
Article original publié dans Prensa Latina, 8 septembre 2026
Des organisations autochtones, syndicales, anti-minières et étudiantes d’Equateur ont appelé aujourd’hui à la mobilisation pour la défense de l’eau et des plateaux andins, prévue pour le 16 septembre dans la ville de Cuenca, au sud du pays.
La manifestation, appelée “El Quinto Río”, s’effectuera sous le slogan « Cuenca a déjà tranché : on ne touche pas à nos plateaux » et rassemblera des organisations sociales de différentes régions du pays.
Le président de la Confédération des peuples de nationalité Kichwa d’Equateur, Leonidas Iza, a affirmé ce mardi en conférence de presse que 220 mille mètres cubes d’eau pourront être impacté par différents projets miniers.
Le dirigeant a soutenu que les peuples autochtones s’allieront à la mobilisation car la lutte pour l’eau et les territoires dépasse la province d’Azuay, dont la capitale est Cuenca.
« Ce n’est pas un problème propre aux habitants de Cuenca » affirme Iza, qui a appelé a transformer la protection de l’eau, des plateaux, de l’Amazonie et des activités agricoles en une cause collective.
La presidente de la Confederation Équatorienne des Organisations Syndicales unitaires de Travailleurs (Ceosl), Marcela Arellano, s’est opposée au renforcement du modèle extractiviste.
« À sept reprises, l’Équateur a déclaré qu’il ne voulait pas devenir un pays minier », a affirmé Arellano, en référence aux consultations populaires et aux décisions adoptées dans différentes localités du pays concernant les activités extractives.
Le Front National Anti-minier, a pour sa part annoncé démarrer des procédures juridiques contre la Loi Organique pour le Renforcement des Secteurs Stratégiques de l’exploitation Minière et de l’Énergie, approuvée en février par l’Assemblée Nationale.
Le représentant du Front, Benjamín Macas, a déclaré que cette réglementation portait atteinte aux droits des peuples et des nationalités autochtones en supprimant la consultation préalable pour certains projets et qu’elle favorisait la présence militaire dans les territoires où se pratique l’extractivisme.
Macas a également rejeté la réouverture éventuelle du cadastre minier, mécanisme par lequel passent et sont enregistrées les nouvelles concessions, et a annoncé une campagne nationale contre cette mesure.
Selon ce dirigeant, il existe actuellement près de 1,8 million d’hectares concédés, principalement dans la Cordillère occidentale et le sud de l’Amazonie, une superficie qui pourrait doubler avec la réouverture du cadastre.
La mobilisation annoncée coïncide avec le premier anniversaire de la manifestation appelée « Quinto Río », qui a aussi eu lieu à Cuenca.
Le 16 septembre 2025, 100 mille personnes se sont rassemblées dans les rues de cette ville du sud pour manifester leur opposition au projet minier de Loma Larga. Bien que ce projet ait été suspendu, divers groupes sociaux affirment que certaines zones aquatiques sont toujours menacées par l’expansion minière.