{"id":46888,"date":"2016-01-26T22:20:00","date_gmt":"2016-01-27T03:20:00","guid":{"rendered":"http:\/\/wordpress.cdhal.org\/es\/?page_id=46888"},"modified":"2016-01-26T22:20:00","modified_gmt":"2016-01-27T03:20:00","slug":"proyecto-rio-blanco","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.cdhal.org\/es\/recursos\/peru\/proyecto-rio-blanco\/","title":{"rendered":"Proyecto R\u00edo Blanco"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row][vc_column width=\u00bb1\/1&#8243;][vc_column_text]<em>Texto disponible en franc\u00e9s solamente<\/em><\/p>\n<p><strong>Contexte g\u00e9n\u00e9ral<\/strong><\/p>\n<p>Le projet R\u00edo Blanco men\u00e9 par la compagnie R\u00edo Blanco Copper (anciennement Minera Majaz) se situe dans la zone proche de la fronti\u00e8re avec l\u2019\u00c9quateur (le fleuve R\u00edo Blanco d\u00e9limitant la fronti\u00e8re) dans les provinces de Huancabamba et Ayabaca, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur des terres appartenant \u00e0 des communaut\u00e9s paysannes de Yanta et Segunda y Cajas. Il s\u2019agit d\u2019un projet de mine \u00e0 ciel ouvert qui couvre pr\u00e8s de 6 472 hectares mais qui aurait vocation \u00e0 s\u2019\u00e9tendre dans le cadre d\u2019un \u00ab district minier \u00bb \u00e9tant donn\u00e9 la richesse des sols de la r\u00e9gion et la pr\u00e9sence d\u2019autres projets situ\u00e9s dans la m\u00eame zone (c\u00f4t\u00e9 P\u00e9rou et c\u00f4t\u00e9 Equateur).<\/p>\n<p>Province de Piura au P\u00e9rou<br \/>\nSource: http:\/\/www.congreso.gob.pe\/congresista\/2001\/jperalta\/piura\/PIURA%20EN%20CIFRAS.htm<\/p>\n<p>Concessions mini\u00e8res octroy\u00e9es dans le d\u00e9partement de Piura.<br \/>\nSource : http:\/\/173.201.231.144\/index.php?option=com_igallery&amp;view=gallery&amp;id=12&amp;Itemid=122<\/p>\n<p><strong>Acteurs principaux<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les compagnies mini\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>Le projet R\u00edo Blanco a connu un processus long et complexe de changement de propri\u00e9taire., car diverses compagnies ont successivement achet\u00e9 et vendu une partie ou la totalit\u00e9 de leurs parts \u00e0 d\u2019autres compagnies. En voici les phases les plus significatives :<\/p>\n<p>Le cas du R\u00edo Blanco remonte \u00e0 1994 lorsque la compagnie mini\u00e8re australienne Newcrest Mining d\u00e9couvre des d\u00e9p\u00f4ts de cuivre et de molybd\u00e8ne par un travail de reconnaissance dans la r\u00e9gion. La compagnie vend ensuite une participation sur ses droits en 1996 \u00e0 la compagnie \u00e9tats-unienne Cyprus Amax, ce qui marque le d\u00e9but d\u2019un processus de vente et d&#8217;acquisition entre plusieurs compagnies.<\/p>\n<p>En 2000, l&#8217;entreprise canadienne Gitennes Exploration Inc. fait l\u2019acquisition des actions p\u00e9ruviennes de Newcrest, et en 2003 elle offre une participation au projet R\u00edo Blanco \u00e0 la compagnie britannique Monterrico Metals. Juste apr\u00e8s l\u2019obtention des r\u00e9sultats du programme initial de perforation, Monterrico n\u00e9gocie l\u2019acquisition de 100% du projet R\u00edo Blanco. Celle-ci op\u00e8re maintenant exclusivement au P\u00e9rou avec sept projets en cours. Actuellement, le projet R\u00edo Blanco est le plus important et le plus avanc\u00e9[fn]Peru Support Group, , Informe delegaci\u00f3n, 2007, \u201cMineria y Desarollo en el Per\u00fa, con especial referencia al proyecto R\u00edo Blanco, Piura\u201d, p4.[\/fn] .<\/p>\n<p>R\u00edo Blanco Copper (ex-Minera Majaz) \u00e9tait la filiale p\u00e9ruvienne de Monterrico Metals jusqu\u2019en 2007, date \u00e0 laquelle elle fut en partie rachet\u00e9e par le consortium chinois Zijin Mining Group Co. Ltd., qui a achet\u00e9 89,9% des actions de Monterrico Metals. Peu apr\u00e8s, le consortium chinois s\u2019est d\u00e9tach\u00e9 de 10% de ses parts pour les c\u00e9der \u00e0 la fonderie cor\u00e9enne LS Nikko Co. Le consortium Zijin s\u2019est accapar\u00e9 de 80% des actions, mais les Anglais maintiennent un pourcentage minoritaire.<\/p>\n<p>Le Peru Support Group est une organisation ind\u00e9pendante bas\u00e9e \u00e0 Londres dont le but est de soutenir les populations p\u00e9ruviennes et plus particuli\u00e8rement les plus pauvres. En 2007, une d\u00e9l\u00e9gation ind\u00e9pendante de chercheurs et journalistes coordonn\u00e9e par le Peru Support Group a \u00e9crit un rapport sur le cas du R\u00edo Blanco dans le cadre d\u2019une analyse plus compl\u00e8te du lien entre mines et d\u00e9veloppement. Le rapport du Peru Support Group \u00e9num\u00e8re un certain nombre d\u2019arguments avanc\u00e9s par ceux qui soutiennent l\u2019installation d\u2019une compagnie mini\u00e8re; une partie des arguments est avanc\u00e9es par l\u2019entreprise Monterrico Metals sur son site internet. Le rapport distingue une s\u00e9rie d\u2019opportunit\u00e9s \u00e9conomiques[fn] Peru Support Group, Informe delegaci\u00f3n, 2007, \u201cMineria y Desarollo en el Per\u00fa, con especial referencia al proyecto R\u00edo Blanco, Piura\u201d. p 45.[\/fn] :<br \/>\n\u2022Les exportations de minerais g\u00e9n\u00e8rent des devises : l\u2019exportation de minerais peut constituer un avantage si l\u2019\u00e9change se fait dans une monnaie forte comme le dollar ou l\u2019euro. Ces devises peuvent ensuite \u00eatre revendues et g\u00e9n\u00e9rer des b\u00e9n\u00e9fices. L\u2019exportation de mati\u00e8res premi\u00e8res est n\u00e9anmoins tr\u00e8s d\u00e9pendante des fluctuations des devises.