AccueilCommuniquéLettre d’organisations dénonçant la farce des donations des secteurs de la monoculture des arbres, de l’agro-industrie ainsi que de l’exploitation pétrolière et minière au Brésil pendant la lutte contre la COVID-19

Lettre d’organisations dénonçant la farce des donations des secteurs de la monoculture des arbres, de l’agro-industrie ainsi que de l’exploitation pétrolière et minière au Brésil pendant la lutte contre la COVID-19

Brésil. Juillet 2020.

Le Brésil traverse aujourd’hui une crise sanitaire et économique sans précédent. Nous sommes l’un des épicentres de la COVID-19 dans le monde alors que le nombre de décès dépasse les 83 000. Des milliers de personnes sont en deuil et d’autres luttent toujours pour survivre dans ces conditions. Entre-temps, des entreprises de différents secteurs profitent de la situation pour promouvoir une fausse solidarité à travers des donations qui semblent être une réintégration dans la société alors qu’elles sont en fait une manière de renforcer leurs marques avec de la publicité positive, et ce, en recevant des bénéfices de l’État.

La crise sanitaire mondiale a mis en évidence une crise sociale, économique, environnementale et spirituelle. Le modèle hégémonique de la société capitaliste révèle son incapacité d’assurer la subsistance de tous les êtres de la planète, et encore moins de préserver l’espèce humaine et ses cultures. Ce processus a exacerbé les inégalités de genre, de race et de classe, soit les piliers fondamentaux de la concentration croissante des richesses par l’exploitation de l’environnement et des personnes.

La pandémie de la COVID-19 révèle l’attitude génocidaire et cruelle du président du Brésil, notamment avec son «et puis?» aux décès liés à cette maladie, qui demeure appuyé par ses acolytes dans la banalisation de la souffrance de milliers de personnes, en particulier celles qui ont besoin du Sistema Único de Salud (SUS). Le manque d’investissement dans ce système a été renforcé avec le démantèlement promu par le changement de la législation nationale (PEC en raison du sigle en portugais) plafonnant les dépenses publiques alors qu’aujourd’hui, avec la pandémie, les coupures s’avèrent plus importantes que prévu. De nombreuses familles perdent leurs êtres chers sans même avoir accès à une assistance médicale. Le secteur de la santé souffre également de la contagion faute d’équipements de protection individuelle (UPI) et d’une structure appropriée pour le traitement des patients. À cette réalité s’ajoute le fait que de nombreuses personnes ont perdu leur source de revenus et ont besoin d’aliments et de produits de base. Une situation déplorable dans un pays qui avait déjà beaucoup de problèmes sociaux.

L’affaiblissement du système public de santé et de sécurité sociale, la perte des droits du travail et la précarité de l’emploi sont quelques uns des «progrès» annoncés par le gouvernement fédéral. Dans le contexte de la crise sanitaire, la lutte pour le maintien des services publics essentiels à la vie est devenue une tâche d’autant plus difficile dans une conjoncture d’attaques à la démocratie, avec la progression du fascisme, du racisme institutionnel et structurel de plus en plus évident, et le renforcement du pouvoir des grandes entreprises sur les territoires.

Dans ce contexte, on constate que la liste de cruautés ne cesse de s’allonger. Les médias hégémoniques et les portails d’information font de la publicité pour les donations de matériel et d’installation effectuées par des compagnies pour combattre la COVID-19. Nous soulignons ici les entreprises productrices de papier et de cellulose, tels que Suzano, CMPC et Verace (Stora Enso). Pendant les heures d’ouverture, la Red Globo (grand réseau des médias brésiliens) diffuse la campagne «Solidaridad S.A.» qui souligne les actions menées par différentes sociétés transnationales. La terminologie fait référence aux entreprises possédant un siège social dans leur pays d’origine (majoritairement du nord global) qui cherchent à faire du profit dans d’autres pays en utilisant la main-d’oeuvre bon marché par l’installation de filiales. L’un des cas soulevés est la CMPC, qui a d’ailleurs obtenir un bénéfice net de 962,5 millions Réals brésiliens (R$) en 2019 dans la municipalité de Guaiba (RS). La plantation dédiée à la production de cellulose de l’entreprise a enregistré le premier cas de la maladie dans la ville. Cette année, cette dernière a donné 70 millions R$ à travers l’entreprise Softys pour mener des actions contre la COVID-19, ce qui représente à peine 7% des gains liquides de la corporation en 2019.

