AccueilCommuniquéLettre dirigée à l’ambassadeur canadien en Argentine pour dénoncer les projets miniers Agua Rica et La Alumbrera en Argentine (Asamblea el Algarrobo)

Lettre dirigée à l’ambassadeur canadien en Argentine pour dénoncer les projets miniers Agua Rica et La Alumbrera en Argentine (Asamblea el Algarrobo)

Source
Asamblea el Algarrobo
2010-05-27

Lors d’une manifestation organisée le 27 mai dernier devant l’Ambassade du Canada en Argentine, deux membres de l’assemblée,
Carranza Maria Rosario et Sergio Martinez présentèrent cette lettre à l’ambassadeur.

 

Remise en contexte

Andalgalá est une ville qui se retrouve dans la province de Catamarca, en Argentine. Dans cette région, le projet minier « La Alumbrera » est déjà en opération depuis plusieurs années par les compagnies canadiennes Gold Corp Inc. et Yamana Gold Inc.

Depuis quelques temps, l’entreprise Yamana Gold explore le projet minier « Agua Rica », lequel est à à peine 12km de la ville et est  situé dans les hauteurs du mont Aconquija, mont qui fournit en eau douce cette aride région. Cette mine d’or, de cuivre et de molybdène est en phase de « pré construction ». Agua Rica représente un projet trois fois plus grand que celui du projet minier La Alumbrera, lequel a déjà eu plusieurs impacts irréversibles sur l’environnement (ex: pollution de l’eau et particules dans l’air) et sur la santé des habitants vivant aux alentours (ex: augmentation des cancers et troubles respiratoires).

Dans la soirée du 15 février 2010, une violente répression policière eut lieu à l’encontre des opposants.

À la suite de cet événement, la Conseil municipal décida qu’une consultation populaire aurait lieu pour déterminer si les habitants de la région voulaient continuer avec le projet minier Agua Rica. Cette consultation était prévue pour le 25 mai 2010, jour du bicentaire argentin, mais fut suspendu par la Cour provinciale qui la jugea « inconstitutionnelle ».

Du 21 au 25 mars, les participants de la Asemblea del Algorrobo organisèrent une semaine d’activités, d’ateliers et de conférences qui attirèrent des participants de partout en Argentine et même d’autres pays. C’est lors de la manifestation du 27 mai  2010 devant l’Ambassade du Canada en Argentine que deux membres de l’assemblée, Carranza Maria Rosario et Sergio Martinez ,présentèrent cette lettre à l’ambassadeur.


 

“Les îles Malouines sont Argentines et les Nevados del Aconquija sont sanctuaires de la nature”

 

Ville autonome de Buenos Aires, le 27 mai 2010

 

Monsieur l’Ambassadeur de Canada

Maria Rosario Carranza, C.I. º 26.846.036 et Sergio Raùl Martìnez, C.I.º16.127.683, tous deux membres de l’Assemblée de l’Algarrobo de la ville d’Andalgalá, province de Catamarca, nous nous dirigeons vers vous afin de formaliser notre dénonciation auprès de l’ambassade contre l’actionnaire des entreprises minières Canadiennes sur notre territoire national, dans notre cas particulier celui de la mine Agua Rica et la mine de la Alumbrera .

La présente dénonciation a pour objet d’exiger de l’ambassade de prendre les positions nécessaires pour la cession d’activité de Yamana Gold dans notre département d’Andalgalá, en tenant en compte qu’autant les droits internationaux publiques comme les différentes législations nationales, qui comme bien juridique, contemplent et protègent avec zèle la vie, et considérant l’impacte socio-environnemental de ces mega gisements comme l’activité qui rompt le plus tous ces droits, non seulement les droits individuels mais aussi les droits collectifs aujourd’hui appelés de troisième génération, entre lesquels il y a aussi les droits territoriaux, trans-générationnels et ceux de nos peuples originaires (Convention Nº 169 de la OIT), c’est-à-dire nos droits communs qui systématiquement sont violés par l’actionnaire de ces entreprises et investisseurs avalisés par l’inaction des gouvernements nationaux et internationaux, en prenant en compte qu’aujourd’hui la première préoccupation devrait être le changement climatique mondial, ainsi que la culture et la santé des communautés, qui sont affectées par les méga-mines metalifères.