<br \/>\n\u2022La redevance mini\u00e8re &#8211; ou royalties : il s\u2019agit d\u2019un paiement r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019entreprise \u00e0 l\u2019Etat pour l\u2019exploitation de ses ressources naturelles.<\/p>\n<p>Le rapport distingue encore une s\u00e9rie d\u2019arguments avanc\u00e9s \u00e0 propos d\u2019opportunit\u00e9s \u00e9conomiques directes et indirectes cr\u00e9\u00e9es par l\u2019implantation de la compagnie mini\u00e8re dans la r\u00e9gion o\u00f9 elle op\u00e8re :<br \/>\n\u2022La cr\u00e9ation d\u2019emplois directs durant la phase de construction;<br \/>\n\u2022La cr\u00e9ation d\u2019emplois directs durant la phase op\u00e9rationnelle;<br \/>\n\u2022Les b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques cr\u00e9\u00e9s par les programmes de responsabilit\u00e9 sociale et le d\u00e9veloppement communautaire des entreprises;<br \/>\n\u2022Les effets multiplicateurs dans l\u2019\u00e9conomie locale;<br \/>\n\u2022Les b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques li\u00e9s aux infrastructures (surtout routi\u00e8res) construites pour que la mine puisse \u00eatre op\u00e9rationnelle.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, ces arguments sont accompagn\u00e9s de limites, comme par exemple le fait que l\u2019emploi cr\u00e9\u00e9 pour les populations locales soit souvent un emploi peu qualifi\u00e9, les ing\u00e9nieurs et les employeurs qualifi\u00e9s venant d\u2019autres r\u00e9gions car les populations locales ne disposent pas forc\u00e9ment des qualifications n\u00e9cessaires \u00e0 ces postes.<\/p>\n<p><strong>Les communaut\u00e9s paysannes de Yanta et Segunda y Cajas<\/strong><\/p>\n<p>Le projet se situe sur des terres appartenant \u00e0 deux communaut\u00e9s paysannes : Segunda y Cajas et Yanta. Elles sont utilis\u00e9es par ces communaut\u00e9s pour les p\u00e2turages ou comme terres de r\u00e9serve. Ces communaut\u00e9s sont des entit\u00e9s l\u00e9galement reconnues qui s\u2019auto-gouvernent. Elles \u00e9lisent leurs propres autorit\u00e9s qui sont responsables devant l\u2019Assembl\u00e9e communale, soit l\u2019organisme qui prend les d\u00e9cisions[fn]Peru Support Group, Informe delegaci\u00f3n, 2007, \u201cMineria y Desarollo en el Per\u00fa, con especial referencia al proyecto R\u00edo Blanco, Piura\u201d, p 21.[\/fn]<\/p>\n<p>Communaut\u00e9s de Segunda y Cajas et Yanta.<br \/>\nSource : http:\/\/www.factortierra.net\/network\/factortierra\/chira\/oroyagua\/factortierra_microsoft_monterrico_mapa2.jpg<\/p>\n<p><strong>Le Minist\u00e8re de l\u2019Energie et des Mines (MINEM)<\/strong><\/p>\n<p>Selon le Peru Support Group, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019importance du secteur minier au P\u00e9rou, le MINEM est devenu un minist\u00e8re puissant : \u00ab la l\u00e9gislation et les normes ont \u00e9t\u00e9 faites de telle fa\u00e7on qu\u2019elles ont accentu\u00e9 ce pouvoir. Ainsi, toutes les d\u00e9cisions concernant le d\u00e9veloppement et l\u2019approbation de projets miniers se fait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du MINEM \u00bb[fn]Peru Support Group, Informe delegaci\u00f3n, 2007, \u201cMineria y Desarollo en el Per\u00fa, con especial referencia al proyecto R\u00edo Blanco, Piura\u201d, p8.[\/fn] . Les fonctions du MINEM cr\u00e9ent un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat en son sein. En effet, le r\u00f4le du MINEM est de promouvoir l\u2019investissement minier mais aussi de le freiner si l\u2019activit\u00e9 mini\u00e8re cr\u00e9e des dommages environnementaux et sociaux. Dans le cadre du projet R\u00edo Blanco, ce conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat est apparu au grand jour.<\/p>\n<p><strong>Le r\u00e9seau Muqui<\/strong><\/p>\n<p>Le r\u00e9seau Muqui est un r\u00e9seau d\u2019institutions nationales et locales qui cherchent \u00e0 promouvoir le d\u00e9veloppement durable et \u00e0 d\u00e9fendre les droits de la communaut\u00e9 et des populations des zones d\u2019influence mini\u00e8re ou m\u00e9tallurgique. Le r\u00e9seau :<br \/>\n\u2022M\u00e8ne des enqu\u00eates et des \u00e9tudes qui aboutissent \u00e0 des propositions ;<br \/>\n\u2022Formule et promeut des propositions politiques et normatives ;<br \/>\n\u2022Con\u00e7oit et ex\u00e9cute des strat\u00e9gies de communication ;<br \/>\n\u2022Appuie et conseille des cas embl\u00e9matiques ;<br \/>\n\u2022Surveille les politiques publiques et les politiques corporatives ;<br \/>\n\u2022Accompagne les communaut\u00e9s dans leurs processus de dialogue et surveille le respect des compromis des entreprises mini\u00e8res par rapport \u00e0 ces communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans le cadre du conflit avec l\u2019entreprise mini\u00e8re Minera Majaz, le r\u00e9seau Muqui a appuy\u00e9 et f\u00e9d\u00e9r\u00e9 les opposants \u00e0 ce projet. Ils administrent le site web d\u2019information sur le conflit : www.todosobrerioblanco.com<\/p>\n<p><strong>Le Front d\u2019Unit\u00e9 de la Communaut\u00e9 de Segunda y Cajas (FUCSC)<\/strong><\/p>\n<p>Le FUCSC, de son acronyme en espagnol \u00ab Frente de Unidad de la Comunidad de Segunda y Cajas \u00bb, s\u2019est form\u00e9 le 11 d\u00e9cembre 2007 \u00e0 la suite du r\u00e9f\u00e9rendum organis\u00e9 le 16 septembre de la m\u00eame ann\u00e9e dans la juridiction des communaut\u00e9s de Segunda Y Cajas et Yanta, o\u00f9 la position contraire au projet de l\u2019entreprise Minera Majaz a largement gagn\u00e9. Le Front s\u2019est form\u00e9 avec l\u2019appui de 300 citoyens, dont moins d\u2019une dizaine sont des membres de la communaut\u00e9 paysanne de Segunda Y Cajas. Ce groupe est en faveur du projet minier bien que son nom ne le laisse pas sugg\u00e9rer. C\u2019est cette organisation qui a d\u00e9pos\u00e9 une plainte en 2008 contre un certain nombre de militants anti-mines des communaut\u00e9s de Segunda y Cajas.