans les actions néfastes des compagnies minières dans le monde. Le groupe d’activistes accuse les sponsors d’ACPE d’avoir un historique de corruption, d’impunité et de graves violations des droits humains et environnementaux. En effet, le commanditaire principal de l’événement n’est autre que Vale, la compagnie responsable du désastre au Brésil. « Le nettoyage [du désastre] a à peine commencé et pourtant [l’ACPE] accueille Vale à bras ouverts », a déclaré Caren Weisbart du Mining Injustice Solidarity Network (MISN) de Toronto. « À l’ACPE, ces sociétés disposent de plates-formes leur permettant d’influencer et d’améliorer leur image tout en ignorant les voix de ceux et celles qui sont le plus touché.e.s par leurs projets. »

En plus d’avoir suspendu une banderole surplombant la salle d’exposition principale, le MISN a également mis en place d’autres interventions pour faire connaître le casier judiciaire violent non seulement de Vale, mais de l’industrie extractive mondiale dans son ensemble, dont près de 60% sont financés à la Bourse de Toronto.

Photo : Mining Injustice Solidarity Network

Sources :
www.miningwatch.ca
www.revistaforum.com.br
www.mining-journal.com