Cela fait 14 ans que notre commune est un mauvais exemple, avec la mine de l’Alumbrera, concernant la protection de l’eau, de notre biodiversité et de la santé (ce qui est connu de tous) et c’est pour ce motif que nous refusons cette activité extractive qui pollue nos ressources naturelles non renouvelables comme l’eau et la terre, tous deux biens communs du peuple.

Face à un nouvel ordre mondial, nous exigeons l’accomplissement strict de toutes les normes qui ont comme principal sujet les droits de l’homme et non les intérêts économique d’un État, d’une entreprise, d’une personne juridique et/ou quelconque autre personne légale (représentante). Aujourd’hui, le concept Aristotelien de l’être humain est dépassé, laissant place à un homme de culture, d’esprit, de sentiment et de nature, c’est-à-dire que l’homme ne peut être traité de façon isolée sinon qu’il doit être intégré aux multi facettes de l’univers. Chacune des actions d’un gouvernement doit prendre en compte et être à la hauteur de ces circonstances, au cas contraire ils commettent des crimes imprescriptibles de lésa Humanité.

Il faut souligner aussi qu’il ne se peut ni ne se doit s’approprier de la nature en lui ôtant le soutien pour les générations futures, du moins nous devrions leur offrir un monde dans le même état que nous l’avons reçu, en dirigeant notre action à la construction d’un monde digne, équitable et respectueux du processus de l’écosystème.

Après tout ce qui a été dit, nous dénonçons que l’activité minière de l’Alumbrera et Yamana Gold (Agua Rica) altère de façon négative et significative nos vies, en dérangeant la paix sociale et notre harmonie avec la nature, c’est pour cela que nous, les peuples affectés par la méga mine, nous exigeons le retrait de celles-ci de notre terre, au devoir de l’ambassade de prendre à sa charge la correspondance de la dénonciation de la violation des droits de l’homme ainsi que la violation des lois nationales, provinciales et municipales pour lesquelles ces entreprises furent à plusieurs à plusieurs reprises dénoncées dans différentes provinces de notre pays, pour les motifs déjà expliqués (Violation de la déclaration Universel des droits de l’homme, le pacte international des droits économiques, sociaux et culturel ( Parte 1-art. 1-incise 1/ incise 2), Convention Américaine sur les droits de l’homme (art.23- incise 1-A), la Constitution national (art.41), loi générale de l’environnement, la constitution provincial de Catamarca (Obligations municipales : art. 252-incise 9 et 10) et les constitutions des provinces voisines, la Carte Organique Municipale (art. 12, chapitre 5, art. subséquents et concordants), lois substitutives autant pénales que civiles, minières, travailleuses, environnementales, entre autres, au cas contraire l’État de Canada, selon l’ordre légal occidental sera complice de ces délits nationaux et internationaux.

Paragraphe à part qui mérite d’être tenu en compte dans cette présentation, c’est la situation procédurale du représentant de la mine de l’Alumbrera en Argentine, Julian Rooney, qui est inculpé pour délit environnemental par le ministère fédéral de Tucumán, auquel correspond une condamnation effective pour les délits mentionnés, non seulement dans notre pays, mais aussi dans le pays que vous représentez, rendant compte de cette manière au peuple Argentin et au peuple Canadien, et en rendant digne ainsi l’action de son gouvernement face à la communauté internationale.

Face à ce qui a été dit, nous autorisons à ce que participe dans ce présent dossier : Conciencia Solidaria-ONG Iter-provincial, Asociación de Profesionales para los pueblos; SERPAJ; REDAJ; ASANOA Tucumán-ASANOA Santiago del Estero-ASANOA Valle Calchaqui y Cafayate; PROECO-Grupo Ecologista, Asamblea el Chañar, Asamblea Nuestra Tierra-Catamarca, Asambleas Riojanas, Agrupación Noviembre – Belén et toutes les assemblées socio-environnementales et/ou organisations sociales actives dans la défenses de l’environnement , se réservant le droit d’élargir la présente dénonciation, ainsi que la liste des dénonciateurs.

Sincères salutations,

 

Carranza Maria Rosario, Sergio Martinez.