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9veloppement du projet<\/strong><\/p>\n<p>Les travaux d\u2019exploration du site par l\u2019entreprise Minera Majaz se sont \u00e9tal\u00e9s entre novembre 2003 et novembre 2006. En 2003, le MINEM a approuv\u00e9 l\u2019\u00c9valuation environnementale pr\u00e9sent\u00e9e par Minera Majaz, document qui sp\u00e9cifie comment l\u2019entreprise va g\u00e9rer les impacts environnementaux et sociaux de la phase d\u2019exploration. L\u2019approbation du document permet en g\u00e9n\u00e9ral de passer de la phase d\u2019exploration \u00e0 la phase d\u2019exploitation. L\u2019entreprise, sur son site web, informe que le d\u00e9but de la phase d\u2019exploitation est pr\u00e9vu pour 2011.<\/p>\n<p><strong>Forage \u00e0 R\u00edo Blanco durant la phase d&#8217;exploration<\/strong><\/p>\n<p>Source: http:\/\/www.monterrico.co.uk\/i\/photos\/Drilling-at-Rio-Blanco.jpg<\/p>\n<p><strong>Probl\u00e8mes principaux<\/strong><\/p>\n<p>Le projet minier R\u00edo Blanco pr\u00e9sente un certain nombre de probl\u00e8mes tant au niveau de la l\u00e9galit\u00e9 qu\u2019au niveau des impacts environnementaux et sociaux qu\u2019il pourrait causer.<\/p>\n<p><strong>Une pr\u00e9sence ill\u00e9gale de la compagnie Minera Majaz sur les terres communales<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 partir du moment o\u00f9 la compagnie mini\u00e8re a install\u00e9 son campement et d\u00e9but\u00e9 ses travaux d\u2019exploration en 2002, les communaut\u00e9s locales ont commenc\u00e9 \u00e0 protester et \u00e0 d\u00e9noncer la pr\u00e9sence ill\u00e9gale de la compagnie sur leurs terres. D\u00e8s lors, les dirigeants de la compagnie ont pr\u00e9sent\u00e9 un ensemble de documents en leur possession[fn]Voir les annexes du document Primer informe de conflictos de Piura, p29 \u00e0 101. http:\/\/www.todosobrerioblanco.com\/index.php?option=com_content&amp;task=blogsection&amp;id=32&amp;Itemid=61 [\/fn] , documents qui selon eux remplissaient les exigences de la l\u00e9gislation en vigueur.<\/p>\n<p>Aucun des documents ne remplissaient les pr\u00e9-requis exig\u00e9s par la Loi n\u00b026505, Loi de Promotion de l\u2019Investissement Priv\u00e9 dans le cadre du d\u00e9veloppement des activit\u00e9s \u00e9conomiques sur des terres du territoire national et des communaut\u00e9s paysannes.<\/p>\n<p>Le D\u00e9cret Supr\u00eame n\u00b0038-98-EM \u00e9tablit que la r\u00e9alisation d\u2019activit\u00e9s mini\u00e8res d\u2019exploration requiert l\u2019accord pr\u00e9alable du propri\u00e9taire. L\u2019article 11 de la Loi n\u00b026505 souligne le fait que les communaut\u00e9s paysannes autochtones pourront disposer, taxer, louer ou exercer quelque acte sur les terres communales uniquement avec l\u2019accord de l\u2019Assembl\u00e9e communale et avec le vote des deux tiers de tous les membres de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Cela signifie que n\u2019importe quelle activit\u00e9 effectu\u00e9e sur les terres communales n\u00e9cessite l\u2019accord pr\u00e9alable de l\u2019Assembl\u00e9e communale, vot\u00e9 par les deux tiers de tous les membres de la communaut\u00e9. Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas pour l\u2019entreprise Minera Majaz, car il n\u2019y a pas eu de consultation pr\u00e9alable des communaut\u00e9s et parce que les documents pr\u00e9sent\u00e9s par l\u2019entreprise ne remplissaient pas les exigences de la l\u00e9gislation en vigueur[fn]Primer informe de conflictos de Piura, p 4. http:\/\/www.todosobrerioblanco.com\/index.php?option=com_content&amp;task=blogsection&amp;id=32&amp;Itemid=61 [\/fn] .<\/p>\n<p><strong>Le droit \u00e0 la participation inform\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Le droit \u00e0 la participation inform\u00e9e est la facult\u00e9 des citoyens \u00e0 pouvoir intervenir dans les affaires qui affectent les personnes ou leurs communaut\u00e9s. Durant le processus d\u2019\u00c9valuation de l\u2019impact environnemental et social (EIES) de la phase d\u2019exploration par la compagnie Minera Majaz, les citoyens des communaut\u00e9s affect\u00e9es ont estim\u00e9 que ce droit avait \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 le vice que pr\u00e9sentait l\u2019EIES. Selon la Defensor\u00eda del Pueblo, pour que ce droit puisse s\u2019exercer les citoyens doivent avoir acc\u00e8s \u00e0 une information opportune, pr\u00e9cise et compl\u00e8te afin de se former une opinion et de participer de mani\u00e8re inform\u00e9e[fn]La Defensor\u00eda del Pueblo est un organe constitutionnel autonome de l\u2019Etat qui a pour mission la d\u00e9fense des droits constitutionnels et fondamentaux de la personne et de la communaut\u00e9, la supervision de l\u2019ex\u00e9cution des devoirs de l\u2019administration \u00e9tatique et la prestation ad\u00e9quate de services publiques \u00e0 la communaut\u00e9 en accord avec l\u2019Article 162 de la Constitution Politique du P\u00e9rou et l\u2019Article1er de la Loi Organique de la Defensor\u00eda del Pueblo, Loi n\u00b026520. \u00ab INFORME No 001 -2006\/ASPMA-MA \u00bb, p 2., www.todosobremajaz.com\/INFORME%20DEFESORIAL%20-%20MAJAZ.pdf [\/fn].