AccueilCommuniquéChili: Une communauté Mapuche résiste à l’expulsion policière à Alto Biobío

Chili: Une communauté Mapuche résiste à l’expulsion policière à Alto Biobío

Par Juan Contreras Jara
20 septembre 2021.

 

Mercredi dernier, la communauté Mapuche Lof Rañilwenü a vécu une journée de résistance. Lors de l’expulsion de la communauté effectuée par les Carabineros (corps policiers chilien) à Alto Biobío, des personnes ont été blessées et la route bloquée par les autorités interdisant l’accès aux habitant.e.s pendant des heures. Malgré l’action de la police, les membres de la communauté continuent d’exercer le contrôle territorial.

 

Après l’expulsion violente menée par les Carabineros mercredi dernier à Alto Biobío, la communauté touchée a dénoncé l’usage excessif des armes anti-émeutes utilisées au cours de la procédure.

 

Rappelons que l’expulsion a eu lieu à 7h00 du matin du mercredi 15 septembre, avec la participation de dizaines de policiers équipés de lance-gaz, de véhicules blindés (Mowag) et de tenues anti-émeute.

 

Concernant la violence déployée par les carabineros, Guillermo Purran, un werken (leader) de la communauté Rañilwenü, a commenté qu’« ils sont arrivés en amenant les gens à la pointe du canon, c’est ce qui a tout déclenché. Ils ont commencé avec violence ».

 

Depuis Lof Rañilwenü, ils ont rapporté qu’« il y avait huit personnes blessées avec des plombs. Certains ont eu la chance de ne pas avoir perdu leurs yeux, car les policiers visaient le visage. Après l’assaut de la police, la communauté est retournée sur le terrain dans le processus de récupération et a rassemblé une grande quantité de munitions anti-émeutes utilisées par les Carabineros lors de l’expulsion.

 

En situ, la communauté ont trouvé «des douilles de 9mm, des tirs de fusil de chasse 12mm, en plus beaucoup de bombes lacrymogènes que nous avons trouvé.»

 

Malgré l’expulsion et l’action violente de la police, le Lof Rañilwenü persiste dans son processus de reconquête territoriale et se réinstalle actuellement sur le territoire. Dans ce sens, Purran a souligné que « notre position est de défendre le territoire, nous ne parlons pas seulement de la ferme Rañilwenü, mais nous sommes en relation avec les autres communautés pour défendre le territoire contre toutes sortes de menaces. C’était l’une des conversations que nous avons eues après la [tentative] d’expulsion. »

 

« Nous ne sommes plus seuls et à coup de pierres et bâtons nous allons nous défendre, nous allons travailler depuis le territoire, c’est comme ça que ce sera désormais, car nous allons continuer à nous défendre comme communauté. »

 

Source (texte et image) : Resumen Latinoamericano

Voir aussi: https://www.youtube.com/watch?v=ZNrYDjFgxo0