AccueilCommuniquéAttaques contre Norma Sancir et la Central Campesina Ch’orti’ Nuevo Día

Attaques contre Norma Sancir et la Central Campesina Ch’orti’ Nuevo Día

Objet: Des organisations canadiennes et les participantes de la Rencontre internationale Femmes en résistance face à l’extractivisme dénoncent les actes d’intimidation à l’égard de Norma Sancir

Par la présente lettre, nous souhaitons, organisations et personnes signataires, manifester notre profonde préoccupation face aux intimidations dont la journaliste Norma Sancir a été victime. Nous souhaitons également manifester notre solidarité avec Norma Sancir ainsi que toute l’équipe de travail de l’organisation Nuevo Dia Ch’orti’.

Norma Sancir est communicatrice pour la Centrale d’organisations paysannes ch’orti’ Nuevo Dia, située dans la ville de Camotan du département de Chiquimula. Elle est également correspondante pour Prensa Comunitaria. Norma Sancir était présente lors d’une rencontre internationale qui a eu lieu à Montréal en avril 2018. Cet événement était organisé par plusieurs organisations canadiennes oeuvrant dans le domaine des droits humains. Lors de son voyage au Canada, nous avons eu l’opportunité d’échanger avec elle sur son travail de communicatrice sociale, sur les luttes paysannes guatémaltèques et sur le travail de La Centrale d’organisations paysannes ch’orti’ Nuevo Dia.

Les faits

Le 1er novembre, à l’aube, des inconnus sont entrés par effraction dans la maison de Norma Sancir pendant qu’elle et son compagnon, Ubaldino García, également défenseur des droits humains et partie intégrante de l’équipe de travail de Nuevo Día, dormaient. Le tout a eu lieu suite à leur participation à une conférence de presse avec des fonctionnaires de l’État afin de solliciter la fermeture de la mine ‘’Cantera Los Manantiales’’ à Olopa, Chiquimula.

Par la suite, dans la nuit du lundi 5 novembre, au moment où Norma Sancir rentrait chez elle après une journée de travail, elle a entendu un homme entrer par la porte principale de sa maison et s’est alors aperçue qu’un homme était en train de l’observer par la fenêtre. Plus tard dans la soirée, alors qu’elle était avec des compagnons de travail, un homme en moto était également en train de les surveiller. Il s’agit de la troisième agression dont elle est victime ce mois-ci.

Ces événements ont eu lieu après une série d’incidents qui prennent place depuis le mois de mai, dont une attaque à l’encontre des installations de Nuevo Día, où des individus ont volé des documents et endommagé les équipements de sécurité. Par ailleurs, le 22 mai 2018, Omar Jeronimo, coordonnateur de Nuevo Dia, a été directement menacé par une personne non-identifiée qui a tiré des coups de feu sur sa maison et le véhicule de l’association en plus d’entrer par effraction chez lui.

Parallèlement, des menaces de mort et des rumeurs concernant l’embauche de tueurs à gages ont été proférées à l’encontre des autorités ancestrales des communautés autochtones Ch’orti’ qui demandent la fermeture de la mine ‘’Cantera Los Manantiales’’ à Olopa. Tôt le matin du 21 novembre 2018, Elizandro Pérez, leader du conseil autochtone Maya Ch’orti’ de la communauté La Prensa à Olopa, Chiquimula, a été retrouvé mort. M. Pérez, ainsi que d’autres membres du conseil, était victime de menaces, intimidation et criminalisation depuis 2016.

Les attaques contre les défenseur.e.s de droits humains doivent cesser

N’ayant pas atteint leur objectif de paralyser les actions des communautés ch’orti’ dans la défense de leurs droits, plus précisément le droit à la terre et à l’autodétermination face aux projets extractivistes miniers et hydroélectriques, les acteurs et auteurs des méfaits s’en prennent directement à l’équipe du Nuevo Día. Suite à cette série d’événements, des plaintes ont été déposées au Ministère public et au bureau du Procureur des droits de humains du Guatemala.

Nous exigeons une enquête immédiate pour toutes ces dénonciations afin que les auteurs matériels et intellectuels de ces intimidations aient à affronter la justice. Par ailleurs, nous tenons à souligner que ces actes s’ajoutent à la longue liste d’attaques perpétrées contre les défenseur.e.s du mouvement autochtone et paysan au Guatemala.

 

Articulação dos Povos e Organizações Indígenas do Nordeste, Minas Gerais e Espíritu Santo – APOINME, Brésil

Association pour l’Intégration et le Développement durable au Burundi (AIDB)

Borneo Dayak Forum

Centre for Research and Advocacy, Manipur, Birmanie

Comité por los derechos humanos en América Latina (CDHAL)

Connie Greyes

Cressida Kuala, Porgera Red Wara (River) Women’s Association Incorporated (PRWWA INC.), Papouasie-Nouvelle-Guinée

Frente de Mujeres Defensoras de la Pachamama, Équateur

International Indigenous Peoples Movement for Self-Determination and Liberation (IPMSDL), Philippines

Maria Leonice Tupari, AGIR- Associação das Guerreiras Indígenas de Rondônia, Brésil

Mujeres defensoras del territorio y Cultura K’ana, Espinar, Pérou

Neidy Yassmine Juracan Morales, Comité Campesino Del Altiplano, Guatemala

Projet Accompagnement Québec-Guatemala (PAQG)

Red Internacional Unión Latinoamericana de Mujeres ULAM

Red Mexicana de personas afectadas por mineria (REMA), Mexique

Shannon Chief

Solidarité Laurentides Amérique Centrale (SLAM)

Todos por Guatemala

Voz Das Mulheres Indigenas, Brésil