<\/p>\n<p>Or le 7 f\u00e9vrier 2003, le MINEM a publi\u00e9 un texte comportant une erreur sur le lieu o\u00f9 devait se d\u00e9rouler les travaux d\u2019exploration, \u00e0 savoir \u00ab dans le district de Huarmaca, province de Huancabamba, d\u00e9partement de Piura \u00bb[fn] \u00ab INFORME No 001 -2006\/ASPMA-MA \u00bb, p 21. www.todosobremajaz.com\/INFORME%20DEFESORIAL%20-%20MAJAZ.pdf [\/fn] . Le district de Huarmaca ne se trouve pas dans le d\u00e9partement de Piura. Le MINEM a reconnu son erreur et l\u2019a rectifi\u00e9e mais a consid\u00e9r\u00e9 que le droit \u00e0 la participation citoyenne inform\u00e9e n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 par cette erreur, car la population \u00e9tait au courant du processus administratif de l\u2019\u00e9valuation environnementale.<\/p>\n<p>La Defensor\u00eda del Pueblo n\u2019\u00e9tait pas de cet avis, elle estime qu\u2019on a emp\u00each\u00e9 que le droit de participation inform\u00e9e s\u2019exerce car :<br \/>\n\u2022Le nom de la r\u00e9gion \u00e0 laquelle s\u2019appliquait l\u2019\u00c9valuation environnementale \u00e9tait erron\u00e9 ;<br \/>\n\u2022La divulgation s\u2019est faite \u00e0 travers des journaux auxquels peu de citoyens concern\u00e9s pouvaient avoir acc\u00e8s ;<br \/>\n\u2022Le MINEM a demand\u00e9 que les commentaires et observations soient envoy\u00e9s \u00e0 Lima, or une partie de ces populations est souvent analphab\u00e8te ou illettr\u00e9e, et n\u2019est pas \u00e0 m\u00eame de couvrir les frais qu\u2019engendreraient ces envois.<\/p>\n<p><strong>L\u2019impact environnemental du projet<\/strong><\/p>\n<p>Les concessions allou\u00e9es \u00e0 la compagnie se situent dans un \u00e9cosyst\u00e8me fragile avec une grande biodiversit\u00e9, et les activit\u00e9s d\u2019une mine \u00e0 ciel ouvert pourraient mettre en p\u00e9ril cet \u00e9cosyst\u00e8me.<\/p>\n<p>La zone du projet se situe au c\u0153ur d\u2019une vaste \u00e9tendue de for\u00eat &#8211; la derni\u00e8re grande \u00e9tendue de for\u00eats humides du d\u00e9partement de Piura. Ces for\u00eats ont une grande valeur en soi pour leur diversit\u00e9 et contiennent des \u00e9l\u00e9ments rares de la flore et de la faune au P\u00e9rou. La plus grande valeur de cette f\u00f4ret r\u00e9side dans le fait qu\u2019elle lie le Sanctuaire National de Tabaconas Namballe et les aires prot\u00e9g\u00e9es \u00e9quatoriennes qui s\u2019\u00e9tendent jusqu\u2019\u00e0 la fronti\u00e8re, formant ainsi ce qu\u2019on appelle un \u00ab couloir biologique \u00bb, qui sert principalement \u00e0 des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es qui ont besoin de grands espaces. Une grande op\u00e9ration mini\u00e8re \u00e0 ciel ouvert au milieu de cette for\u00eat repr\u00e9senterait une menace pour la survie du dit couloir[fn]http:\/\/es.oxfamamerica.org\/noticias\/noticias\/peru_majaz_impactos_ambientales[\/fn] .<\/p>\n<p><strong>Site o\u00f9 les concessions ont \u00e9t\u00e9 allou\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Source: http:\/\/www.catapa.be\/nl\/node\/77<\/p>\n<p>Le projet minier repr\u00e9sente une menace pour la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 de l\u2019eau destin\u00e9e \u00e0 la consommation humaine : les d\u00e9chets toxiques qui r\u00e9sultent du processus de s\u00e9paration des minerais de la terre, ainsi que le d\u00e9boisement massif, produits de l\u2019exploitation mini\u00e8re, pourraient g\u00e9n\u00e9rer un drainage d\u2019eau acide qui contaminerait le fleuve Chinchipe, affectant les activit\u00e9s agricoles des districts de Cajamarca. Le ravin se situant en dessous de la nappe phr\u00e9atique, cette eau devrait \u00eatre pomp\u00e9e et serait contamin\u00e9e par les eaux acides de la mine. Avec les pr\u00e9cipitations il existe un haut risque que l\u2019eau s\u2019infiltre \u00e0 travers les d\u00e9chets toxiques et contamine les sols et les fleuves.<\/p>\n<p><strong>Cons\u00e9quences sociales<\/strong><\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de la compagnie Minera Majaz a provoqu\u00e9 un sentiment d\u2019angoisse parmi la population d\u00fb au manque de transparence dans les agissements de l\u2019entreprise tout comme aux actes de violence desquels elle est \u00e0 l\u2019origine. L\u2019entreprise s\u2019est constitu\u00e9e une base sociale d\u2019appui, qui est aussi pass\u00e9 par la constitution d\u2019organisations parall\u00e8les comme le Frente de Unidad de la Comunidad de Segunda y Cajas (FUCSC), fragilisant ainsi la coh\u00e9sion sociale locale. Le conflit avec l\u2019entreprise mini\u00e8re s\u2019est r\u00e9percut\u00e9 n\u00e9gativement sur les institutions et les organisations de la r\u00e9gion tout comme \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des familles, provoquant des divisions[fn]www.todosobremajaz.com\/pdfs\/TripticoMAJAZ.pdf [\/fn] .<\/p>\n<p><strong>Mouvement, r\u00e9pression et impact sur les droits humains<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mobilisation et tentatives de dialogue<\/strong><\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but des travaux d\u2019exploration en 2003, les communaut\u00e9s paysannes n\u2019ont cess\u00e9 de d\u00e9noncer l\u2019occupation ill\u00e9gale des terres par la compagnie.