Néanmoins, les articles ne tiennent pas compte du fait que ces mêmes entreprises se sont vues accorder le droit de renégocier leurs dettes avec l’État brésilien dès le début de la pandémie au Brésil. La Banque nationale de développement économique et sociale (BNDES) a accordé des prêts généreux à des entreprises comme Suzano, qui avait déjà reçu plus de 6 000 millions R$ en argent public. Cela démontre comment les entreprises profitent des moments de crise pour non seulement amplifier de petites actions de responsabilité sociale, mais aussi pour renforcer leurs marques par la publicité positive et recevoir plus de bénéfices de l’État.

Il demeure important d’exprimer une telle indignation contre le gouvernement de Bolsonaro qui dans un contexte sans précédent, ne démontre aucune intention de mobiliser les ressources du BNDES pour le bien de la société. Les populations sont livrées à elles-même tandis que des ressources pourraient être utilisées pour leur donner accès à des aliments essentiels et pour mener des actions générant des conditions appropriées pour confronter cette crise en évitant les risques d’exposition au virus des travailleur.e.s et de leurs familles. Dans ce scénario, les familles reçoivent l’aide de Bolsa Familia et les chômeurs ainsi que les travailleurs indépendants reçoivent l’Aide d’Urgence de 600 R$ (environ 115 US$) avec la possibilité que leur bénéfice soit de 300 R$ jusqu’au mois d’août. Ce bénéfice a été accordé de manière désordonnée et a entraîné des problèmes pour près de 620 000 personnes avec des rentes au-dessus de la limite (revenu individuel jusqu’à la moitié du salaire minimum, soit de 522,50 R$, ou revenu mensuel familial équivalant jusqu’à trois salaires minimum, soit 3.153 R$). Cette fraude pourrait engendrer une perte atteignant les 1000 millones R$ au détriment des caisses de l’État.

En plus d’entraîner des conflits entre les municipalités, les états et le gouvernement national, l’exonération des taxes sur l’exportation des grandes entreprises productrices de cellulose, des secteurs de l’agro-industrie, de l’exploitation minière et d’autres domaines de l’économie à partir de la Loi Kandir a renforcé la précarisation de son peuple et de son territoire. Dans les faits, cette loi a conduit à une situation dans laquelle les gouvernements d’états demeurent pris en otage par les entreprises tandis que les propriétaires de ces dernières continuent de s’enrichir. De nos jours, les états doivent plusieurs millions aux entrepreneurs, mais ne parviennent pas à garantir des services publics, tel que le droit aux soins de santé. 

Comme si cela ne suffisait pas, ces entreprises violent directement les droits des communautés, ignorent les législations ainsi que la surveillance de l’environnement et du travail des usines et des plantations. Ces entreprises privatisent et commercialisent la nature en laissant les dommages environnementaux à la charge de l’État. De plus, dans de nombreux cas, les installations industrielles se trouvent en plein milieu de villes, exposant ainsi les populations à la contamination atmosphérique. Elles contribuent ainsi à l’affaiblissement du système respiratoire de ces personnes et mettent ces populations en situation de vulnérabilité en cette période de lutte contre la pandémie, et ce, en surchargeant davantage le SUS. L’action criminelle des entreprises violant les droits se fait toutefois avec l’aval du gouvernement actuel, dont le Ministre de l’Environnement, Ricardo Salles, qui favorise la modification des normes environnementales alors que l’attention demeure centrée sur la pandémie. Selon lui, c’est le moment de profiter de la crise pour changer toute la réglementation et ainsi simplifier les normes.

