Publié par UN Women, le 30 octobre 2025
L’ouragan Melissa, une tempête catastrophique de catégorie 5, a causé des ravages généralisés dans toute la région des Caraïbes. Avec des vents soutenus de 295 km/h et une pression centrale de 892 mb, il figure parmi les tempêtes atlantiques les plus puissantes jamais enregistrées. L’ouragan a touché plusieurs pays, dont la Jamaïque, Cuba, Haïti, la République dominicaine et les Bahamas, provoquant des déplacements massifs de population, l’effondrement des infrastructures et des besoins humanitaires urgents.
En Jamaïque, plus de 13 000 personnes ont été déplacées, et plus de 521 refuges ont été mis en place dans tout le pays pour assurer leur sécurité et leur venir en aide. À Cuba, au moins 750 000 personnes ont été évacuées en raison de la menace d’inondations graves, de glissements de terrain et de vagues pouvant atteindre quatre mètres. Les femmes et les filles représentent plus de la moitié des personnes évacuées, ce qui souligne le besoin urgent de services et de mécanismes de protection tenant compte des questions de genre.
En République dominicaine, près de 1,8 million de personnes ont été touchées par le passage de la tempête, tandis qu’en Haïti, au moins 5 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays se réfugient dans des conditions précaires dans plusieurs campements informels à Port-au-Prince, Delmas et Pétion-Ville. Près de 1,5 million de femmes et de filles représentent la moitié de la population jamaïcaine et devraient être touchées de différentes manières par les inondations, les coupures d’électricité et d’autres dommages causés par les vents et les pluies destructeurs de l’ouragan.
Lors de crises telles que les ouragans, le travail de soins non rémunéré s’intensifie et pèse de manière disproportionnée sur les femmes et les filles. Lorsque les services publics sont interrompus, elles assument des responsabilités supplémentaires : s’occuper des enfants, des personnes âgées et répondre aux besoins fondamentaux dans des abris surpeuplés. Ces exigences ont souvent des répercussions sur leur propre santé, leur sécurité et leurs moyens de subsistance. ONU Femmes demande que cette charge soit reconnue, réduite et partagée dans toutes les interventions d’urgence.
Au milieu de cette crise en pleine évolution, ONU Femmes exprime sa profonde préoccupation pour la sécurité et le bien-être des femmes et des filles dans toute la région :
- Des milliers de femmes et de filles se réfugient dans des conditions précaires ou instables, dans des foyers sans électricité ou dans des installations d’urgence.
- Les coupures d’électricité en Jamaïque ont touché plus de 77 % de la population.
- Les femmes et les filles font partie des personnes qui se retrouvent bloquées en raison de l’interruption des infrastructures de transport et de communication.
ONU Femmes travaille en étroite coordination avec les gouvernements nationaux, le système des Nations Unies et ses partenaires humanitaires afin de garantir une réponse axée sur le genre et fondée sur les droits humains. Le PNUD, la FAO, le FNUAP et ONU Femmes mobilisent des ressources pour soutenir le relèvement rapide, la protection et les moyens de subsistance.
Notre travail se concentre sur :
- Garantir la protection des femmes et des filles contre la violence sexiste dans les refuges et les communautés.
- Assurer l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux services de santé maternelle et sexuelle pour les femmes et les filles.
- Promouvoir le leadership des femmes dans les efforts locaux de réponse et de relèvement.
- Soutenir les processus de relèvement rapide et de résilience menés par et centrés sur les femmes dans les zones touchées.
- Investir dans les organisations de la société civile dirigées par des femmes, qui sont en première ligne de la réponse.
La réponse humanitaire doit répondre à la fois aux besoins immédiats et aux inégalités structurelles qui touchent les femmes et les filles. Les femmes ne sont pas seulement parmi les plus touchées : elles sont également essentielles au relèvement et à la résilience.