<\/p>\n<p>Durant le processus d\u2019\u00c9valuation environnementale, la compagnie a pr\u00e9sent\u00e9 un certain nombre de documents pour montrer qu\u2019elle avait l\u2019accord des propri\u00e9taires pour mener ses activit\u00e9s. Lors de l\u2019Assembl\u00e9e communale du 18 mai 2003, la communaut\u00e9 paysanne de Segunda y Cajas a d\u00e9cid\u00e9 de ne permettre aucune activit\u00e9 mini\u00e8re sur le territoire communal. Quant \u00e0 la communaut\u00e9 de Yanta, elle a proc\u00e9d\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re dans sa propre Assembl\u00e9e communale du 10 janvier 2004. Ces d\u00e9cisions ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es au Minist\u00e8re de l\u2019Energie et des Mines (MINEM), au Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019entreprise Minera Majaz, demandant \u00e9galement le d\u00e9part de la compagnie mini\u00e8re.<\/p>\n<p>Le 22 avril 2004, n\u2019ayant pas eu de r\u00e9ponse sur la question du d\u00e9part de la compagnie, les communaut\u00e9s et les rondes paysannes[fn]\u00ab Les rondes paysannes constituent l\u2019une des institutions principales du monde rural p\u00e9ruvien. Pens\u00e9es \u00e0 l\u2019origine comme des structures communautaires d\u2019auto-d\u00e9fense, elles contribuent aujourd\u2019hui au maintien des traditions andines d\u2019organisations collectives ainsi qu\u2019\u00e0 la diffusion et \u00e0 la d\u00e9fense de concepts plus modernes tels que la d\u00e9mocratie et les droits de l\u2019homme. \u00bb http:\/\/base.d-p-h.info\/fr\/fiches\/premierdph\/fiche-premierdph-6.html[\/fn] , avec l\u2019appui de leurs maires, r\u00e9alis\u00e8rent une manifestation jusqu\u2019au campement de l\u2019entreprise situ\u00e9 sur la colline de Sargento Henry\u2019s Hill afin d&#8217;interpeller ses dirigeants.<\/p>\n<p>La police a r\u00e9pondu violemment, occasionnant la mort d&#8217;un membre de la ronde paysanne, Reemberto Herrera Racho[fn] Primer informe de conflictos de Piura, p 8. http:\/\/www.todosobrerioblanco.com\/index.php?option=com_content&amp;task=blogsection&amp;id=32&amp;Itemid=61 [\/fn]. Le 22 et 28 f\u00e9vrier 2007, les communaut\u00e9s paysannes de Yanta et Segunda y Cajas ont pr\u00e9sent\u00e9 au Minist\u00e8re Public une plainte contre des fonctionnaires de Minera Majaz S.A. pour d\u00e9lit d\u2019usurpation de terres. Le 8 mai 2007, une inspection fiscale a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e dans le campement de R\u00edo Blanco et pour le cas de Yanta, une plainte a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e de 8 novembre 2007.<\/p>\n<p><strong>Marche de ronderos \u00e0 Ayacaba contre le projet minier<\/strong><\/p>\n<p>Source: http:\/\/gua30.files.wordpress.com\/2008\/09\/ayabaca-marcha-ronderos-no-majaz-043.JPG<\/p>\n<p>Dans un article de la revue Caminando suite \u00e0 une mission d\u2019observation au P\u00e9rou, Marie-Dominik Langlois, ancienne coordonnatrice du Comit\u00e9 pour les droits humains en Am\u00e9rique latine (CDHAL), \u00e9crit:<\/p>\n<p>\u00ab Pressentant les risques qu\u2019elles encouraient avec le projet minier et se voyant exclues du processus d\u00e9cisionnel par le gouvernement p\u00e9ruvien et l&#8217;entreprise Majaz, les communaut\u00e9s ont d\u00e9cid\u00e9 de prendre les mesures n\u00e9cessaires afin de faire entendre leur voix. Tout d&#8217;abord, en 2005, elles ont form\u00e9 le Front de d\u00e9veloppement durable de la fronti\u00e8re du Nord (Frente de desarrollo sostenible de la frontera norte [cr\u00e9\u00e9 le 24 septembre 2005]), regroupant les maires de trois localit\u00e9s (Ayabaca, Pacaipampa et Carmen de la Frontera), ainsi qu&#8217;une trentaine de groupes de base repr\u00e9sentant les int\u00e9r\u00eats des communaut\u00e9s [le r\u00e9seau Muqui qui est cr\u00e9\u00e9 au m\u00eame moment].<\/p>\n<p>Les citoyenNEs pr\u00e9occup\u00e9Es et les groupes participants ont entrepris de sensibiliser la population de la r\u00e9gion de Piura, en commen\u00e7ant par les principales communaut\u00e9s affect\u00e9es. Leur but \u00e9tant d&#8217;offrir une information ind\u00e9pendante, alternative \u00e0 celle diffus\u00e9e, notamment, par l\u2019entreprise mini\u00e8re.<br \/>\nPar la suite, afin d&#8217;\u00e9viter l&#8217;isolement, tant g\u00e9ographique que politique, qui contribuait \u00e0 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des acteurs-trices mobilis\u00e9Es [\u2026] on a proc\u00e9d\u00e9 au r\u00e9seautage du mouvement aux niveaux local, r\u00e9gional, national et international \u00bb[fn]Langlois, Marie-Dominique, \u00ab Agro si, mina no ! \u00bb, Caminando, Volume 25, no.3 \u2013 novembre 2007.[\/fn] .<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les diverses tentatives de dialogue entre les communaut\u00e9s, l\u2019entreprise et les autorit\u00e9s p\u00e9ruviennes, le conflit ne trouve pas d\u2019issue et d\u00e9bouche sur une impasse.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9questration et torture \u00e0 Majaz<\/strong><\/p>\n<p>Le 28 juillet 2005, les paysans ont fait une marche pacifique jusqu\u2019au campement de la mine o\u00f9 ils esp\u00e9raient pouvoir rencontrer une commission multisectorielle. Cependant l\u2019issue de la rencontre entre les paysans et la Police Nationale accompagn\u00e9e du service de s\u00e9curit\u00e9 de la compagnie mini\u00e8re (Forza) a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de leurs attentes \u00e9tant donn\u00e9 la r\u00e9pression violente et la division du groupe. 