Les sociétés transnationales reçoivent des pouvoirs et des privilèges exceptionnels pour maintenir leurs gains considérables tout au long de la chaîne de production. Les secteurs de l’agro-industrie et de l’exploitation minière ont été considérés comme essentiels pendant la quarantaine au Brésil, empêchant ainsi les travailleur.e.s de ces secteurs de mettre en pratique la distanciation sociale (mesure essentielle pour limiter la propagation du virus). Cela a contribué au taux élevé de mortalité dans les communautés autochtones et quilombolas. C’est dans ce contexte que les usines de papier et de cellulose, tout comme les plantations industrielles d’arbres (qui causent de nombreux impacts sur le territoire des peuples et des communautés ainsi que sur l’environnement), continuent de fonctionner normalement et s’assurent d’augmenter leurs gains, ce qui indique de bonnes perspectives pour le secteur. En entrevue avec le journal Estado de San Pablo (2020), le président de l’entreprise Suzano, Walter Schalka, a affirmé: «Nous devons saisir ce moment, faire de la crise une opportunité. J’invite l’exécutif et le législatif à repenser des systèmes aussi fondamentaux au Brésil à partir de réformes administratives et fiscales. C’est le moment où nous pouvons entamer une transformation et en tirer profit à partir de maintenant. La plupart des entreprises réduisent leurs dépenses. Il est temps que le gouvernement fasse de même et s’engage à faire un bond dans la productivité. Nous ne devons pas attendre à 2021.»

L’exploitation pétrolière ne s’est pas non plus arrêtée pendant la pandémie. La COVID-19 se propage par les plateformes pétrolières du pays. Petrobas, une entreprise brésilienne exploitant certains des plus grands gisements situés dans la mer, fait face à une éclosion de cas de COVID-19 sur les plateformes d’extraction. L’entreprise a paralisé les opérations de deux plateformes (FSPO pour son sigle en anglais) après que deux travailleurs aient été infectés par la COVID-19. Les deux unités appartiennent à des compagnies étrangères et sont louées par Petrobras. Le FPSO Capixada, de la SBM Offshore hollandaise, se situe sur le gisement de Cachalote, sur le littoral sud de Espiritu Santo, et le FPSO Ciudad de Santos, de la Modec japonaise, effectue sa production sur les gisements de Tambau et Urugua, sur le littoral de Rio de Janeiro. Selon l’Agence nationale de pétrole, de gaz et de biocombustibles (ANP), il y avait 47 cas confirmés jusqu’en avril parmi les opérateurs des unités. Ainsi, 42 des 45 fonctionnaires de deux plateformes de l’exploitation de Xareu, sur la côte du Ceara, ont obtenu des résultats positifs pour le virus.

Les grands conglomérats deviennent d’importants transgresseurs des droits en cette période délicate de pandémie. Le milliardaire JBS, par exemple, a dû fermer l’usine à Passo Fundo (RS) après que celle-ci soit  devenue un foyer d’infection de COVID-19. L’entreprise n’a pas mis en oeuvre les mesures de sécurité et a maintenu les travailleurs exposés à l’agglomération des espaces de travail sans toutefois leur fournir du matériel de protection. L’entreprise a néanmoins donné 400 millions R$ pour lutter contre le nouveau coronavirus au Brésil. Un autre exemple serait celui de l’entreprise Vale qui n’a pas arrêté ses activités malgré le virus, mettant ainsi en danger la santé de ses fonctionnaires et des habitants des villes minières. Seulement dans le complexe minier d’Itabira (MG), près de 200 travailleurs ont obtenu un résultat positif au test du coronavirus. Afin de rectifier l’image de l’entreprise, la multinationale investit 500 millions R$ dans l’achat d’équipement de protection individuelle et de kits de diagnostic rapide tandis que, dans les municipalités où elle opère, l’état de santé de la population s’aggrave. Par ailleurs, la mine Nexa, liée au groupe Volorantim, a dissimulé des informations sur les cas de contagion parmi les opérateurs. De telles situations soulèvent des doutes quant au nombre d’entreprises passant sous silence les cas positifs parmi leurs employés.

