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Appel urgent à la solidarité avec la Colombie face à la vague d’assassinats d’activistes sociaux défenseur.e.s du territoire

Source : CENSAT Agua Viva, Colombia

En Colombie, depuis le début de l’année, en moins de 65 jours, 25 femmes et hommes défenseur.e.s des territoires ont été assassiné.e.s. Ils et elles s’ajoutent aux 80 personnes qui, selon les calculs des organisations de droits humains, ont été tuées en 2016, formant ainsi un portrait effrayant.

Les Amis de la Terre d’Amérique latine et des Caraïbes-ATALC, une organisation qui travaille avec la perspective de la justice environnementale, répudie et rend publique sa consternation face à cette série d’attentats mortels qui ne concordent pas avec les processus de paix annoncés dans le pays sud-américain.

Dans les derniers jours, José Antonio Anzola Tejedor et sa sœur Luz Angela, militant.e.s du Parti communiste et du Syndicat de travailleurs agricoles indépendants du Meta (SINTAGRIM) ont été assassiné.e.s. José Antonio était bénéficiaire d’un projet du Sommet agraire, une conquête du mouvement paysan suite aux mobilisations de 2015 internationalement reconnue puisque certaines des organisations qui ont été au coeur de l’organisation de ce sommet font également partie de la Coordinadora Latinoamericana de Organizaciones del Campo (Coordination latino-américaine d’organisations rurales CLOC-Via Campesina). Quelques jours auparavant, le 2 mars, Ruth Alicia Lopez Guisao, leader du Coordinador Nacional Agrario (Coordination nationale agraire-CNA) et du Congreso de los Pueblos (Congrès des Peuples) a été assassinée dans la ville de Medellin. Ces morts s’ajoutent à plus de vingt décès ayant déjà eu lieu en 2017, ce qui constitue un véritable massacre.

La construction de la paix en Colombie ne pourra être effective tant que ne cesseront ce type d’évènements néfastes. On peut en déduire que des intérêts ignorant la justice environnementale et sociale et le besoin d’exploiter les territoires pour l’accumulation du capital par des agents privés et transnationaux agissent comme vecteurs dans la situation actuelle. La paix ne peut être, dans aucune circonstance, une production néolibérale pour le contrôle territorial, qui attaque systématiquement la vie et l’intégrité des femmes et hommes historiquement engagé.e.s pour la dignité de la vie des peuples colombiens.

ATALC lance un appel urgent aux organisations, processus et mouvements sociaux, ainsi qu’à la communauté internationale en général, afin de développer une stratégie pour protéger la vie  des Colombiens et Colombiennes. Bien que les manifestations de solidarité et les dénonciations généralisées de la situation aident à la rendre visible sur le plan international, il est également nécessaire de mettre en place des actions rigoureuses pour permettre le dialogue avec le gouvernement colombien afin de mettre fin à cette barbarie. Ainsi, il faut construire des voies concrètes afin de préserver la vie des défenseur.e.s des peuples.

Nous demandons respectueusement au gouvernement colombien et à toutes les autorités compétentes de mettre en marche l’ensemble des mécanismes constitutionnels et légaux pertinents afin de freiner ces violations à l’intégrité physique et morale des communautés, qui provoquent une rupture des tissus sociaux et favorisent la territorialisation du capital et de ses projets d’extraction et d’économie verte. Nous croyons également qu’il est prioritaire d’identifier les auteurs matériels et intellectuels des assassinats sélectifs, et de refuser que l’impunité règne, ce qui ne ferait que générer une continuité de la dévastation humaine et territoriale.

Nous sommes avec les peuples de Colombie et d’Amérique latine et des Caraïbes, qui continuent de recevoir la mort comme réponse à leurs justes luttes, et sommes disposés à les accompagner dans tout processus qui soit nécessaire.

 

Auteur: Amigos de la Tierra Latinoamerica y el Caribe