29 \u00ab comuneros \u00bb (membres de la communaut\u00e9) de Yanta, Segunda Y Cajas, de Ayacaba et Huancabamba (province de Piura) ont \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 et tortur\u00e9. L&#8217;un d&#8217;entre eux, Melanio Garc\u00eda, est mort le 2 ao\u00fbt 2005 des suites de ces traitements. violents[fn]http:\/\/www.larepublica.pe\/archive\/all\/larepublica\/2009\/01\/09\/16\/pagina\/14 et http:\/\/www.cnr.org.pe\/noticia.php?id=24730[\/fn] .<\/p>\n<p><strong>S\u00e9questration et torture \u00e0 Majaz<\/strong><\/p>\n<p>Source: http:\/\/1.bp.blogspot.com\/_isEMFaD1glk\/SXEmT_6uUwI\/AAAAAAAAAQY\/yXCTspn8qJc\/s320\/majaz2%5B1%5D.JPG<\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois jours de s\u00e9questration et de torture, aucune autorit\u00e9 judiciaire ni polici\u00e8re n\u2019a entendu et trait\u00e9 leur requ\u00eate. De m\u00eame, au bout de trois ans et demi, presque personne n\u2019a pr\u00eat\u00e9 attention \u00e0 leur r\u00e9cit. L\u2019entreprise n\u2019a jamais abord\u00e9 le sujet, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un reportage accompagn\u00e9 de preuves photographiques soit publi\u00e9 dans le journal La Rep\u00fablica en janvier 2009. Les faits relat\u00e9s sont les suivants :<br \/>\n\u2022Des effectifs de la police et du personnel de s\u00e9curit\u00e9 de la compagnie Minera Majaz ont maintenu dos \u00e0 dos attach\u00e9s les 29 \u00ab communeros \u00bb [27 hommes et 2 femmes]. Par moments, ils \u00e9taient asperg\u00e9s de substance toxique qui les emp\u00eachait de respirer.<br \/>\n\u2022Les violences physiques s\u2019accompagnaient de violences verbales lorsque les agresseurs leur disaient qu\u2019ils allaient \u00eatre incarc\u00e9r\u00e9s dans la prison de R\u00edo Seco parce qu\u2019ils \u00e9taient des terroristes et des narcotrafiquants et qu\u2019ils ne reverraient jamais leur maison.<br \/>\n\u2022Les agresseurs s\u2019assuraient que leurs victimes ne dorment pas. Mario Tabra Guerrero, \u00e0 ce moment pr\u00e9sident du Front de D\u00e9fense de l\u2019Environnement, raconta que lorsqu\u2019il commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019endormir, un policier lui donnait des coups de pieds pour qu\u2019il se maintienne droit.<br \/>\n\u2022La t\u00eate de Senesio Jim\u00e9nez Pe\u00f1a, pr\u00e9sident de la communaut\u00e9 de Yanta, a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e contre le sol \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n<p>Mario Tabra Guerrero, l\u2019un des hommes s\u00e9questr\u00e9s, raconte les faits suivants :<br \/>\n\u00ab Nous avons \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s dans une salle de bain o\u00f9 ils nous ont tortur\u00e9 durant trois jours, nous accusant d\u2019\u00eatre des terroristes : \u00abfils de pute, vous allez mourir, pourquoi vous ne pouvez pas laisser l\u2019entreprise travailler, indiens ignorants de merde\u00bb \u00bb[fn] La Rep\u00fablica, p 9: http:\/\/www.scribd.com\/doc\/18322371\/Violacion-de-derechos-humanospor-minera-Majaz-en-Piura2009 [\/fn] .<\/p>\n<p><strong>S\u00e9questration et torture \u00e0 Majaz<\/strong><br \/>\nSource : http:\/\/3.bp.blogspot.com\/_Laj56b18ERo\/SWtvyL6JQ8I\/AAAAAAAAASE\/hFowW3eAlDg\/s400\/majaz13.jpg<\/p>\n<p>L\u2019enqu\u00eate sur la s\u00e9questration et la torture des 29 paysans \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la propri\u00e9t\u00e9 de la compagnie Minera Majaz a avanc\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9lit\u00e9e \u00e0 cause du refus de la Police Nationale de d\u00e9voiler les noms des effectifs qui ont particip\u00e9 \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements en ao\u00fbt 2005[fn]La Rep\u00fablica, p 11: http:\/\/www.scribd.com\/doc\/18322371\/Violacion-de-derechos-humanospor-minera-Majaz-en-Piura2009[\/fn] .<\/p>\n<p>Le 24 mars 2008, l\u2019organisation Front d\u2019Unit\u00e9 de la Communaut\u00e9 Paysanne de Segunda y Cajas (FUCSC) de la province d\u2019Huancabamba (form\u00e9e le 11 d\u00e9cembre 2007) a pr\u00e9sent\u00e9 au Minist\u00e8re Public (Fiscal\u00eda Provincial) de Turno de Piura une plainte pour d\u00e9lits de terrorisme sous quinze modalit\u00e9s contre 35 militants environnementaux de la r\u00e9gion. Les d\u00e9lits dont on les accuse sont les suivants : \u00ab atteinte \u00e0 la tranquillit\u00e9 et \u00e0 la paix publique, troubles, apologie, association illicite, opposition aux pouvoirs de l\u2019Etat et de l\u2019Ordre Constitutionnel, \u00e9meute, conspiration, crime contre l\u2019humanit\u00e9, tortures, dommages graves et l\u00e9gers, coaction, s\u00e9questration, violation de domicile, crime contre le patrimoine, usurpation et d\u00e9g\u00e2ts \u00bb. Des 300 accus\u00e9s, 35 le sont pour terrorisme[fn]La Rep\u00fablica, p 19 : http:\/\/www.scribd.com\/doc\/18322371\/Violacion-de-derechos-humanospor-minera-Majaz-en-Piura2009[\/fn] .<\/p>\n<p>La d\u00e9claration de reconnaissance et d\u2019excuses publiques que l\u2019entreprise a formul\u00e9e le 11 septembre 2006 sur les erreurs de sa politique socio-environnementale ant\u00e9rieure \u00e0 juin 2006 ne suffit cependant pas \u00e0 calmer le jeu.