Dans l’ensemble du pays, des organisations et des mouvements sociaux ont menés des actions de solidarité et tentent de limiter les impacts de la COVID-19 au sein des populations les plus vulnérables, principalement en ce qui concerne l’alimentation et la santé de base, soit des responsabilités de l’État qui demeurent exonérées par la perspective néolibérale. On peut notamment penser aux travailleurs Sin Tierra et aux travailleurs pétroliers qui se sont unis pour donner des aliments et du gaz à usage domestique à Curitiba (PR), tout au Movimiento de Afectados por la Represas (MAB) qui propose une série de mesures visant à protéger la vie des travailleur.e.s du pays et évoque l’exonération des tarifs des services essentiels. Divers fronts de solidarité agissent là où l’État ne se rend pas. Par exemple, le Movimiento por la Soberanía Popular en la Minería (MAM) a donné plus de six tonnes d’aliments pour la région de Porto Alegre (RS); l’Asociación Amigos del Medio Ambiente (AMA) de Guaíba (RS) a fait parvenir des dons pour les communautés autochtones menacées par l’exploitation minière; le Comité Gaúcho de Emergencia de Combate al Hambre a mobilisé des dons pour les plus vulnérables et a élaboré des recommandations pour lutter contre le manque de nourriture, tels que la poursuite du Programa Nacional de Alimentación Escolar (PNAE) et l’achat d’aliments produits par des agriculteurs locaux pour les paniers de base; le Movimiento de los Trabajadores Sin Tierra (MST) a donné près de trois tonnes d’aliments dans la région du nord et métropolitaine de Rio Grande del Sur (RS); le Frente Quilombola, en collaboration avec les Quilombos Urbanos de Porto Alegre et d’autres entités, ont mobilisé approximativement 30 tonnes d’aliments, des produits d’hygiène et de nettoyage et du tissus pour confectionner des masques, ce qui a permis d’atténuer les impacts sur les corps et les territoires; et finalement les femmes du Movimiento Interestatal de Quebradoras de Coco Babaçu (MIQCB) oeuvrant dans la distribution de paniers et de kits de base dans quatre états et appuyant plus de 2000 familles.

Ces réseaux de soutien, articulées avec les différentes organisations et mouvements sociaux, ont relié la campagne et la ville par l’achat, le transport et la livraison de vivres. Le réseau de solidarité s’associe à la lutte pour des politiques publiques et la garantie des droits fondamentaux à la vie des peuples, tels que l’accès à l’eau, le logement de base et le tarif social d’énergie et d’eau. La défense de la souveraineté des peuples et de leurs territoires érige des voies et des alternatives populaires pour confronter la pandémie du système capitaliste.

Compte tenu de la situation dramatique que vivent les communautés les plus vulnérables et touchées par le coronavirus, nous exigeons des autorités gouvernementales qu’elles assument la responsabilité de garantir des conditions de vie et de santé décentes aux personnes affectées par la COVID-19. Nous dénonçons également les entreprises qui continuent de détruire la nature et les populations et qui profitent de cette situation pour faire du «marketing humanitaire», y compris le maquillage vert, à partir de donations qui servent à redresser leur véritable image perverse, ainsi que la manière dont ces dernières bénéficient de l’argent public et des incitatifs gouvernementaux pour continuer de s’approprier des territoires, et ce, en épuisant leurs ressources naturelles et en détruisant la socio-biodiversité.