<\/p>\n<p><strong>Le r\u00e9f\u00e9rendum<\/strong><\/p>\n<p>Dans le m\u00eame article \u00e9crit dans la revue Caminando suite \u00e0 une mission d\u2019observation au P\u00e9rou, Marie-Dominik Langlois, ancienne coordonnatrice du CDHAL, explique comment est n\u00e9 le r\u00e9f\u00e9rendum :<\/p>\n<p>\u00ab Le 16 septembre 2007, suite aux demandes des citoyenNEs, les maires de trois localit\u00e9s de la r\u00e9gion de Piura ont tenu des consultations locales (consulta vecinal) simultan\u00e9ment dans trois districts de la r\u00e9gion andine. La question du r\u00e9f\u00e9rendum \u00e9tait simple et claire :<\/p>\n<p>\u00ab\u00cates-vous d&#8217;accord pour que se r\u00e9alisent des activit\u00e9s mini\u00e8res dans votre district [Ayabaca, Huancabamba ou Carmen de la frontera, selon le cas] ?\u00bb<br \/>\nPlus de 17 000 personnes se sont pr\u00e9sent\u00e9es le dimanche 16 septembre lors de ce vote non obligatoire (sur un total de 32 000 personnes \u00e9ligibles \u00e0 voter, pour une population totale de 75 000). Le taux de participation fut de 55% [\u2026]. Plus de 92 % des r\u00e9pondants se sont prononc\u00e9 contre le d\u00e9veloppement minier dans la r\u00e9gion. Ce processus d\u00e9mocratique a d\u00e9montr\u00e9 la capacit\u00e9 d&#8217;organisation et de mobilisation des communaut\u00e9s. Cependant, l&#8217;\u00c9tat p\u00e9ruvien, certains m\u00e9dias ainsi que les autorit\u00e9s politiques de Piura ont entrepris une campagne visant \u00e0 d\u00e9nigrer la position des communaut\u00e9s oppos\u00e9es au projet Rio Blanco. Le pr\u00e9sident du P\u00e9rou, Alan Garc\u00eda, a utilis\u00e9 un langage propre \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de la Guerre froide en d\u00e9signant les gens se ralliant aux communaut\u00e9s de \u00abcommunistes\u00bb et \u00absacerdoces rouges\u00bb. Il a m\u00eame \u00e9voqu\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019une conspiration visant \u00e0 contrer tout d\u00e9veloppement minier au P\u00e9rou, conspiration organis\u00e9 par des ONGs canadiennes et chiliennes financ\u00e9es par les entreprises mini\u00e8res de leur pays respectifs (la conspiration ne viserait pas justement ces m\u00eames entreprises mini\u00e8res) \u00bb[fn] Langlois, Marie-Dominique, Caminando, Volume 25, no.3 \u2013 novembre 2007. [\/fn] .<\/p>\n<p>Le CDHAL a particip\u00e9 \u00e0 une mission d\u2019observation du r\u00e9f\u00e9rendum avec d\u2019autres organisations. La mission visait \u00e0 surveiller la consultation r\u00e9alis\u00e9e aupr\u00e8s de trois communaut\u00e9s pour qu\u2019elle se r\u00e9alise en bonne et due forme et dans le respect des droits humains.<\/p>\n<p>L\u2019organisation de ce r\u00e9f\u00e9rendum fait \u00e9cho aux \u00e9v\u00e9nements survenus dans le cadre du projet minier dans le district de Tambogrande dans la province de Piura, o\u00f9, suite \u00e0 un r\u00e9f\u00e9rendum dont le r\u00e9sultat fut un rejet presque total du projet, le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019interrompre d\u00e9finitivement les activit\u00e9s de la compagnie mini\u00e8re canadienne Manhattan Minerals. En ce sens, Tambogrande a pu cr\u00e9er un pr\u00e9c\u00e9dent au P\u00e9rou dans l\u2019utilisation du r\u00e9f\u00e9rendum comme outil de contestation d\u00e9mocratique, populaire et pacifique.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Le conflit autour du projet R\u00edo Blanco est un conflit social prolong\u00e9 qui fait appara\u00eetre au grand jour des probl\u00e8mes de gouvernance ou tout du moins un antagonisme entre les priorit\u00e9s des populations locales et celles des autorit\u00e9s publiques nationales. Le cas du R\u00edo Blanco souligne la \u00ab fragilit\u00e9 \u00bb (manque de protection) des communaut\u00e9s paysannes p\u00e9ruviennes, qui ne trouvent pas dans l\u2019\u00c9tat le protecteur de ses droits, du respect de la loi et le garant de la justice. On touche du doigt des conceptions divergentes sur les bases et la mani\u00e8re dont doit \u00eatre men\u00e9 le d\u00e9veloppement du P\u00e9rou. Pour une analyse compl\u00e8te de cet aspect, on peut se r\u00e9f\u00e9rer au rapport du Peru Support Group de 2007.<\/p>\n<p>Un autre point \u00e0 souligner est la capacit\u00e9 organisationnelle et de r\u00e9sistance des communaut\u00e9s concern\u00e9es par ce projet, dont le mouvement a construit des ramifications locales, nationales et internationales, ayant toujours affirm\u00e9 leur refus de l\u2019installation d\u2019un projet minier.<br \/>\nC\u2019est un conflit aliment\u00e9 d\u2019animosit\u00e9 \u00e9tant donn\u00e9 les violations des droits humains perp\u00e9tr\u00e9es. Plusieurs personnes ont d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 la mort, et on ne compte plus les man\u0153uvres d\u2019intimidation et de pression.