Références :

https://revistagloborural.globo.com/Noticias/Agricultura/noticia/2020/04/em-meio-ao-coronavirus-mst-doa-20-toneladas-de-arroz-organico-para-comunidades-carentes-em-rs-e-sp.html

https://g1.globo.com/pr/parana/noticia/2020/04/17/hospitais-asilos-e-familias-recebem-doacao-de-45-t-de-alimentos-do-mst-no-parana.ghtml

https://g1.globo.com/pr/parana/noticia/2020/04/17/hospitais-asilos-e-familias-recebem-doacao-de-45-t-de-alimentos-do-mst-no-parana.ghtml

https://www.brasildefato.com.br/2020/04/02/mst-doa-12-toneladas-de-arroz-organico-para-combate-a-fome-em-meio-a-pandemia-no-rs

http://www.abaf.org.br/suzano-e-veracel-se-unem-para-doar-35-respiradores-e-80-mil-mascaras-hospitalares-a-bahia-no-combate-ao-covid

Organisations signataires:

Amigos da Terra Brasil – ATBr
Amigos do Meio Ambiente – AMA Guaíba/RS
Articulação Rosalino Gomes de Povos e Comunidades Tradicionais
Assembleia Permanente de Entidades em Defesa do Meio Ambiente do RS – APEDeMA/RS
Associação Brasileira de Agroecologia – ABA
Associação Cultural Grupo Afrolaje – A.C.G.A
Associação dos Geógrafos Brasileiros – AGB
Associação Gaúcha de Proteção ao Ambiente Natural – AGAPAN/RS
Associação Ijuiense de Proteção ao Ambiente Natural
Campanha Nenhum Poço a Mais
Campanha Permanente Contra os Agrotóxicos e Pela Vida
Centro de Defesa de Direitos Humanos de Serra/ES – CDDH
Centro de Estudos Ambientais – CEA/RS
Coletivo de Educadorxs Negrxs e Indígenas de Duque de Caxias
Comissão Pastoral da Terra – CPT
Comitê de Combate à Megamineração no RS – CCM/RS
Comitê dos Povos e Comunidades Tradicionais do Pampa
Comitê Popular de Proteção aos Direitos Humanos no contexto do COVID-19
Conselho Indigenista Missionário – Cimi
Coordenação Nacional de Articulação das Comunidades Negras Rurais Quilombolas – CONAQ
FASE – ES
Fórum Carajás
Fórum da Amazônia Oriental – Faor
Frente Quilombola
Grupo de Estudos e Pesquisas em Interculturalidade e Economias do Sul – GEPIES
Grupo de Estudos, Pesquisa e Extensão em Geografia Agrária da FFP-UERJ – GeoAgrária
Grupo de Pesquisa e Extensão Política, Economia, Mineração, Ambiental e Sociedade –
PoEMAS
Grupo Ecológico Sentinela dos Pampas – GESP/RS
Instituto Gaúcho de Estudos Ambientais – InGá/RS
Instituto MIRA-SERRA/RS
Instituto Permacultura Lab
Marcha Mundial das Mulheres Brasil – MMM
Movimento de Luta pela Terra – MLT
Movimento de Mulheres Camponesas – MMC
Movimento de Pescadores e Pescadoras Artesanais – MPP
Movimento dos Atingidos por Barragens – MAB
Movimento dos Pequenos Agricultores – MPA
Movimento dos Trabalhadores Sem-Terra – MST
Movimento Geraizeiro
Movimento Interestadual das Quebradeiras de Coco Babaçu – MIQCB
Movimento Mundial pelas Florestas Tropicais – WRM
Movimento Nacional de Direitos Humanos – MNDH
Movimento pela Soberania Popular na Mineração – MAM
Movimento Roessler para Defesa Ambiental
Observatório de Políticas e Ambiente – ObservaCampos!
Rede Alerta Contra o Deserto Verde
Rede Carioca de Agricultura Urbana – CAU
Rede Sociotecnica do Alto Rio Pardo
Sempreviva Organização Feminista – SOF
Sindicato dos Trabalhadores Rurais de Urbano Santos
Terra de Direitos
União Pedritense de Proteção ao Ambiente Natural – UPPAN/RS
Via Campesina Brasil

Photo: World Rainforest Movement