<\/p>\n<p>\u00c0 ce jour, la situation n\u2019a pas vraiment \u00e9volu\u00e9e. On peut noter cependant quelques actualit\u00e9s qui pourraient \u00eatre d\u00e9terminantes dans le d\u00e9roulement du conflit :<br \/>\nL\u2019administration Garc\u00eda (Pr\u00e9sident du P\u00e9rou) a fait l\u2019acquisition de mat\u00e9riel militaire en d\u00e9cembre 2009 et a \u00e9galement augment\u00e9 les d\u00e9penses militaires pour lutter contre les groupes paramilitaires tels que le Sentier Lumineux [El Sendero Luminoso &#8211; un groupe terroriste maoiste actif depuis 1980] et pour renforcer la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure. Ces d\u00e9cisions s\u2019accompagnent du projet d\u2019installation de bases militaires dans certaines r\u00e9gions o\u00f9 se trouvent des compagnies mini\u00e8res et o\u00f9 la contestation des communaut\u00e9s locales se fait de plus en plus vive. Selon un article du North American Congress on Latin America (NACLA), l\u2019objectif de cette politique est claire : \u00ab [ces projets] justifient le d\u00e9ploiement de l\u2019appareil de s\u00e9curit\u00e9 du pays dans des zones riches en ressources naturelles pour prot\u00e9ger des int\u00e9r\u00eats des compagnies. Plusieurs membres de l\u2019administration Garc\u00eda ont, dans des interviews, li\u00e9 les groupes autochtones qui protestent contre les strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement du gouvernement aux groupes arm\u00e9s comme le Sentier Lumineux. \u00bb[fn]https:\/\/www.cdhal.org\/en\/presse\/2010\/03\/22\/militarization-peruvian-countryside[\/fn]<\/p>\n<p>L\u2019article se r\u00e9f\u00e8re \u00e9galement aux tentatives d\u2019augmenter la pression sur ces communaut\u00e9s en intentant des proc\u00e8s contre les militants et les membres de ces communaut\u00e9s utilisant ce pr\u00e9texte pour installer des bases militaires dans ces r\u00e9gions. Un projet de ce type a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 pour installer une base militaire dans la province de Piura \u00e0 proximit\u00e9 du site o\u00f9 se d\u00e9roulent les activit\u00e9s de la compagnie R\u00edo Blanco Copper ; les populations locales craignent une militarisation du conflit si cette base militaire est install\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019administration Garcia a l\u2019intention de continuer sa strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement bas\u00e9e sur l\u2019extraction de ressources naturelles. Le gouvernement a r\u00e9cemment press\u00e9 le Congr\u00e8s d\u2019adopter un projet de loi visant \u00e0 faciliter l\u2019expulsion de communaut\u00e9s enti\u00e8res dans des r\u00e9gions riches en ressources naturelles lorsqu\u2019un projet particulier est consid\u00e9r\u00e9 comme fondamental pour l\u2019int\u00e9r\u00eat public.[fn]Ibid.[\/fn]<\/p>\n<p>Le site internet de Monterrico Metals ne fournit pas d\u2019information compl\u00e8te et extensive sur le d\u00e9roulement du projet, elle sp\u00e9cifie cependant que la compagnie mini\u00e8re pr\u00e9voit de commencer ses travaux d\u2019exploitation du site en 2011. D\u00e9but d\u00e9cembre 2009, lors d\u2019une confrontation avec la police nationale, Vicente Robledo Ram\u00edrez et Castulo Correa Huayama sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s des suites d\u2019une blessure par balle ; six autres paysans ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s et deux autres d\u00e9tenus. Au total ce conflit aura fait 7 morts, dont le g\u00e9rant du site et deux membres des forces de s\u00e9curit\u00e9 du site.<\/p>\n<p>En octobre 2010, les autorit\u00e9s et les dirigeants du district de Las Lomas ont particip\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union pour prendre des mesures en vue de r\u00e9gler les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l&#8217;op\u00e9ration d\u2019une mine dans le district, car ils \u00e9taient pr\u00e9occup\u00e9s par la position du gouvernement r\u00e9gional d\u2019imposer un parc minier dans cette zone d\u00e9pendant de l&#8217;agriculture. Le maire de la localit\u00e9, Cristian Vences Vegas, a convoqu\u00e9 les pr\u00e9sidents de l\u2019Association des producteurs agraires et des \u00e9leveurs, les \u00abrondas campesinas\u00bb, les Comit\u00e9s de d\u00e9veloppement rural (Coder), la Junte de la zone de d\u00e9veloppement (Judoze) et diverses autorit\u00e9s pour proposer des mesures visant \u00e0 contrecarrer l\u2019exploitation mini\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Ressources sur le cas :<\/strong><\/p>\n<p>www.todosborerioblanco.com<br \/>\nSite web d\u2019information sur le projet R\u00edo Blanco administr\u00e9 par le r\u00e9seau Muqui ; site qui fournit des documents d\u2019explication g\u00e9n\u00e9rale du conflit et les derni\u00e8res actualit\u00e9s.<br \/>\nhttp:\/\/www.perusupportgroup.org.uk\/resources.php<br \/>\nSite du Peru Support Group pour avoir acc\u00e8s au rapport de 2007 sur la situation dans la r\u00e9gion de Piura.<\/p>\n<p>https:\/\/www.cdhal.org\/presse\/2007\/11\/01\/agro-si-mina-no<br \/>\nArticle de Marie-Dominik Langlois paru dans la revue du CDHAL Caminando en novembre 2007.<br \/>\nhttp:\/\/www.minem.gob.pe\/<br \/>\nSite web officiel du Minist\u00e8re de l\u2019Energie et des Mines.<br \/>\nhttp:\/\/www.monterrico.co.uk\/s\/Home.asp<br \/>\nSite web de la compagnie mini\u00e8re Monterrico Metals.[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column width=\u00bb1\/1&#8243;][vc_column_text]Texto disponible en franc\u00e9s solamente Contexte g\u00e9n\u00e9ral Le projet R\u00edo Blanco men\u00e9 par la compagnie R\u00edo Blanco Copper (anciennement Minera Majaz) se situe dans la zone proche de la fronti\u00e8re avec l\u2019\u00c9quateur (le fleuve R\u00edo Blanco d\u00e9limitant la fronti\u00e8re) dans les provinces de Huancabamba et Ayabaca, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur des terres appartenant \u00e0 des communaut\u00e9s paysannes de Yanta et Segunda y Cajas. 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